Copains comme Cochin

Nous continuons notre voyage en direction du Sud.
En effet, la maman de Brice sera au Sri Lanka à la fin du mois de Janvier, et une fois n’est pas coutume, nous avons pris notre billet d’avion pour la rejoindre et lui faire la surprise.
Dans une semaine, nous nous envolerons depuis Madurai.
D’ici-là, nous décomposons le voyage en quelques étapes.

La première étant de rejoindre Calicut (dorénavant nommée Kozhikode), pour y passer quelques jours.
Un coup de train, et quelques heures plus tard nous arpentons ses rues pour trouver un hôtel pour la nuit… Ceci s’avère être une mission impossible. Tous les hôtels dans nos prix sont complets.
Après une petite dizaine de refus, nous nous rendons à l’évidence. La ville ne veut pas de nous !
Dommage car sa population est super accueillante. La ville n’apparait pas trop inconfortable, mais ça sera pour une prochaine fois.
On achète quelques pots de halwa – une pâte de fruit riche en ghee, spécialité locale – et sautons dans un nouveau train express pour Kochi, notre seconde étape. La voie ferrée longe la côte de la mer Arabique avant de bifurquer dans les terres, remontant un temps la large rivière Bharathuzza aux eaux placides.




En fin d’après-midi, nous rejoignons la grosse ville d’Ernakulam, commune tentaculaire faisant face à la vieille ville de Kochi, installée au bout d’une langue de terre refermant la lagune et le port.
Quinze minutes de traversée de ferry plus tard, nous voilà dans les calmes ruelles de l’ancien comptoir colonial.

Le littoral occidental indien a toujours été cosmopolite grâce, initialement, au commerce avec le Moyen-Orient et les diverses missions évangéliques.

Aussi, les Juifs se sont installés au cours du premier millénaire de notre Ère en deux communautés, les Bene Israel autour de Bombay et les Juifs noirs de Cochin au Kerala. Saint-Thomas fonda les premières églises du Kerala dès le Ier siècle, et on trouve dans la région une des plus vieilles mosquées d’Asie (dont la construction daterait de 629, soit seulement 7 ans après l’Hégire !), les expéditions chinoises du navigateur ZhengHe ont aussi fait halte dans cette région. On pense que les carrelets – les filets de pêche à bascule – auraient alors été apportés. Les Portugais, puis les Hollandais en ont fait un comptoir prospère (sous le nom de Cochin) et laissèrent derrière eux une grande partie du patrimoine actuel.

L’actuel Kochi est une jolie petite ville aux rares voitures.





Le nord de la presqu’île de Fort Cochin est intégralement urbanisée, mais les ruelles offrent la quiétude nécessaire à nos ballades parmi les beaux bâtiments historiques et d’impressionnants arbres gigantesques (un Samanea saman – aussi appelé Arbre de pluie) qui projettent l’ombre de leur ramure qui s’élève à plusieurs dizaines de mètres. Que ces arbres sont incroyablement majestueux.
Une délicieuse exception urbaine en Inde.

Le long du rivage, on retrouve les quelques curieuses grues qui, par un ingénieux système de bascules, soulèvent depuis des siècles de désormais maigres pêches. Les petits restaurants de rue, juste en retrait du marché aux poissons, offrent leurs services pour préparer les fruits de mer.




L’afflux d’étrangers offrent profusion de petites boulangeries aux succulentes pâtisseries, ou boutiques originales, d’expositions de photos, d’antiquaires, de cours de yoga, ou de produits bio’…

Nous avons trouvé une chambre confortable et très abordable chez Charlotte et Joseph, une famille chrétienne comme il y en a de nombreuses dans la ville. Nous flânons dans les rues et trouvons le couvert dans les quelques restaurants fréquentés par les locaux du quartier musulman.
Un peu plus au Sud, la « vraie » ville (dans le sens moins touristique) est une succession de petites maisons aux toits bas. En pleine prière du vendredi, on passe devant la grande mosquée, au long toit en tuiles, grand plancher en bois et une coursive qui court tout autour du bâtiment. Construction plus originale (et adaptée) que le standard moyen-oriental dôme-minaret. Nous enchainons les kilomètres dans ces rues colorées, nous arrêtant dans des églises catholiques (au système de ventilation hyper ingénieux), une église orthodoxe syrienne, des temples hindous dont le sanctuaire nous est interdit, ou la vieille synagogue au cœur du quartier touristique de Mattancherry qui ferme devant nous alors que shabbat sonne.

Nous faisons une expédition à la journée vers la ville d’Ernakulam, partie vivante de la plus grande agglomération du Kerala. Pour cela, nous empruntons une fois de plus le ferry qui cabote jusqu’au centre urbain, nous passons dans le bazar, Brice s’offre un énième longgy, et nous dégustons le thé au lait… qui n’a rien à voir avec celui du Nord !
Ici, quelques cuillères d’un concentré de thé sont versées dans une tasse, à laquelle on ajoute le sucre. On y verse du lait que l’on puise dans une casserole constamment sur le feu et dont on écrème un peu de mousse pour parfaire la décoction. Celle-ci est alors versée d’un verre à l’autre, comme on fait du thé à la menthe au Maghreb, pour obtenir un breuvage mousseux, moins masala-épicé que dans le Nord, mais qui est plus parfumé en thé. On se régale !



La ville d’Ernakulam reste assez bruyante et nous sommes heureux de reprendre le bateau et rejoindre Fort Cochin, ses ruelles calmes et ses arbres centenaires, le temps d’en profiter encore pour quelques jours.






En effet, nous devons rejoindre Madurai, mais pour ce faire, nous faisons d’abord étape dans les Ghats, frontière naturelle entre le Kerala et le Tamil Nadu.

4 thoughts on “Copains comme Cochin

  1. Génial ce petit post : un diaporama au milieu, du street art avec le camion surmonté de bidons aux couvercles multicolores et de l’humour avec la pub Silpaulin

  2. Cela donne envie de s’arrêter quelques jours dans cette belle ville de cochi, aussi bien pour la découvrir, que pour se délecter de ce délicieux breuvage qui nous met l’eau à labouche, qu’est le thé au lait local …

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