Dans le feu des Theyyam

Définitivement, cette région de Kannur est un bijou préservé du tourisme.
Bien entendu, nous ne sommes pas les premiers à venir ici, loin de là, mais cette côte semble oubliée, le Sud du Kerala faisant de l’ombre au Nord.
Et à vrai dire, tant mieux pour nous.

Ranjit et Jyoti possèdent cette maison, installée en bordure de mangrove, entourée d’un jardin et d’arbres où les oiseaux prennent plaisir à voler, sifflant et chantant de branches en branches. L’endroit est extrêmement paisible, à l’abri de la route. Seul un petit sentier vernaculaire longe le backwater.


Notre chambre, au premier étage, s’ouvre sur un large balcon faisant face aux arbres et au lagon, et où nous passons une bonne partie de nos journées.
Nous sommes en compagnie de notre voisine Antoinette, une Anglaise loquace, émigrée aux États-Unis qui vit une bonne partie de l’année en Inde et notamment ici.
Elle est passionnée du Tamil Nadu depuis plus de 30 ans. Les temples, les dynasties, et les femmes déesses et guerrières de l’histoire indienne. À ses côtés, nous enchainons les longues conversations culturelles qui nous permettent d’approfondir nos connaissances en Hindouisme.

Par-delà le minuscule lagon se trouve la mer d’Arabie, la côte Malabar et une immense plage.

Si nous nous trouvons sur la même côte que lors de notre précédent séjour avec Catherine, le village d’Adikadalayi se trouve quelques kilomètres plus au Nord.
Nous avions adoré la plage de Thottada, l’endroit, l’isolement et la quiétude du lieu, les rochers, le vide et l’hôtel, mais notre budget de bourlingue n’est pas compatible avec de celui de ces dernières « vacances ».
Ainsi nous nous sommes rabattus sur une auberge, plus proche de la maison d’hôtes que d’un hôtel, nous permettant de rester une dizaine de jours dans ce coin paisible sans trop délier nos bourses. Et nous en sommes ravis, aussi.

Il est bon de nous poser un peu, de bosser tranquillement sur le blog, et d’organiser la suite de notre périple.

Ainsi, notre rythme s’installe progressivement, alors que jouissons de la vue sur la mangrove, les arbres et les fleurs, et profitons du silence, parfois rompu par le chant des oiseaux.


Ranjit en cuisine, nous concocte des mets savoureux, aux saveurs douces, épicées et variées. Il se plie en quatre pour nous préparer chaque jour quelque chose de différent, initiant nos palais aux goûts du Kerala.

Les journées sont tranquilles. Nous profitons de la plage désertique le matin, de l’absence de vague et de l’eau à 30° pour nous y baigner. Les locaux, eux, ne se retrouvent seulement qu’en fin de journée, lorsque que les températures sont plus clémentes et que le soleil se perd vers l’horizon.




Les enfants jouent au foot, alors que les papys s’entretiennent, arpentant le sable tiède de la plage en de longs allers-retours. Les quelques touristes indiens enchainent les selfies, les familles se trempent les pieds. Et enfin, la toute petite poignée de loawai, qui jouit de cet endroit « hors de l’Inde ».
Il règne une atmosphère propice à la contemplation, à la méditation, à un temps de silence et d’isolement. Cette plage est belle, et il fait bon d’y prendre le temps.*

Nous faisons la belle rencontre d’Ann, une Irlandaise installée à Toulouse, puis d’Ewa, une Hongroise qui vit à Bruxelles. Elles deviennent rapidement nos copines de plage, avec lesquelles nous passons nos fins d’après-midi les fesses dans l’eau ou sur le sable chaud.


Il est important tout de même de rappeler que nous sommes toujours en Inde, et que les villages côtiers qui nous entourent sont à majorité musulmane. Le bikini n’étant pas véritablement ancré dans les mœurs, et pour ne pas nous exhiber ostensiblement, nous avons trouvé notre coin au bout de la plage et nous nous y retrouvons tous les jours en fin d’après-midi pour disserter.

