at The Padum

Notre corps encore endolori par les secousses de la route de la veille, nous nous réveillons fatigués et retrouvons nos amis Sjoerd et Manon dans le lobby de l’hôtel pour un petit dej’ – offert par l’affable Ninchet, un des gérants.

L’hôtel dans lequel nous avons posé les sacs et garé nos motos est d’un standing supérieur à nos habitudes. Mais Manon et Sjoerd sont aussi de bons négociateurs, et ont le nez fin pour trouver les perles.
Ils nous ont ainsi dégotés de confortables chambres de driver pour le prix d’un trou à Delhi.
Draps*, sol propre, plein de fenêtres pour une chambre lumineuse, eau chaude – quand électricité il y a, ce qui n’arrive pas souvent à vrai dire, et staff bihari** toujours prêt à nous donner un coup de main.

Ninchet, et ses frères Norbu et Samsit sont d’adorables Zanskarpa, et gèrent en famille cette affaire.
Ils ont bénéficié comme quelques autres dans la région des enseignements prodigués par l’association AàZ Zanskar qui a ouvert une école à Padum. Ainsi, nous avons rencontré de nombreux Zanskarpa qui ont fait leurs études supérieures à Chandigarh.

Le bâtiment est installé, à quelques encablures de Padum, au pied du petit village de Pibiting et de sa minuscule colline, dont on peine à comprendre l’existence tant la confluence de la Zanskar et de la Doda est vaste et plate.
Du toit de l’hôtel, nous nous délectons de la vue sur le gompa, fièrement posé au sommet de cet amas rocheux, autour duquel le vieux hameau de maisons blanches de Pibiting s’est développé.

En cette première matinée, le ciel est bas. Une fine pluie arrose les champs de la plaine, et balaie les fenêtres du réfectoire.
Nous trainons à l’hôtel autour de sempiternels chai, en compagnie de Manon, Sjoerd et Ninchet, qui nous raconte la vie ici, la route, l’hiver, la rivière Zanskar, ses études, le bouddhisme tibétain, pour terminer par le chang, alcool local à base de blé fermenté, préparé par les grands-mères et comparable à de la bière aux dires de notre hôte***.

Nous partons nous balader à pieds, en direction du village, explorant les environs.

Padum (The Padum, comme les locaux le nomme) est un large bourg, flanqué de deux longues rues semi-commerçantes, où boutiques-qui-vendent-de-tout, légumes et fruits, bui-bui et restos se côtoient. Curieusement, Padum est moins isolé et bénéficie d’un accès au confort bien plus accru que les villages en amont.
Éparsement implantées le long de poussiéreuses et caillouteuses routes, quelques habitations et larges fermes occupent la plaine.
Les maisons aux façades blanches voisinent avec celles, plus vieilles, en brique de terre ocre. Les cultures, aux formes patatoïdes sont d’un vert éclatant. Des fleurs des champs encerclent ces parcelles, faisant le bonheur des insectes, et de nos yeux émerveillés par ces couleurs et cette nature encore très présente.

Nos pérégrinations nous font grimper au vieux-Padum, dont les maisons en terre délabrées s’imbriquent et s’enchevêtrent autour des larges rochers de cette colline.

Ce vieux village ne semble que partiellement habité, mais les fleurs installées sur les rebords des fenêtres ou la cérémonie de mariage devant laquelle nous passons, soulignent que la vie persiste et continue de s’y dérouler paisiblement.

La vue depuis le gompa est majestueuse, et nos yeux peinent encore à croire où nous sommes. Les nuages, plus épars désormais, laissent apparaitre des fragments de ciel bleu, les montagnes environnantes retrouvent doucement leurs teintes minérales. La vallée se colore enfin.


En chemin, nous passons aux abords d’un imposant rocher, gravé de représentations de Bouddha, datant du VIIIème s. Surplombant la rivière Lungnak / Tsarap (qui deviendra Zanskar à la confluence), nous nous arrêtons de nouveau.

Nous faisons le tour de nous-même. À 360 degrés, la vue est belle. Les montagnes arides au Nord s’enfoncent encore plus dans la vallée de Zanskar, tandis que le virage de la rivière au Sud, flanqué de reliefs alpins, nous invite à aller voir ce qu’il se passe derrière.

À l’Ouest, la large vallée s’étire et nous apercevons de l’autre côté, le monastère de Karsha, accroché à flanc de montagne. Plus loin encore, les massifs blancs des paysages traversés la veille.
Enfin, devant nous, les pentes verdâtres et ocre du massif semblent couler sur leurs versants abrupts et où l’on devine quelques chemins vernaculaires et empruntés par de courageux bergers et leurs bêtes.
Les oiseaux volent et jouent avec les courants d’air, et les drapeaux colorés claquent au vent, récitants les mantras qui y sont imprimés. Ce paysage nous apaise.

