Catégorie : Asie du Sud

On s’envole…

Ça y est. Nous sommes à l’aéroport. Oui, à l’aéroport. C’est aujourd’hui que nous quittons l’Inde.
On savait que, devant la difficulté pour y entrer et du fait de sa position géographique et politique, l’Inde était un cul de sac dans notre voyage. Ce qui est d’autant plus frustrant quand on décide de ne voyager que par voie terrestre ou maritime…
Mais voilà, pas la bonne période, pas la bonne direction.
On est tristes de devoir prendre cet avion, on aurait cru que cela aurait été possible de faire sans… mais on a donné plus de temps à d’autres choses qui ont aussi compté pour nous. Tristes comme si on tournait une page, comme si finalement voilà jusqu’où nous avons pu aller sans avion… et maintenant, on a le sentiment de tricher et perdre un peu en « crédibilité »…
On va persister dans cette volonté de traverser les pays et les frontières à un rythme permettant de découvrir, suivre et analyser ces continuités et discontinuités qu’il existe entre les pays, et notamment les régions frontalières. Nous qui avions pris cette habitude tranquille, on va avoir trois nouveaux tampons dans notre passeport en une semaine.

Aujourd’hui nous prenons un avion pour Séoul. Nous allons y rester 4 jours, en escale, avant de reprendre un avion pour Singapore, et poursuivre notre voyage sur la péninsule malaisienne. (c’était moins cher de faire comme ça… ainsi va le monde !)

Aujourd’hui, nous quittons l’Inde après plus de 4 mois passés ici.
Aujourd’hui, les moussons arrivent. Il a plu à Mumbai.

Ça ne peut pas être un bilan. Nous n’avons pas envie de clore ce chapitre indien.

Alors que nous franchissions la frontière avec la Birmanie, nous n’imaginions pas que l’Inde serait si multiple, si variée, si contrastée.
Nous pensions de manière bête et naïve que nous allions apprendre un peu à parler Hindi. Voir des moustachus, de la misère des rues, des couleurs, manger du curry – et les problèmes gastriques qui l’accompagnent.
Quelle erreur, quel raccourci indu et quelle fierté d’avoir voulu voir un peu plus loin, creuser plus profond.
Parce qu’en Inde, on a découvert qu’il existe plus de 5800 langues et dialectes parlés. Et bien plus encore d’ethnies et de tribus.
On a appris à dire merci. Pas de bol, c’est un assami qui nous l’a enseigné.
Et pourtant, l’anglais est inscrit sur tous les produits manufacturés, comme si elle était langue commune (statut qu’elle partage officiellement avec l’hindi), alors que la majorité du pays ne la parle pas et la lit encore moins.

L’inde est extrême. On l’apprécie autant qu’on la déteste.
L’inde est difficile.
Chaque jour est un petit combat… Contre le bruit incessant des klaxons. Contre le monde et la foule. Contre les habitudes locales qui ne sont pas les nôtres…
On a ouvert grand nos yeux, on a appris à lâcher prise pour mieux accepter, s’intéresser et s’intégrer.
On a appris la proximité, la promiscuité, parfois dérangeante. Mais on a appris l’échange.
Ici, les gens se parlent.
On s’est pris la tête, on s’est énervés, on s’est fâchés.

À la gare, lorsque pour monter dans un bus, lorsque les gens jettent leur sac par les fenêtres pour réserver la place, bataillent pour grimper et s’installer…
Car dans leur conception rustique, les gros bus indiens… n’ont pas de soute à bagages… personne n’y a pensé ? En tous cas on se retrouve à devoir charger les sacs-à-dos, les sacs de ciments, de farine et les cartons de mangues… dans le bus. Et puis, cette chaussure d’enfant, suspendue sous le parechoc avant… En aurait-on fauché un ? ou est-ce un simple grigri… ?

Avec les chauffeurs d’autorickshaw qui proposent stupidement et rébarbativement leur service comme si en 20 mètres nous changerions d’avis, comme si on ne remarquait pas la masse ovoïde jaune et noire de leur auto, et qui doublent ou triplent le prix pour les laowai.

Avec le bruit qui nous empêchent de nous entendre dans la rue.
Mais on s’est habitués à trouver le repos lors de trépidants trajets en train et bus.

On s’est habitués à cohabiter avec les vaches, les brebis, les poules et les cochons.
Mais on ne s’est pas habitués aux ordures… et aux odeurs pestilentielles de pourriture quasi incontournable, et sublimées par la chaleur de l’été.

On a décidé de visiter l’Inde en ouvrant notre cœur. Alors que nous nous promenions à Sivsagar, Rajib nous avait invités à boire un thé chez lui. Elément déclencheur, on a décidé qu’on ne vivrait pas dans la paranoïa. Et nous avons eu raison.
Nos rencontres ont été belles et amicales.

Avec Saurav, à Itanagar un matin, à la sortie d’un bus de nuit.
Avec Setu, à Shillong, à boire du Mozito.
Avec Mahindra, sur sa barque à Varanasi.
Avec Parambir et Amarbir, à Chandigarh.
Avec Mukesh à Jaisalmer.