À deux reprises, nous rejoignons Kannur d’un court trajet dans un bus azur rutilant.Nous arpentons son centre, découvrant une petite ville, encore charmante, où les maisons et ruelles n’ont pas encore été converties au tout béton. Le marché coloré nous offre le choix en fruits frais et nous faisons des pauses pour un lassi ou une pâtisserie. Suivant les conseils d’habitués d’Ann, nous nous perdons dans les magasins de foulards tissés ou imprimés aux motifs typiques de la côte Malabar sans savoir où donner de la tête.

Nous sommes aussi surpris de constater, depuis notre arrivée au Kerala, que l’état est gouverné tantôt par les communistes (CPI), tantôt par les communistes marxistes (CPI(M)), les socialistes, ou une coalition de ces partis avec celui du congrès (entre autres). Ceci expliquerait-il cela ? mais l’IDH (Indice de Développement Humain) y est le plus elevé du pays, le meilleur taux d’alphabétisme, et les taux de mortalité infantile et fécondité parmi les plus bas d’Inde.
Bref, nous étions surpris de voir autant de slogans communistes, des « faucilles et marteaux », des portraits de Marx et du Che placardés sur les murs, dans les échoppes ou aux bords des routes.

Mais, la raison pour laquelle nous avons tenu à séjourner plus longtemps à Kannur, ce sont les Theyyam.

Le theyyam, (en malayalam തെയ്യം, dieu et par extension danse des dieux) est un rite sacré, pratiqué exclusivement dans le nord du Kerala, dans la région de Kannur et au cours duquel des danseurs s’incarnent en Theyyam et sont éphémèrement considérés comme des dieux.

Vieux de plus de 1500 ans, ses origines trouvent racines dans des pratiques animistes de la période dravidienne, où le feu, les animaux, les plantes et les arbres sont vénérés. Cette performance religieuse, sous la forme d’une danse unique en son genre, s’est progressivement modifiée avec le temps, en intégrant des divinités hindoues locales.
Mélange de rituels religieux, de danses aux mouvements spécifiques et mesurés, de chants et musiques d’instruments traditionnels, et de costumes et maquillages incroyables, le spectacle est étonnant, déroutant et magique.

Chaque famille possède sa propre tradition dans l’incarnation des dieux, transmis de père en fils.
Les Theyyam sont exécutés – pour la plupart d’entre eux – par des hommes qui appartiennent à une tribu indigène d’une caste inferieure.
C’est pour cette raison que les cérémonies n’ont pas lieu dans des temples, lieux réservés aux brahmanes, mais dans les sanctuaires familiaux (les kavu), dans des endroits dédiés, ou dans les maisons.
D’autres part, il est souvent question de sacrifices d’animaux et de consommation d’alcool de toddy, pratiques rejetées par les brahmanes.
Pour autant, ces derniers, tout comme les membres des hautes castes, sont les bienvenus et peuvent, à l’instar de quiconque, obtenir les bénédictions des dieux ainsi humanisés.

Au moment du rituel chamanique, des prêtres apprêtent le danseur qui sera Theyyam.
Ils sont maquillés et la peinture qui recouvrent leur visage et leur corps est pleine de détails qui nécessitent des heures de préparation. Rouge, bordeaux, orange. Les yeux sont noircis, la peau est blanchie et des dessins recouvrent certaines parties du corps.
Les costumes sont fabuleux et participent à rendre ce rituel si attirant, ils sont fabriqués en feuilles de cocotiers, morceaux de bambous, fleurs et planches de bois, en fonction du dieu à incarner. Le corps disparait complètement, les proportions s’effacent derrière de larges masques, d’énormes coiffes, des jupes de pailles tressées, une armure en bois ou en métal repoussé, ornée de miroirs clinquants, des brassards et bracelets, des poignets aux chevilles, rien n’est oublié. Chaque dieu – et il en existerait plus de 400 – possède un accoutrement caractéristique.

Dernière étape de la préparation, on applique sur les yeux du danseur une paire d’œillères métalliques globuleuses, réduisant son champ de vision.
Enfin, une fois qu’il est prêt, on lui présente un miroir, et c’est à ce moment précis qu’il passe de simple mortel à divin Theyyam.

Commence alors une danse rythmée au cours de laquelle il entre en transe et en connexion avec le dieu (ou un héros mythologique) qu’il incarne. Il devient alors un canal entre le dieu et lui-même, capable ainsi de bénir les dévots, mais également de guérir les maladies et de trouver solutions aux problèmes.