La journée se termine sur le toit de notre hôtel, face à la colline de Pibiting, éclairée par le soleil de fin d’après-midi, alors qu’au loin la montagne est arrosée d’une fine ondée, nous offrant le spectacle toujours aussi magique d’un arc-en-ciel barrant le paysage de son arche colorée.
Gompa, montagnes imposantes, cultures verdoyantes, ciel bleu ennuagé et spectre polychrome.
Nous sommes à 3500m alt.
Il fait bon vivre ici. Nous réalisons que nous allons avoir du mal à partir.
Cela tombe bien, nous ne sommes pas pressés (et les souvenirs traumatisants de la route sont encore trop frais dans nos mémoires… aussi bien que les courbatures !).

Dans ce paysage de montagne et de culture bouddhiste tibétaine, nous avons eu écho du festival annuel Gustor**** du monastère de Tsong-Dey, à quelques vingt kilomètres. C’est l’opportunité d’aller nous enfoncer dans la vallée de Zanskar, et de nous immerger un temps parmi les moines bouddhistes.
Après une parotha/chai pour le petit-dej’ (dans un resto’ où nous aurons désormais nos habitudes), c’est sous un ciel bleu que nous quittons Padum en direction du monastère.
Nous avons laissé à l’hôtel la moto de Marion et son problème chronique de fourche (l’arrivée à Padum s’étant fait avec deux bras de suspensions suintants des restes dégoulinants d’huile des amortisseurs).
Les clefs sont entre les mains de Norbu : il s’est proposé de déposer la moto au garage de la seule personne pouvant réparer une moto entre ici et Kargil (un Bihari), et s’occupera du suivi des réparations.
Quand on dit qu’ils sont sympas…

La route est annoncée comme bonne, à l’asphalte lisse et paisible.
Ainsi, nous partons à une moto pour deux, et posons nos sacs et notre tente dans le minivan de Manon et Sjoerd. L’escapade à Tsong-Dey est l’occasion d’explorer un peu plus la vallée, le temps d’un jour ou deux.
La route est effectivement lisse et déroule son large ruban noir de geai dans un décor désertique aux tons ocre et céladon du sol et des quelques touffes de plantes « de Passu » qui sont à même de survivre dans ces conditions.

Le minivan ouvre la marche et nous les suivons, tête en l’air, savourant chaque courbe et virage, montagne, villages et rochers.
Soudain, au niveau du village de Tsong-Dey, nous bifurquons…dans la direction opposée.
Une minuscule chaussée prend la tangente et amorce de larges zigzags qui se transforment en d’étroits lacets à la déclivité de plus en plus prononcée. À tel point que les moteurs atteignent leur limite, et les quelques autos qui nous devancent déchargent leurs passagers (qui sont souvent très nombreux, il est vrai).
Manon doit aussi descendre du van et fini à pieds, tandis que la moto, si elle peine à monter, nous donne tout son couple pour nous mener en haut.
Royal Enfield Power !
Une fois au sommet, nous sommes soufflés par la vue que nous offre ce promontoire.
Nous dominons la vallée de Zanskar de 600m. L’immense bassin est encadré par de douces montagnes dodues qui semblent couler telles des flots de sable, mais qui n’en demeurent pas moins imposantes.


Les environs ne sont qu’un désert sous un ciel bleu contrastant avec un patchwork de cultures, tel un tapis végétal rapiécé négligemment étalé au pied du monastère. Oasis chromatique dans ce paysage mélancolique.
Au milieu, serpente le lit graveleux de la grise rivière.

Sur ce belvédère, précédé en aval par quelques maisons simples et stupa, trône le monastère de Tsong-Dey.
Il déroule ses larges murs rouges bordeaux ou blanchis à la chaux. Tout autour, la vallée se dévoile et s’étale au loin. La vue est incroyable. Nous ouvrons grand nos yeux et respirons à plein poumons, emplis de la magie que ce lieu nous procure, et toujours aussi étonnés par le défi de bâtir les monastères en hauteur loin des cultures et des sources d’eau. Merci Bouddha.

Le festival n’a pas encore commencé, le programme a glissé dans l’attente d’un lama retardataire (en fait, nous sommes arrivés 3 heures avant le début du spectacle).
Nous prenons le temps de visiter le monastère, de traverser les différentes pièces et chambres qui nous sont ouvertes, tournant toujours dans le sens horaire par respect pour nos hôtes du moment.