Nous apprenons de ces rencontres. Nous apprenons sur nous-mêmes et notre société.
Le voyage ne nous change pas. Il nous pousse à devenir nous-mêmes et nous découvrir.
Qu’est-ce qu’on se pose comme questions, qu’est-ce qu’on observe, analyse, critique et admire !

Même la nourriture y est multiple.
Des montagnes de riz accompagnées de dhal dans l’extrême orient indien disparaissent au profit d’une myriade de chapati. Mais le dhal et les chutney de légumes saumurés perdurent.
On est arrivés en Inde sans cuillère, alors on a appris à manger avec les doigts pendant deux mois. Les 5 doigts, pour bien mélanger.
Et c’est comme si à chaque repas, on devait lutter contre la pression de l’éducation de nos parents, en se remémorant ON NE MANGE PAS AVEC LES DOIGTS !!
On part de l’inde, en ayant découvert qu’on y mange aussi à la cuillère, qu’il y a des McDo’, et des bars branchés.
Oui, mais nous on préfère manger avec les doigts maintenant !

Dans cette Inde si multiple, le chai a été notre fidèle compagnon. Omniprésent, prêt à nous accorder 10 min. de répit. Même assis sur une planche de bois, entourés de richshaw, de bétail, et noyés dans le brouhaha urbain chaotique, ce thé au lait épicé sera notre moment de ressourcement.
Accompagnés de fifty-fifty, de twenty-twenty, de magic mom’s, de happy-happy, de Good Days nature ou à la noix de cajou… nous avons passé 4 mois avec ces gâteaux à 5 ou 10 Rs que l’on trouve partout à travers le sous-continent.
Trempés dans le thé, on se croirait à la maison…
Cher chai, tu vas nous manquer !

Mais comment ne pas aussi se révolter face à cette société à la féodalité à peine voilée.
Les intouchables et parias qui se contentent de ce qu’ils ont, pendant que les nantis ne leur portent aucun respect.
Deux fois, on nous a demandé quelle était notre caste.
Ben nan, y’a pas de caste chez nous.
La maid à qui l’on parle comme à un chien, qui mange parfois par terre dans un coin pour pas être vue, le chauffeur à qui on ne laisse pas le temps de se réveiller, le gardien qui se satisfait de devoir être dérangé à toute heure sans sommation… et en règle générale, ce fossé social gigantesque et inconcevable en Europe.
Cela conduit à un manque de civilité entre les gens. Leur namaste est pourtant un symbole si courtois.

Et cette société pesamment masculine, aux yeux baladeurs, à la frustration puérile et aux pensées malsaines sous-jacentes.
Si les pays traversés précédemment nous avaient habitués à cette répartition déséquilibrée entre hommes et femmes dans la rue, en Inde, ce n’est pas tous les jours confortables d’être une femme étrangère.

Mais on a appris à vivre avec la curiosité des gens. Cette curiosité qui nous a parfois émus, souvent amusés, mais aussi beaucoup contrariés.

Dans la rue, nous avons eu le droit à 300 Hello par jour, lancés par la fenêtre, criés depuis un vélo par un gamin de 10 ans trop content de voir des laowai, ou simplement dit sur le pas de la porte de manière courtoise par une tripoté de mamies en pleine conversation. Ça nous fait le plus souvent plaisir, et nous sommes d’ailleurs les premiers à dodeliner du chef.
D’autres fois, c’est au tour de quelques ados un peu trop énervés par leurs testostérones ou par les vendeurs de tapis qui nous lancent de grand bonjur

Mais cette relation aux touristes est assez compliquée à accepter quotidiennement.
Et puis il y a les photos ! Dur dur de refuser une photo à une famille en vacances !
Ces groupes d’Indiens viennent pour la plupart d’endroits reculés où tout comme en Chine, on ne voit pas souvent de laowai, même à la télé’. Et quand ils viennent visiter les prestigieux sites touristiques et, quand qui plus est, ces monuments sont peu fréquentés par des étrangers, on peut être certains qu’on fera aussi partie de l’attraction.
Le phénomène n’était pas inexistant dans le Nord-Est… mais la région bien que peu touristique d’étrangers… l’était aussi d’Indiens du « mainland » !

Ohhhh ce n’est qu’une photo !
Mais cette photo ne reste pas unique dès lors qu’un autre groupe nous aperçoit.
D’autant plus que ce n’est pas qu’une photo, clic et on en parle plus.
C’est une autre, et encore une.
Juste avec Brice.
Ah non, juste avec Marion.
Que les filles.
Et puis que les garçons.
Et puis une qu’avec Marion et lui.
Et puis son pote.
Et puis son autre pote.
Et puis…

Alors, c’est sûr que le dernier mec de la journée qui demande une photo, il ne sait pas qu’on en a déjà fait 40 avant… et quand il nous dit he, picture ?… on avoue avoir moins eu la patience et le sourire pour lui répondre oui, pas de problème. Pas de bonjour, pas de au revoir, c’est pas grave… J
Car en effet, l’entrée en matière est rarement des plus courtoises, souvent rustre quand la photo n’est pas simplement maladroitement volée.
Puis les photographes, bienheureux et satisfaits, s’en vont sans gratitude… Ouch… choc des cultures ? Oui oui… mais ça fait un peu mal d’être parfois pris en photo comme un singe ou un bâtiment.