Pour parfaire au caractère chamanique des cérémonies, celles-ci ont lieu quelques heures avant l’aube, dans une utilisation expansive du feu.

Nous nous réveillons au milieu de la nuit. La veille, Ranjit avait eu l’information vague d’un Theyyam, quelque part, dans un village voisin, de la part de Babu, un chauffeur de rickshaw (il semble que cette corporation soit la seule à savoir où et quand se déroulent les Theyyam).

Nous rejoignons donc Babu à 3h30 du matin et après 30 minutes de route dans l’engin pétaradant, nous sommes débarqués autour d’un vaste terrain, au milieu duquel trône un sanctuaire. L’endroit est décoré et éclairé par de puissants projecteurs. Quelques habitants sont déjà sur place, installés tout autour du kavu. Un groupe de musiciens vêtus de longi blancs donnent la mesure de leurs percussions et d’une flûte au son perçant et aigu.

C’est alors que nous apercevons deux Gulikan.

Gulikan est l’incarnation de Yama, le dieu de la mort et de la justice.
Selon la mythologie indienne, Gulikan était le soldat le plus important de Shiva. Personne, ni même les dieux, n’osaient le regarder.
Un jour, Parvati dit à Shiva qu’elle avait peur de Gulikan, ce qui mit Shiva en colère, qui se tourna vers ce dernier et le fit tomber à terre.
Cette scène est parfois jouée durant le Theyyam.
Il est dit que Gulikan apporte prospérité au village dans lequel il danse.

Assis sur un tabouret, ce sont surtout leurs immenses coiffes que nous apercevons. Construites en feuille de cocotiers et hautes de plusieurs mètres, elles leur donnent une allure élancée. Leurs larges masques couvrent le visage, alors qu’une jupe en fines lamelles de feuilles laissent entrevoir leurs pieds, eux aussi, maquillés.
Mais à vrai dire, c’est tout le décor qui doucement se dessine, et ce sont soudain d’autres Theyyam que nous apercevons.

Entourés de musiciens, Kuttichathan est lui aussi assis, son corps complétement effacé par la boite ornementée qui lui couvre la partie basse du corps, un fabuleux costume, dont la coiffe fait penser à la roue de paon.

Kuttichathan est un jeune démon espiègle aux farces taquines mais jamais blessantes… Les vêtements de ses victimes pourraient prendre feu, leur nourriture pourrait se transformer en excréments, leurs lits pourraient devenir un lit d’épines… Des bonnes blagues donc !
En échange de ses services, Kuttichathan ne demande que de la nourriture.

Qu’est-ce qu’il est beau.
Sur ces yeux, les boules en métal reflètent les lumières. On ne distingue plus sa bouche humaine sous les petits plateaux rajoutés mimicant de grandes lèvres et qui lui barrent son effroyable visage. Sa coiffe est incroyable, tout brille, tout s’illumine. Et sa robe cubique… C’est un décor à lui seul. Nous sommes sous le charme, mais tout autant intimidés.

Rapidement, Kuttichathan se met à danser, sous les airs enivrants des musiciens à ses côtés. Accompagné de deux prêtres, il fait plusieurs fois le tour du sanctuaire, se dresse parfois sur un piédestal, puis redescend et continue sa chorégraphie. Petit à petit, sa danse devient plus nerveuse et moins contrôlée. Les sauts sont nombreux. Les bras tendus, bien tenus par les prêtres, il tourne à en perdre l’équilibre.

Le rythme de la musique augmente, doucement il entre en transe. Quelques cris sortent de derrière son masque, il s’élève, le canal avec le dieu est ouvert.
Il est devenu Theyyam.
Il continue de faire le tour du sanctuaire, complétement enivré par la musique et la chaleur.
Une fois le rituel terminé, il revient s’assoir et les dévots se mettent en file, attendant les oracles et bénédictions du Theyyam.

À l’autre bout du terrain, un autre danseur se prépare. À vrai dire, c’est le plus important Theyyam de la cérémonie d’aujourd’hui.
Il s’agit d’Agni Kandakarnan.