Dans une pièce, tous les masques et les costumes sont étalés sur une couche, des enfants jouent et se les échangent. Depuis le toit de la résidence monacale, le vue est encore plus vaste, et on comprend que l’apaisement qu’il y a à dominer un tel panorama peut expliquer la séclusion du site.
Le temple, à l’architecture traditionnelle, est couvert de ces drapeaux cylindriques de coupons multicolores, suspendus aux linteaux et poteaux soigneusement décorés.
Un bouddha doré et à la chevelure bleue trône au centre, derrière de nombreux portraits du Dalaï Lama.
Dans un recoin sombre, une mamie nourrit une bougie d’épaisses cuillères de beurre tandis que d’autres fervents se prosternent en prière.





Petit à petit, les nombreux visiteurs prennent place autour de la petite cour.
Dans l’attente du spectacle, un jeune moine, portant un masque passe entre les rangs pour demander l’aumône.

Les lamas musiciens et leurs instruments s’installent face aux escaliers où les protagonistes se préparent.


L’attente dure des heures sous un soleil de plomb.
Aujourd’hui, il n’y a que peu de nuages pour filtrer les rayons du soleil.
Puis le spectacle commence.
Descendant depuis les larges escaliers qui mènent au monastère, des couples de moines masqués et habillés de robes brodées commencent à danser au rythme insufflé par la musique.
Nous ne comprenons pas toute la symbolique mais nous savourons chaque danses et masques. Quelques locaux, dans leurs lourdes et chaudes robes bordeaux participent à la farandole.


Une fois les danses terminées, des offrandes et un repas sont proposés aux moines et aux plus démunis.
Nous quittons ainsi le monastère et redescendons de la montagne pour rejoindre le village de Zangla, situé à une autre vingtaine de kilomètres plus loin dans la vallée.
Après quelques minutes sur ce doux asphalte, c’est le grand retour de la piste caillouteuse.

Marion rejoint l’équipe minivan et Brice poursuit sur sa moto, seul sur sa monture, trop content de pouvoir louvoyer en souplesse, sans le lourd barda que Marion ou les sacs représentent.

La vallée déploie un paysage toujours aussi inhospitalier que grandiose.




Au détour d’un pont enjambant une énième rivière glacière, le fort de Zangla fait soudainement son apparition, perché une nouvelle fois sur un piton rocheux, promontoire reclus dans un paysage monochrome doré, dont les lumières de fin de journée accentuent le contraste avec les quelques surfaces d’un vif vert du village en contrebas.
En toile de fond, une impressionnante chaine de montagnes qui se fend d’une gorge encaissée du côté du fort.
Dans sa partie supérieure, au-dessus du village, une magistrale succession de rangées de pics tels les dents acérées d’une scie.
Magie du moment. Ce jour est riche en beauté.

Nous rejoignons les berges de la rivière en quête d’un endroit parfait pour garer le minivan et poser notre tente. Ce soir, c’est camping avec les copains.


Au bout d’une ligne droite caillouteuse, la route passe parmi deux-trois fermes et redescend d’un niveau.
Nous sommes dans un hameau. La poignée de maisons, espacées les unes des autres, est entourée de cultures maraichères.

Auprès d’une maison abandonnée et tout contre un champ de haricots, nous installons notre campement.
Si le petit camion de nos amis trouve vite sa place, et que ceux-ci sortent déjà popotes et natte qu’ils étalent au sol ; c’est pour nous le premier montage de tente***** et nous passons le test sans encombre.
Notre camp est parfaitement installé et nous attaquons les festivités autour de délicieux chapati cuisinés par Manon, agrémentés de bananes, beurre de cacahouètes et nutella. Rien que ça !

On reçoit, une ou deux fois, la visite de quelques curieux du village. Intrigués par notre campement, ils sont aussi très généreux puisqu’ils nous indiquent une délicieuse source d’eau fraiche toute proche et une femme aux mains caleuses reviendra le lendemain, au petit-déjeuner, nous offrir de pleine poignée de petit-pois que nous dégusterons frais.
Le diner est un festin, non pas par la qualité de la nourriture (de succulentes pâtes lyophilisées et des croquettes de soja pas cuites) mais par la compagnie et le cadre du lieu.


Nous sommes enveloppés d’un silence que seul le vrombissement de la rivière à quelques centaines de mètres vient perturber. Et puis ce ciel.
Après le diner, nous passons la courte soirée les yeux tournés vers le firmament à chercher -en vain- les étoiles filantes dans des cieux sans nuage et sans lune.