Mais c’est compliqué de dire non. Compliqué de dire qu’on n’a pas envie. Compliqué de nous refermer comme des huîtres. Compliqué d’être observés, scrutés, sondés, examinés.
Et compliqué de fuir doucement à la vue d’un groupe… et puis c’est fatigant aussi, de se sentir à la merci de tous… on en fini par ne plus prendre plaisir à visiter certains lieux. Si on s’arrête deux minutes pour prendre une photo, faire un croquis, ou juste prendre du temps pour nous… à tous les coups, la vindicte tombe.

Là de souligner cent fois cependant qu’au court de nos 4 mois en Inde, nous n’avons eu que de bonnes rencontres, jamais de problème, jamais de magouille.
Et il n’y a pas eu une journée lors de notre séjour ici sans que nous ayons loué la sympathie, la générosité, l’hospitalité, et tout cela réuni…

Et puis, l’histoire continue. On repense au Golden Temple et à sa cantine, aux papys coupeurs de têtes du Nagaland, aux femmes Apatani et au mariage de cochon, aux montagnes du Sikkim, aux nonnes bouddhistes qui nous offrent du thé au beurre, aux forts tous plus beaux  les uns que les autres, aux élégantes femmes en sari, aux sourires, aux heures poussiéreuses dans les sumo, et à celles chaudes dans les wagons de general class dans le désert, aux portes des chambres d’hôtels qui ferment avec des cadenas, à Holi et aux paons qui volent, aux buffles dans les champs, quand ce ne sont pas des dromadaires. On pense aussi aux vieux saadu édentés des berges du Gange. Dans ce pays, on peut faire réparer ses tongs, sa montre pour 10 Rs, on trouve aussi des coiffeurs, des barbiers… tous les services de proximité à chaque coin de rue, et tant pis si le vendeur de samosa n’a pas de thé, il va en chercher un chez son voisin.
L’Inde, c’est Agra, mais c’est aussi Chandigarh, Bikaner et Darjeeling.
C’est le froid glacial la nuit dans l’Arunachal (ou dans les trains climatisés), et la chaleur suffocante du Gujarat. Les femmes qui cassent les cailloux sur le bord des routes du Nagaland, les enfants qui collectent les bouteilles, les papys chétifs qui pédalent sur leur rickshaw et les grosses voitures dans les colony, les femmes sophistiquées des restau’ de Haus Khaz Village, la jeunesse dorée du SunBurn festival.
L’Inde c’est enfin le Nord-Est tribal et sauvage, le Nord si riche en patrimoine, les paysages de l’Himalaya…et les trois quarts restant du territoire que l’on n’a pas pu voir malgré le temps passé ici comme les régions Tamul, ou du Kerala, les montagnes du Cashmere, et qui ne sont qu’une nouvelle invitation au voyage… une assurance de revenir et de faire de nouvelles rencontres.
Aujourd’hui, on quitte l’Inde.
On tourne cette page de notre voyage, une page riche en enseignement sur les autres, et sur nous-mêmes. Aussi incroyable qu’éreintante.
Ce soir, on a un peu le cœur gros, une saudade de la bourlingue telle qu’on a réussi à la broder jusqu’ici sans discontinuer, aussi bien qu’une saudade de l’Inde qui nous a beaucoup ému et qu’on quitte avec un soulagement empreint de regret.

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Farewell parties

Nous quittons Diu non sans difficulté, car jamais rien ne se passe comme prévu en Inde. C’est un constat que nous faisons*.
Nous avions précautionneusement réservé notre billet de bus pour 7h30 le lendemain matin. Un bus direct pour Vadodara.
Mais ce dernier ne passera jamais. Il est cassé ou annulé ou… Bref, les agents de gare n’ont pas l’air bien traumatisé par cette absence de bus… Nous ça nous embête un peu.

On doit donc rejoindre Una, à 15km d’ici pour essayer d’attraper l’autre bus. Mais il n’y a pas beaucoup de voitures et à part nous faire coucou par la fenêtre, aucun chauffeur ne s’arrête pour notre prendre en stop.
Voilà.
Donc on loupera aussi le second bus puisqu’on a mis 1h30 à faire 15km…

A la gare de bus, tout est bien sûr écrit en Gujarati, et personne ne parle anglais, et après avoir passé 20min à essayer de comprendre à quelle heure est le bus, on comprendra qu’il faut d’abord rejoindre la ville « X », puis de là-bas, un autre pour Vadodara…
Et que c’est plateforme 3. Oui, mais en Gujarati, ça ressemble à quoi un 3 ?

Mais ça y est. Nous sommes installés dans un premier bus pour 6h de trajet, on comprend finalement que « X », c’est Bhavnagar et une fois là-bas, nous sautons – non sans batailler – dans le second bus pour 5h.
C’est donc épuisés que nous arrivons à Vadodara, chez François, notre hôte CS. Il est expat’ et installé ici depuis 6 mois.
Très facile à vivre le type, en plus on fait le même genre de blague, forcément, ça resserre les liens !