Dans un coin, il est en train d’être habillé. Chaque élément de son costume est installé minutieusement. Les robes sont attachées, la coiffe ficelée, le maquillage ajusté.
Graduellement, la transformation opère, laissant naitre le dieu en question (et il sera considéré comme dieu jusqu’à ce qu’on lui retire sa coiffe).



Une fois l’intégralité du costume en place, le danseur s’assoit sur un tabouret, un sabre lui est remis et il se regarde dans un miroir.
C’est à ce moment-là, alors qu’il se voit pour la première fois dans cette incarnation que l’esprit du dieu va pouvoir établir la connexion nécessaire pour le rituel du Theyyam.

De longues torches sont attachées en étoile autour de lui, créant une robe impressionnante.
Les torches sont enduites d’huile et allumées, les lumières sont éteintes et Agni Kandakarnan entre doucement en transe, accompagné par les musiciens qui jouent une musique rythmée sur laquelle le Theyyam calle progressivement ses mouvements. Après une « rencontre » avec l’idole du sanctuaire local, tout deux font plusieurs fois le tour du sanctuaire dans la mélopé enivrante des musiciens, puis Kandakarna rejoint le centre du terrain.


Une tripotée de prêtres assistants remettent de l’huile sur les torches quand celles-ci perdent en éclat.

À mesure que la musique accélère, le Theyyam tourne de plus en plus vite sur lui-même, alors que les 16 torches en feu se consument, leurs flammes dessinant des cercles dans l’obscurité. On l’entend crier, sa voix traversent les épaisses couches de son costume. Le mouvement des feuilles de son jupon aussi bien que celles à ses poignets intensifient la chorégraphie transcendantale de la divinité.
La pénombre, le feu, cette musique et cette danse énergique, ces costumes riches en couleurs, le moment est enivrant, étonnant et surréaliste.
Nous avons du mal à décrocher notre regard, hypnotisés par cette cérémonie envoutante.

Le dieu tourne de plus en plus vite dans une nuée d’étincelles, tentant d’éteindre les flammes qui brulent à l’extrémités des torches. Les braises qui tombent au sol sont balayées par les prêtres assistants.

Puis la musique ralentie, la performance se termine, le Theyyam Kandakarnan accueille alors les messages et prières des dévots.
Il est pour aujourd’hui, le medium à travers lequel le dieu leur parle.

Le soleil se lève, la cérémonie prend fin. Dans un dernier mouvement, le danseur distribue de la poudre de curcuma (turmeric) et du riz.

Il est 7h30 alors que nous rejoignons la côte, et nous posons sur la plage éclairée par les lumières encore orangées du jour naissant, en silence et en méditation, emplie des énergies incroyables de ce rituel extraordinaire et magique au cours duquel le temps s’est suspendu.

Afin de faire une pause dans nos journées de travail, nous partons nous balader dans les backwater, au nord de Kannur.
Un bus et un train plus tard, nous sommes déposés au village de Kavvayi, où nous montons à bord d’une embarcation mise en place par le gouvernement pour assurer les liaisons avec les villages installés à travers ses paysages de mangrove.




Ainsi, munis de notre ticket à 40Rs, nous partons pour 4h de balade, sur les eaux calmes… C’est paisible, c’est serein. Cela nous fait profiter un peu d’autre chose avant de revenir dans notre ermitage proche de la plage.

Et puis, comme nous avions été emballés par la première cérémonie de Theyyam, Ranjit nous propose d’assister à une seconde qui implique Kulivan.

Même topo que quelques jours plus tôt, nous troquons trop tôt notre lit pour le véhicule bruyant de Babu et rejoindre un autre village perdu dans la nuit. Cette cérémonie a lieu dans un endroit plus réduit.

À notre arrivée, des personnages incroyablement intimidants, couverts de cendre et de maquillage de la tête aux pieds, entament des danses. On comprend plus tard que l’un deux, qui ressemble à un panda, n’est autre qu’un Gulikan, pas encore totalement apprêté. Car plus tard, il recevra son couvre-chef, son masque et le cérémonial commencera.