Nous sommes réveillés au matin, quand le soleil réchauffe la tente et passe au-dessus des montagnes.
Au pied de celles-ci, la rivière a creusé d’élancées et éphémères orgues de sables.
Le petit-déjeuner, sous le soleil matinal, est chaleureux.

On prend le temps de prendre le temps. Son court n’a que peu d’importance dans l’intemporalité de ce paysage.

Et une fois le camp levé, nous ne parcourons que quelques kilomètres pour rejoindre Zangla, et visiter son village et notamment le fort qui le domine.

On y rencontre XXX, qui se trouve être le fils du Roi de Zangla (on rencontre vraiment du beau monde !) et qui nous fait une courte visite du lieu (peu à voir), mais avec lequel nous allons longuement discuter (beaucoup à dire), aux sujets de la culture zanskarpa, de la nouvelle route Manali-Leh via Padum qui inondera de touristes la région, de la préservation du patrimoine immatériel sur lequel il travaille (notamment à répertorier et enregistrer les chants, comptines et histoires auprès des anciens encore en vie).






Nous nous remettons en chemin, afin de nous enfoncer un peu plus cette vallée mystérieuse et de voir où se termine la route. On a décidé d’aller jusqu’au bout.

Plus qu’auparavant, la géologie des lieux nous sidère. Et nous tentons de lire dans le dessin actuel des strates minérales, les mouvements gigantesques qui ont pu mettre en branle ces colosses de roches. Certaines dessinent des marbrures colorées quand d’autres présentent des à-pics comme si la terre s’était déchirée, puis violemment soulevée.

Dans un premier temps, la route coupe à travers les pentes douces dans d’infinies lignes droites, puis les premières courbes s’amorcent et nous décidons de poser le camp au niveau du hameau de Pidmo (ou The Pidmo), avant que la vallée ne se rétrécisse.
L’endroit est beaucoup plus reculé et inhospitalier que la veille.
Le village de Pidmo est installé sur un plateau, sur l’autre berge, et nous sommes ainsi isolés entre la route qui longe les pentes raides d’un côté, et la puissante rivière, de l’autre.

Celle-ci charrie des eaux d’un gris limoneux dans un flot calme mais puissant, à quelques deux cents mètres de notre camp.


Nous ne tergiversons pas contre une courte et fraiche baignade. Il fait encore bon.
L’eau descend tout droit des glaciers (d’où son aspect trouble) et c’est non sans difficulté que nous y plongeons nos corps chargés de frissons et contractions musculaires.
Et tant que nous y sommes, nous en profitons finalement pour y laver un peu de linge. Au moins, ça décrasse.


La soirée est plus fraiche que la veille, tout comme le ciel plus couvert. Les étoiles se font discrètes. Nous avalons notre soupe, nos pokoras (beignets d’oignons et de carottes à base de farine de pois-chiche) et rentrons rapidement dans nos pénates. Le vent souffle ce soir, dans cette vallée sombre aux montagnes abruptes et sommets pointus. Mais une fois encore, nous sommes enchantés de cette belle journée.


Nous nous réveillons sous un ciel gris. Nous quittons ainsi les lieux pour rechercher, encore un peu plus loin, un endroit ensoleillé, propice au petit-déjeuner.
La route suit alors le relief escarpé des montagnes sur un bitume étroit, et de qualité médiocre, sans pour autant être inconfortable.






Les montagnes qui bordent la vallée, désormais encaissée, se dressent droites de chaque côté.  Au bout de quelques kilomètres, nous trouvons l’endroit-qui-va-bien et posons nattes et cousins au cœur d’un paysage digne des romans de Tolkien.
Alors que Marion prépare la plus délicieuse des omelettes, Sjoerd et Brice vont se promener sur l’éperon qui domine notre éphémère campement, la route et plus loin le val qui s’enfonce.

De fines lignes se dessinent de l’autre côté de la rivière : ce sont des chemins de randonnée entre ces villages perdus, uniques moyen de communication permettant de rallier Padum à Lamayuru et la vallée de l’Indus (jusqu’à la finalisation de la route – d’ici un an apparemment).

Notre journée se termine sur le retour vers The Padum.

On retrouve l’asphalte, les momos (raviolis traditionnellement fourrés de viande de yak, mais on en trouve aussi en version veg’), et thukpa (soupe tibétaine de nouilles ou de pâtes plates et épaisses), les bonnes conversations de Ninchet et le confort de son hôtel à la douche chaude.

Notre séjour en compagnie de Manon et Sjoerd s’achève aussi. Ils reprennent la route demain et font ainsi le plein d’essence de leur van. Car oui, Padum possède une pompe à essence depuis peu !