Nous allons passer un week-end entre potes, entre expat’, en soirées et en musique.
Nous irons tout de même visiter le Laxmi Palace.
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DSCF9813Stitched PanoramaDSCF9862 DSCF9865 DSCF9869 DSCF9866Nous profiterons surtout d’un repas chez ses « parents indiens », en famille, de la soirée de départ d’une autre fille avec plein d’autres expat’ sympas qui nous ont très vite adoptés**, de beaucoup de bière (pour un dry state… c’était loin d’être dry), et d’une soirée concert Sunburn, gros évènement de musique électro !IMG_20150607_200945

Voilà.
On termine ce séjour indien en grosse grosse fête !
C’est un peu notre fête de départ en somme.
Des fêtes comme on en a jamais vécues depuis le début du voyage.
Ça aussi c’était l’Inde !
* Constat confirmé jusqu’à notre trajet à Mumbai. Pour la première fois, notre billet de train n’a pas été confirmé (François nous a filé sa guigne), on doit donc trouver une alternative, et chercher nous même une place dans un autre train. Même à l’arrivée, on découvre (avec joie) qu’un métro peut nous mener à bon port !…

** On n’a pas fait de photo parce qu’on s’amusait trop… et on se sentait loin loin du reste de notre séjour indien…

Nom de Diu

A nous les nouveaux paysages de palmiers, les embruns et les noix de coco.
Après 5 heures à longer la côte, on arrive à Diu.DSCF9060 DSCF9068 DSCF9082 DSCF9089 DSCF9106

C’est sur cette petite île que nous allons poser nos sacs pour quelques jours.
Il y a encore 60 ans, Diu (avec Daman et Goa) étaient des colonies portugaises. Mais c’est seulement depuis 1961 que l’île a été rendue – au pris d’une courte et ridicule guerre entre la grande Inde et le tout petit Portugal, et Diu fait aujourd’hui partie du territoire indien… avec un status quelque peu différent.

Le Gujarat est juste de l’autre côté du pont, à 400m, mais ici, on n’est pas au Gujarat.
…on se sent presque plus en Inde.

Sur l’île de Diu vivent environ 52 000 habitants.  Il n’y a pas de building, pas de grande route.
Pas de trafic, pas de klaxon.
Il y a des oiseaux, un phare et l’océan Indien.
Il y a des marées (qu’est-ce-qu’on rigole !), des bateaux, des poissons.
Il y a des églises. Toutes blanches, toutes portugaises.
DSCF9132 DSCF9151 DSCF9158 DSCF9160 DSCF9159 DSCF9163 DSCF9165 DSCF9166 DSCF9254Et si dans le Gujarat, la communication n’était pas aisée, ici, on retrouve l’anglais (et au moins l’alphabet latin).

On arrive à l’heure de la sieste (il fait donc bien chaud sous nos sacs-à-dos… et quand on a chaud, on dégouline, comme en sortant de la piscine !). Tous les commerces sont fermés, personne dans les rues… L’héritage ibérique demeure !
On s’installe dans une petite pension familiale, où Alina, la gérante, nous parle de but en blanc en portugais à notre arrivée. Tudo bem !

Nous avons un balcon, une vue sympa sur l’église São Tomas. Les arbres flamboyants, les palmiers, et le soir, la lumière du phare, qui tourne, qui tourne…Stitched PanoramaDSCF9783On a du mal à s’imaginer encore en Inde, on est un peu désorientés… si bien, qu’en sortant de la pension, au détour d’une église, la première femme en sari rencontrée nous fera l’effet d’un électro-choc.DSCF9114

Nous poursuivons notre régime à base de mangue en quantité et beaucoup beaucoup d’eau. La chaleur est difficile à supporter, et à peine sortis de la douche, nous sommes déjà et de nouveau en nage…
Donc nous passerons ces quelques jours ici mouillés.

Mais cette petite île est paisible. Et il fait bon s’y balader. Nous pouvons marcher sereinement dans les rues, au passé colonial défraîchi, croisant quelques vaches endormies et des paons. (On a vu des paons voler: ça vole un paon !)
2~3 scooters passent… les papys papotent, les mamies… on ne sait pas trop où elles sont, les plus jeunes vont boire des coups.
DSCF9170 DSCF9224 DSCF9229 DSCF9260 DSCF9340DSCF9756 DSCF9774 DSCF9767 DSCF9778Parce que Diu n’est pas un dry state, et les insulaires en profitent bien !
Et nous aussi !
Dans un petit bar de style « repère de pirates », nous sympathisons avec le gérant (il travaille sur les gros cargos qui traversent le monde, pendant 9 mois…) et les habitués nous accueillent avec le sourire (si bien qu’on se fait vite saluer dans la rues par quelques éclopés et poivrots de Diu), profitant d’une bière bien fraîche et de quelques cacahouètes !
Wouahou, des cacahouètes et une bière !