En parallèle, deux autres Theyyam, Kathivanur Veera et Kandanar Kelan, imposent leur présence silencieuse. Les jambes sont couvertes par plusieurs épaisseurs de jupes plissées, supportées à la taille par un large plateau.
Cet accoutrement est ornementé de nombreux bijoux, de tissu doré. Ils ont les bras couverts d’une manche aux grosses épaulettes. Un collier autour du cou s’ouvre sur leur torse nu, peint de différents motifs. Les chevilles, tout comme les poignets sont garnis de grelots cliquetants. Le visage est maquillé, avec une bouche perdue dans une barbe postiche.
Et surtout cette immense couronne écarlate qui rayonne autour de la tête du danseur.Un charisme fou se dégage de ces hommes pourtant bedonnants. Cette nuit encore, nous sommes intrigués autant qu’intimidés.

Mandhappan est un héros de l’arrière-pays montagneux du Kerala qui combattit avec hargne et défit les envahisseurs. Il perdit cependant son doigt sur le champ de bataille, et ainsi l’anneau liant son amour à celui de sa dulciné, Chemmarathi. Il retourna sur le terrain pour retrouver l’anneau mais fut alors tué par les ennemis. Le cœur brisé, sa femme se jeta d’amour dans le brasier lors de la crémation de Mandhappan.
Ce dernier devint plus tard un dieu nous le nom de Kathivanur Veera.
Mimant des combats, le danseur a souvent une bonne maitrise du Kalaripayattu, l’art martial traditionnel du Kerala.

Le Kathivanur Veera se lance alors dans une danse accompagnée par deux prêtres, sautant et bondissant, battant l’air de ses pieds, ou de ses mains. Parfois, il est seul et porte une épée et deux boucliers à ses poignets.



Contrairement à la cérémonie précédente, la foule des hommes et enfants se retrouve au plus près des Theyyam et des musiciens – les femmes, quant à elles, sont regroupées dans un coin, loin du spectacle.
Puis Kathivanur Veera termine son histoire autour d’une reproduction du bucher funéraire.

La seconde histoire porte sur Kandanar Kelan et Vayanat Kulavan.

Le premier aussi était un guerrier. Parti chasser dans la foret, il fut surpris par un grand feu.
Il s’abrita alors dans un arbre, qui se trouva être l’antre de deux serpents, mais qui, lui aussi, brûla.
Après l’incendie, le dieu Vayanat Kulavan qui passait par-là, reconnu les restes de Kandanar Kelan parmi les cendres et lui redonna vie.

Aussi dans la cérémonie de Theyyam, Kandanar Kelan montre sa colère (d’être mort dans les flammes) en dansant, puis saute par-dessus un brasier.

Ici aussi, nous avons la chance de voir l’ire de Kandanar Kelan et du Theyyam, accompagnés des prêtres, donnant des coups de pieds dans un monticule de braises, et courant sur des charbons ardents.



Ce spectacle est très impressionnant alors que les escarbilles sont projetées de toutes parts, y compris vers la foule qui se presse pour assister au spectacle.

Puis les prêtres nettoient les braises et les rassemblent en un monticule.
Arrive alors Vayanat Kulavan, coiffé de son coquillage.


Le moment est beaucoup plus solennel. La danse qu’il entame est beaucoup plus apaisée.
Puis des membres de l’assistance le prenne alors par le bras et marchent autour du feu, comme pour une bénédiction. Les prêtres leur font une haie d’honneur en brûlant des fagotins.

Les braises s’essoufflent, les lumières se rallument, la cérémonie se termine.

Nous sommes émerveillés.
Ce matin encore, nous avons eu droit à une représentation inouïe du folklore du Kerala.

C’est une belle parenthèse que cette dizaine de jours nous a offert. Entre plages désertes, traditions anciennes et environnement paisible, nous sommes prêts à poursuivre notre route.
On continue ainsi en direction du Sud.

 

‘* Nous faisons également la rencontre d’un groupe de moines du Bhoutan, en visite dans la région.
C’est alors une pure explosion de joie à laquelle nous assistons, alors que nous partageons leurs éclats de rire et la découverte de la mer, son sable et ses vagues pour la première fois pour ces moines des montagnes.

7 thoughts on “Dans le feu des Theyyam

  1. Impressionnant ces rituels. Rien qu’avec les images et les 2 vidéos, on en reste bouche bée. Je n’imagine pas ce que vous avez du ressentir.
    PS : c’est Kpou qui va être jaloux quand on voit la taille du brags que les theyyam ont dans le dos 😉

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