C’est une très bonne nouvelle car cela nous permet d’évoluer dans les environs sans trop nous soucier de notre consommation, et notamment de prolonger le plaisir une fois nos amis partis.
Chaudes embrassades de nouveau, mais si nos plannings se coordonnent, on devrait se retrouver d’ici quelques jours. Si Bouddha veut !

 

‘* Dans la plupart des hôtels de notre catégorie, nous n’avons que très rarement des draps, mais juste de simples draps-housses sur le matelas et les oreillers (pas toujours remplacés entre chaque clients), et une couverture en polyester, qui est simplement aérée/repliée au départ des clients. Les chambres ne sont pas forcément briquées (disons même rarement nettoyées), mais restent décentes pour que nous y trouvions un minimum de confort et d’hygiène. On garde tout de même nos tongs aux pieds.

** Le Bihar, nous en avions déjà parlé rapidement, c’est l’état le moins bien loti d’Inde (si tant est qu’il y ait une compétition « des pires »). Le plus pauvre et très peu développé, le plus dense, le plus fort taux de criminalité…
Les Bihari se trouvent donc souvent à émigrer vers d’autres cieux plus radieux où ils sont employés aux travaux les plus durs comme la construction des routes dans les hauteurs himalayennes (pour rappel le Bihar est une plaine voisine du Bengal au climat tropical), ou, dans notre cas, le service.

*** C’est d’abord intrigués que nous évoquons le chang avec Ninchet. Ce dernier nous explique le procédé de fabrication, le blé, l’imprégnation et la fermentation. Curieux, nous nous disons que ce serait chouette de goûter.
Alors que nous sommes logés chez l’habitant quelques jours plus tard, notre hôte sort un large pichet de chang, et nous en rempli un grand verre, ravi de pouvoir nous faire tester cet alcool local et largement répandu.
Mais à la première gorgée, le souvenir amer de cette boisson ressort. « C’est du choro ! », boisson testée au Kirghizstan, et plutôt difficile à savourer.

**** Chaque année, en juillet, du 28e au 29e jour du sixième mois du calendrier tibétain a lieu le festival Gustor (danses rituelles, masques)Gustor signifie «  sacrifice du 29e jour ». La « danse du chapeau noir » relate un épisode du IXe siècle, l’assassinat du roi tibétain Langdarma par un moine bouddhiste. Les danses rituelles, mentionnées dans les plus anciens manuscrits bouddhistes, signifient la victoire du bien contre le mal, la destruction des démons (cérémonie « Argham » à la fin de la danse du Chapeau noir), les masques symbolisent les divinités des Gelugpa et du Panthéon Bouddhiste (Dharmapalas). À la fin du Festival, les participants se partagent un gâteau rituel (« storma »), parfois on brûle une effigie. (source : Wikipedia)

***** Prêtée par Amarbir, cette tente made in China – que nous appelons affectueusement « tente nazi » – possède, en sus de son efficace camouflage kaki, tout un tas de références plus ou moins militaires imprimées sur sa toile, allant du tank ou de l’hélicoptère à la licorne, de l’insigne militaire américaine à la croix gammée. (merci les graphistes…) Elle n’en demeure pas moins très spacieuse, et nous en profitons pleinement au cours de nos nuits dans l’Himalaya. Pour pallier la fraicheur nocturne dans les montagnes, Parambir nous a prêté son sac de couchage (qui pour le coup est vraiment militaire), alors que Marion dort emmitouflée dans nos deux sacs de couchage.

8 thoughts on “at The Padum

  1. Tres poetique celui-ci… Inspires par les bouddhistes des montagnes p etre … ? – Je ne me souviens plus du profil de vos amis mais comme pour vous ca attise ma curiosite : ils font quoi ds la vie ? Ils vont ou ? …. Vous connaissez ma deformation professionnelle 🙂 – Ils ont l’air cool en tt cas…

  2. Coucou les amis!!

    Encore un post incroyable. Vous savez , dans ma vie c’est la Bourlingue mon Oasis chromatique dans un paysage mélancolique.

    J’ai pas très bien compris l’histoire de la danse des moines, mais surtout je me suis étonné de ne pas voir bricksman en train de faire la danse de Carlton avec un masque de chèvre sur la tête.

    Phisss total XXX fils du roi de Zangla!! :))
    Du beau monde que jvous dis. La crème de la crème brûlée !!

    Trop bien le post!!! Voyage jusqu’au bout de la route du fin fond du recoin du bout du Monde jusqu’à arriver……… à LA POMPE À ESSENCE!! :)))

    Gros bisous

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