Le fort, si fièrement installé sur le bout de l’île, fait encore aujourd’hui office de prison.
Un peu en ruine toute fois, il reste quelques vieilles chapelles surmontées d’une croix, des remparts, et le phare. Ça sent le grand large. L’Océan Indien qui s’ouvre devant nous.
La mer est calme. Quelques vagues pour donner du mouvement, de l’air qui sent bon et nous ouvrons grand nos poumons…DSCF9354 DSCF9256 DSCF9374 DSCF9368

Nous faisons donc de nombreux aller-retour. Ici, pour revoir la mer. Et puis là aussi, c’est joli.
Puis on passe de nombreuses fois par le port, où les bateaux sont sortis de l’eau pour être décaper.DSCF9187 DSCF9205 DSCF9197 DSCF9207 DSCF9218 DSCF9194 DSCF9266

Stitched PanoramaDSCF9316DSCF9877 DSCF9279 DSCF9329 DSCF9330

Un matin, nous empruntons un bus pour nous rendre de l’autre côté de l’île (à 15km), au village de Vanakbara. C’est ici qu’à lieu la criée… et le marché aux poissons.
En rejoignant le port, coincé entre deux étraves, nous arrivons face à un attroupement de femmes qui dirigent les transactions. Et on peut le dire, ça crie.
Toutes installées autour des quelques poissons posés par terre, elles discutent prix.DSCF9404 DSCF9410Stitched PanoramaDSCF9438 DSCF9419 DSCF9477 DSCF9472 DSCF9505DSCF9489 DSCF9545 DSCF9616DSCF9605

Il y a des sortes de thons et espadons – enfin, des poissons dont on ne connaît pas le nom en français… alors en hindi, des petits requins d’une trentaine de centimètres, une ou deux raies et des poissons « quelconques », des crevettes, des étrilles et des mini poissons-fritures. Et des hérons, quelques chats et corbeaux, trop heureux de glaner quelques denrées laissées sans surveillance par ces rombières.DSCF9432 DSCF9413 DSCF9452DSCF9879 DSCF9448 DSCF9531DSCF9475 DSCF9467 DSCF9537 DSCF9433C’est parti pour la négociation. En 15min, tout est remballé.DSCF9656Dans la petite halle d’à-côté, le poisson fraîchement acheté est déjà en train d’être tronçonné, encore une fois à même le sol.DSCF9652 DSCF9643 DSCF9649On remarque tout de même que la pèche est plutôt maigre.
Comme à Diu, les bateaux sont sur calles. C’est l’heure de la maintenance des esquifs. Et pour cause, le gouvernement interdit la pèche de mai à août afin de laisser les œufs des poissons en paix.DSCF9680 DSCF9668 DSCF9695 DSCF9719 DSCF9701

Ce passage par le marché est riche en couleurs et en odeurs.
Ce passage par Diu nous fait oublier  où l’on est.
Et c’est pourtant l’Inde ici aussi …

Nous profitons vraiment du calme de cet endroit. Et ça fait du bien.
C’est notre avant-dernière étape en Inde.
On repense, on réfléchit à ces 4 mois passés dans ce pays…

Mangue à tous les étages

Bon, le Rajasthan, on commence à bien comprendre.
Des beaux forts, du patrimoine à couper le souffle – et des marchands qui l’ont bien compris, et puis beaucoup de touristes indiens (ceux que nous cherchons désormais à éviter).

On aurait pu rejoindre New Delhi en une ou deux étapes rajasthani, et retrouver le confort de la maison Duvernier – au moins le temps de lire quelques BD, on y a longtemps réfléchi, le choix n’a pas été évident.
Mais voilà, après le Rajasthan, on a envie de clore notre (premier) chapitre indien sur une image de ce pays qui nous a, à plus d’une reprise, surpris et agréablement émus.
Et puis, Jaipur, Pushkar… seront toujours là quand nous reviendrons dans 2, 3 ou 10 ans…
Allons plutôt explorer quelque chose qui nous convient à l’heure actuelle, peut-être un peu plus authentique.

On a donc décidé de passer par le Gujarat pour ensuite rejoindre Mumbai.
Dans le Gujarat, il y a le ciel, le soleil et la mer… il y a aussi des petites villes où personnes ne va…sauf nous, et l’espoir d’y trouver des cultures et des paysages neufs.

On quitte donc Udaipur et le Rajasthan pour Jamnagar tout à l’Ouest de la péninsule de Saurashtra.
On a 13 heures de bus de nuit, toujours en non-AC, mais en sleeper cette fois-ci.
Un bus qu’il faut aller chercher derrière un rond-point, pas loin d’une station essence dans les faubourgs, nan pas celle-ci, celle-là  – tout ça en langage des signes et hinglish.
On roule toujours fenêtre grande ouverte (sans vomi !), et si cela permet de profiter du courant d’air pas frais, cela a l’inconvénient de nous faire subir le klaxon du bus que le chauffeur – comme tout indien – n’hésite pas à utiliser incessamment.S0088776 S0118786 S0138794Il fait donc 45°C dans le bus, il fait chaud, d’autant plus que nous sommes dans une petite boîte rien que pour nous deux.
C’est rigolo, on a l’impression d’être dans une cabane !

Mais quand le bus s’arrête à Ahmedabad (la capitale économique du Gujarat), l’air – dehors, dedans, c’est le même – doit atteindre les 1000% d’humidité… il est pourtant 02:00 du matin.
En quittant le Rajasthan pour le Gujarat, on quitte le chaud sec pour le chaud humide.
On dégouline, on pègue, beurk ! il va falloir s’habituer… d’autant plus qu’on est (peut-être !) partis pour plusieurs mois comme ça.

Il est 6h30 quand on arrive à Jamnagar.
On tourne une petite heure dans la ville endormie pour trouver un hôtel pas trop cher.
Rien n’est écrit en hindi, encore moins en anglais. On découvre un nouvel alphabet. Le gujarati.On dépose enfin nos sacs, on est si heureux de pouvoir prendre une douche.
Quand on sort se balader, il fait encore plus chaud, mais les magasins sont finalement ouverts.

Le lac, les temples… bof bof… On comprend qu’il n’y a pas grand-chose à faire dans cette ville (notamment pour les anciens collègues de Brice qui venaient y passer plusieurs mois de mission – Jamnagar possédant la plus grande raffinerie du monde).DSCF8851Et puis on dégouline, on est fatigués tant par cette nouvelle chaleur que par la fatigue de notre trajet.

Néanmoins, nous sommes ravis de retrouver ici tout ce qui nous avait manqué dans le Rajasthan.
Ce sont toutes les petites ruelles fraîches et calmes, avec de la vraie vie dedans.
Toute cette activité endémique à l’Inde avec des gamins qui jouent, des chiens errants qui errent, des petites boutiques de rien du tout, de la vie de quartier, des petits stands qui vendent du thé à 3~4 papys assis sur un banc de guingois. Des dromadaires dans la rue, des gamins qui tirent la manche de leurs parents en nous voyant passer, des étals de fruits bariolés dans des marchés cacophoniques, les sourires bienveillants et curieux des locaux.
C’est un peu ce que nous étions finalement venus chercher, et tant pis si la ville n’est pas intéressante, et que l’on boive des litres et des litres d’eau (à défaut d’autre chose : le Gujarat est un dry state, un état sans alcool), ça nous redonne du baume au cœur, et l’envie d’en voir plus.DSCF8866 DSCF8872 DSCF8873 DSCF8887

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On part le lendemain matin pour Junagadh.
Le vent souffle sur les campagnes, on traverse de nouveaux panoramas de campagne, des terrains cultivés alternent avec des landes sèches, et des arbres tordus par les bourrasques. On voit aussi arriver les premiers palmiers.DSCF8938 DSCF8943 DSCF8945 DSCF8961 DSCF8965Les vaches se retrouvent avec d’énormes cornes (pour ne pas être décornées ?), et sont encore en tête des charrues et des herses dans les champs.

Les paysages changent, l’Inde est définitivement multiple.

L’arrivée à Junagadh n’est cependant pas de tout repos. Les hôtels sont tous pleins ou fermés, et après une heure de va-et-vient sous une chaleur de plomb en fusion, on se rabat sur un hôtel qui sera le plus cher de notre séjour en Inde (1000Rs sans AC… on aurait pu trouver du plus pourri… mais on commence à saturer aussi). Tant pis, tant mieux.

On sort déjeuner. De nouvelles saveurs, le Gujarat nous gâte.
Au marché, les 3 quarts des fruits et légumes vendus sont des mangues. Il y en a partout, à tous les coins de rue. En carton, au kilo, en pyramide. 60Rs le kg en moyenne (0,80€) on ne s’en prive pas pour en manger à la pelle, et parfois même comme une pomme que l’on épluche et dans laquelle on plante les crocs.
Au resto’, les goûts s’adoucissent, nouveau chutney (des légumes saumurés) à la papaye et à la mangue… ça change du carotte/poivron, et puis le dhal trouve de la cannelle, et on a le droit à une velouté de mangue en dessert – même le concept de dessert était presque étranger au nord de l’Inde.DSCF9014

La ville se situe au pied de la montagne Girnar, haute de plusieurs centaines de mètres – d’autant plus surprenante que toute la péninsule est d’une planéité infinie.
Il y a plus de 10000 marches pour accéder aux différents sites de pèlerinages qui parsème le tertre jusqu’à son sommet, et sur le papier ça nous tentait grâve… puis on a vu des images de ces merveilleux chemins pas du tout ombragés, et on a senti qu’après 8h du matin il faisait 60°C à l’ombre… on s’est dit que ça sentait un peu le roussi notre idée, et on s’est vite dégonflés…

On part se balader au fort, qui ne présente que peu d’intérêt. Oui, encore un. Bouuuuhh les blasés ! C’est la fin de journée et la vue depuis le toit d’une antique mosquée est agréable.DSCF8990 DSCF8993 DSCF8992 DSCF8998 On s’y balade tranquillement, on est toujours aussi bien accueillis.
Malheureusement, on vit de moins en moins bien la curiosité indiscrète et maladive de certains touristes et locaux, et les 150 photos demandées par jour (en développement pour un futur article).
Alors quand un groupe – notamment un groupe de mâââââles – approche, on se carapate.

Tant pis, il y a d’autres choses à voir dans la ville.
Des ruelles aux couleurs passées, des maisons coloniales décrépites à l’architecture extraordinaire, un mélange de gothique et de rococo anglais tout ça à la sauce curry et à moitié laissé à l’abandon, et…DSCF8975 DSCF8983

DSCF9031 DSCF9034 DSCF9038 DSCF9039 DSCF9044…un sublime complexe mosquée / mausolée hyper extravagant !Stitched Panorama DSCF9021 DSCF9029 DSCF9027

Note pour nous – à l’accueil de notre hôtel, il y a une balance pour les clients (?!?)
Ça fait longtemps qu’on ne s’était pas pesé… et surprise !
Brice est dorénavant à 76kg (départ de Paris avec quelques 90kg sur la balance…sans le sac !)
Quant à Marion, elle se maintient a – 8kg, soit 54kg.

Ça a du bon les mangues !

Un dernier (ef)fort

Nous quittons le bleu de Jodhpur pour la ville d’Udaipur.

Elle est réputée pour y être plus fraîche que ses consœurs, grâce au grand lac en contrebas du palais.
DSCF8564Pour la rejoindre, nous choisissons un bus « assis, non AC », on voyage dans les fauteuils en bas, tandis qu’au-dessus de nous, voyage une famille allongée en sleeper. Le trajet dure 7h, nous voyageons fenêtres grandes ouvertes. Dehors le paysage défile et change. Du vert, des arbres, de la végétation font leur grand retour le long de routes vallonnées.
DSCF8308 DSCF8311 DSCF8314 DSCF8320 DSCF8354Malheureusement pour Brice, le petit garçon installé au-dessus de nous est malade. Il vomi par la fenêtre tout son curry du midi… la vitesse faisant son effet : Brice est en ligne de mire et aspergé de ce mélange épicé… miam !
Le trajet sera donc odorant, et pas des plus agréables. Et nous arrivons un peu claqués et collants à Udaipur.

Tanish, notre hôte CS, nous attend sur le toit terrasse de la vieille bicoque qu’il réserve à ses invités, en plein centre, vue imprenable sur la ville et le lac, et verre de whisky-glaçon… Pffff ça fait du bien d’être arrivés !DSCF8447 DSCF8587

Udaipur n’en demeure pas moins la ville dans laquelle on s’est le moins bien sentis.
Celle qu’on a le moins aimé.
On le répète, le Rajasthan est la région la plus touristique d’Inde. Tourisme d’occidentaux, mais tourisme d’Indiens aussi.
Et son centre-ville ne vit que de ça. On se sent un peu à Saint Mich’Mich’.
Il n’y a plus de commerce de proximité dans la vieille ville, il n’y a plus de petit resto’ pour les locaux, pas de marché, et les prix y sont plus élevés.
Il est impossible de discuter avec les gens sans qu’ils essayent de nous vendre un truc à la fin. Même le mec qui préparait les boules de pomme de terre nous explique au bout de 3 min qu’il a un rickshaw, si on veut faire une balade… La voisine de Tanish (et sa jeune fille insistante) invite ses hôtes pour un thé… et une séance de henné facturée.

C’est un peu dommage, et ça nous gâche un peu le moment.
Mais nous sommes trop bien installés, dans cette mini maison coincée au bord du lac. Et lorsque les températures de l’après-midi sont au maximum, nous profitons d’une maison fraîche pour nous y reposer.

Nous passons 3 jours à Udaipur, à arpenter la ville, ses quais, ses ruelles (et venelles !) et leurs petites maisons colorées. Sur les façades, ce n’est pas Ganesh et sa souris que nous retrouvons peints, mais des éléphants, des Maharaja à cheval, des gardiens,…
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Nous nous arrêtons pour prendre un thé ici, et puis un autre là, avant d’être invités par cette famille pour en prendre encore un.
(oui, il y a tout de même des rencontres sympas ! ouf le tableau n’est pas complètement noir)
DSCF8474Nous visitons le palais de la ville, qui nous émeut moins que les précédents.
Il est, architecturalement moins travaillés qu’à Jodhpur, par exemple, plus récent et donc moins patinés.
L’histoire transpire moins à travers les sculptures et les détails des fenêtres.
Néanmoins, l’intérieur nous réserve quelques jolies surprises avec une exposition de peintures miniatures – spécialité du coin.
DSCF8530 DSCF8566DSCF8543Le soir, nous retrouvons Ewen et Anne-Lise, un couple rencontré dans le bus, pour un apéro sur les berges, observant le cours de natation des petits, face au palais et aux haveli. Ce côté-là de la ville est plus calme, plus serein. On nous « embête» un peu moins. Et nous pouvons profiter pleinement de la vue…DSCF8532Stitched Panorama

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Le dernier jour, nous partons visiter Chittorgarh. Nous montons dans un bus gouvernemental (moins cher pour les femmes que pour les hommes… !), et c’est parti pour 2h30 de bus.
À l’arrivée, nous avalons notre déj’, traversons la vieille ville et ses rues paisibles, et filons en direction du fort posé sur une grosse crête en plein soleil, il est 13h…
DSCF8591 DSCF8607 DSCF8654 DSCF8600Quelques maisons, plusieurs palais, des restes de temples hindous et jaïns, des bassins, des tours, des jardins, … l’ensemble de l’enceinte s’étend sur 6km.
Nous la parcourons à pied, longeant un peu les murs et cherchant les coins d’ombre. Nous sommes les seuls piétons. Tous les autres touristes (que des Indiens) sont en voitures et nous klaxonnent à tout bout de champ !
Mais nous profitons. L’endroit est assez calme et nous pouvons nous perdre sur les petits sentiers.
DSCF8610 DSCF8612 DSCF8613 DSCF8616 DSCF8619 DSCF8628 DSCF8629 DSCF8695DSCF8683Nous découvrons un palais du XVe siècle puis une tour du XVIIIe. Des ruines d’un temple du XIe siècle alors que celui d’à côté date du XIXe
L’endroit est assez éclectique et nous avons un peu de mal à comprendre le lieu, sa configuration, à s’imaginer à quoi il servait, comment les gens y vivaient.
Mais la vue sur la ville et cet ensemble architectural est paisible (malgré la chaleur accablante…), telle une cité hâtivement abandonnée, comme dans un scénario de fantasy.
Ne manquent plus que l’atmosphère embrumée et le vent qui siffle pour parfaire le décor.
Un vrai coup de cœur.
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DSCF8710 DSCF8720Nous y passerons 4h, avant de rejoindre notre bus et nos pénates d’Udaipur…

Ça Schtroumpf

Nous poursuivons notre grande épopée à travers le Rajasthan.
On ne le redira pas tout le temps, quoi que, il y fait vraiment chaud.

Nous embarquons donc dans un train aux aurores.
En classe general , pour ne pas changer nos habitudes.
Il n’y a personne dans le wagon. Seulement de la poussière sur les sièges. Beaucoup de poussière, ce qui augure la suite de ce voyage.
Progressivement, et à chaque gare, le train va se charger de voyageurs. Les gens bataillent pour monter, nous remarquent, s’arrêtent, puis se bousculent, et s’assoient enfin. En haut, par terre, ici et là. Tout le monde époussette son siège, trouve sa place et puis tout redevient calme.
DSCF7816Dehors, c’est le désert. Il n’y a rien à observer si ce n’est 4 vaches, affalées sous l’ombre d’un minuscule arbre. Cela doit être pour cette raison que les gens nous dévisagent autant*.
C’est vrai que juste à regarder cet environnement, on le sent hostile. Parfois, des passagers descendent du train dans cette mini gare où le train s’arrête moins d’une minute. On regarde à droite, à gauche. Il n’y a pas de village. Juste un chemin qui s’enfonce on ne sait trop où…DSCF7825

Nous élaborons la même technique que lors de notre dernier chaud voyage. On débranche notre tête !
Il est 13h (après 7h de voyage) lorsque nous arrivons à Jodhpur, la ville bleue.

Vikram, notre hôte CS nous a donné des infos floues pour rejoindre sa maison, mais comme on est balaise, on s’en sort pas mal. C’est en fait Yash, son cousin, qui nous accueille. Bien bavard, peut-être même un peu trop. Mais on papote. Il est né riche Anglais, et revient « au pays » régulièrement.
L’après-midi passe tranquillement, on attend beaucoup. Vikram est un mec à la bourre.
Brice s’occupe d’aller faire réparer notre ordi’! Woué !

Allez allez, la chaleur ne nous fait pas peur ! On part se balader en ville. Bon, Vikram arrive à 10h30 pour nous emmener. Il fait carrément trop chaud. Déjà. Tant pis.
DSCF7834La vieille ville est installée au pied du fort. Les maisons sont toutes imbriquées les unes dans les autres. Les venelles se croisent et s’entremêlent. On ne sait pas trop où on va, mais on y va.

DSCF7898 DSCF8076 DSCF8119 DSCF8224DSCF7889Nous découvrons aussi la particularité de cette ville. Son bleu. Le même bleu brahmane précédemment observé à Jaisalmer. Mais ici, on le trouve partout.

La couleur n’est pas identique sur toutes les maisons et varie en une multitude de teintes.
On apprend que le bleu est plus ou moins dilué avec du blanc… Ainsi, les retouches ne sont jamais exactement de la même couleur, les variations se multiplient en un camaïeu d’azur.
Il fait chaud, alors on prend notre temps. On boit de l’eau, des litres d’eau.
On longe les murs, évitant les bouses de vaches, les restes de légumes et les chiens léthargiques.DSCF8233 DSCF8189 DSCF8095 DSCF8143 DSCF8099 DSCF8093DSCF8186 DSCF8086 DSCF8074 DSCF7869

Pris d’un élan démesuré, on s’attaque au plateau sur lequel repose le fort.
Ce fort est une vraie forteresse (contrairement à celui de Jaisalmer qui était une ville fortifiée) qui n’a jamais été prise.
Et on comprend pourquoi, Il y a plusieurs lourdes portes montés de pics contendants pour éviter les charges d’éléphants, des canons, des meurtrières, et pour parfaire le tout, le fort domine la ville de plus d’une centaine de mètres.DSCF7918 DSCF7919DSCF8060DSCF8043Tout ça pour protéger la demeure du Maharaja je-ne-sais-plus-qui.
Il est 13h. C’est tout juste LA mauvaise heure.
On part se reposer dans le parc du Mausolée de Jaswanth Thada. C’est calme, c’est très vert, il n’y a personne. C’est joli et on entend les oiseaux. Et l’ombre est parfaite pour une sieste.
DSCF7947 DSCF7953 DSCF7951 DSCF7956 DSCF7959 DSCF7969Nous enchaînons avec la visite du fort. Inclus dans le billet, nous avons le droit à un audio guide, quel luxe ! Vu le prix du billet foreigner, on en profite, on écoute tout !
À l’intérieur c’est beau ! Ils sont vraiment impressionnants de détails ces palais. On y retrouve cette dentelle de sculptures, des vitraux, des miroirs, des plafonds peints.
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