Ceylan trop vite

[info pour ceux qui sont perdus : nous étions au Sri Lanka du 23 janvier au 21 février dernier. Plus d’info sur la carte à ce lien]

Depuis l’aéroport de Madurai, nous partons d’Inde.
Nouveau soulagement de quitter ce pays épuisant.
L’immigration n’est qu’une formalité pour Marion alors que Brice passe dix bonnes minutes avec son officier curieux. Il lui demande, simplement, les différences entre l’Inde et la France.
Vraiment ? maintenant ?
Ainsi, les deux coudes en appui sur le comptoir, Brice entame un semblant de conversation, expliquant tout de même, que le sujet est plutôt vaste pour être débattu à un comptoir d’immigration, avant de prendre un avion.
Un coup de tampon plus tard, nous nous envolons dans un coucou pour cinquante minutes, juste le temps de regarder par le hublot, et d’apercevoir Ceylan nous accueillir.

காலை வணக்கம் (Kālai vanakkam – bonjour en tamoul)
ආයුඛෝවන් (Ayubowan – bienvenu en cinghalais)

L’immigration srilankaise se fait sans encombre, et nous optons pour un taxi partagé afin de rejoindre Colombo et la gare de train, train que nous attrapons de justesse.
Ça y est ! Nous voilà assis en troisième classe, en habitués, dans un wagon bien rempli. Nous retrouvons les faciès et les sourires, les vêtements, l’alphabet, et l’atmosphère paisible alors que le train quitte la capitale en longeant la côte.
Qu’elle est belle cette côte ! Nous avons l’impression de revenir à la maison. Les habitudes reviennent vite, les souvenirs nous remontent. Le marchand de dal wade (petit snack frit et croquant à base de dal) passe dans le couloir, et nous en serre un dizaine dans un papier brouillon d’école, sur lequel on peut lire les essais de multiplication de ses enfants, probablement. Quelques piments grillés à croquer pour en saupoudrer les graines torréfiées sur l’encas jaune orangé, les saveurs srilankaises font surface.
Une brise marine, chaude et humide traverse le compartiment, alors que nous transpirons, tous collés les uns aux autres.
Bercés par le rythme lent des wagons qui balancent, nous roulons tranquillement dans cette fin de journée.
Puis, le train s’immobilise en pleine voie. Fini la brise.
Petit à petit, le temps s’allonge, le wagon se vide. Les gens quittent le train. Les informations peinent à venir jusqu’à nous, mais on comprend qu’il y aurait eu un accident sur les rails…
Nous patientons une heure, puis décidons de quitter le navire à notre tour, afin d’attraper un bus et rejoindre Galle. Mais les bus débordent déjà de passagers alors qu’ils ralentissent sur le bord de la route, et nous sommes trop nombreux à avoir eu la même idée.

Nous nous éloignons du groupe et tentons le stop, qui s’avère être plutôt efficace. Une voiture climatisée s’arrête, nous nous installons à l’arrière et un gros orage éclate, relâchant de larges gouttes auxquelles nous sommes heureux d’échapper.

Mais, alors que nous roulons depuis une dizaine de minutes, nous apercevons le train, notre train, qui nous double. Un coup d’accélérateur, et notre chauffeur nous dépose sur le quai de la gare suivante, où nous remontons de justesse dans le train que nous avions quitté une heure plus tôt, et rejoignons Galle. Il est plus de 20h alors que nous retrouvons Charles et Maneyika au Jardin de Fort.

Il y a peu de guests à l’hôtel, ainsi nous y passons notre soirée de retrouvaille, entre crêpes délicieuses et bœuf bourguignon savoureux… et dans les draps confortables de ses chambres.
Ainsi débute notre séjour au Sri Lanka.
Nous n’avons rien prévu. Pas de projets spécifiques. Nous avons devant nous un mois de vacances et seulement rendez-vous avec Jocelyne, la maman de Brice.
En voyage avec deux de ses amies au Sri Lanka, elles seront à Galle dans une semaine.
Elle nous croit encore en Inde, et nous sommes contents de lui faire la surprise.
En attendant son arrivée, nous profitons de nos hôtes et de la maison d’Hennatigala, de la beauté de la nature qui l’entoure, du calme et de nos voisins les oiseaux, singes et paons. Nous nous régalons de fruit du jacquier cuisiné (et qu’il faut aller chercher bien haut dans les arbres), de poisson cru, des incroyablement savoureuses bananes et ananas, des copieux petits-déjeuners sur la terrasse, des lunch packet, du sambol, des biscuits au gingembre, et des bolées de thé, les fesses dans le hamac.
On prend des bains de soleil au bord de la piscine, on traverse en scooter les rizières, alors que la lumière de fin de journée dore la campagne paisible.



Le temps est doux ici. Nous sommes chanceux d’être là.

Et puis c’est au tour de Jocelyne de faire son entrée.
La surprise est réussie, grâce à la complicité de Charles et Maneyika, ainsi que de tout le staff de l’hôtel, trop contents de rencontrer la maman de Brice.

Chaudes et émotives embrassades, nous voilà ainsi en compagnie de Jocelyne, Sabine et Florence pour les trois prochains jours.

Au programme, plage, noix de coco, délicieux curry, balades, …
Brice et Jocelyne se prennent un peu de temps en tête à tête, se promènent dans Galle à la découverte d’un temple hindou, d’une église ou de samossa et roti. Ils flânent dans les ruelles du Fort, visitent une usine de tissage ou musardent dans les rizières derrière chez Charles et Maneyika, chez qui nous finissons la soirée tous ensemble pour l’anniversaire de Nanda, l’aide de la maison.






Tous ces moments sont simples. Nous profitons pleinement.
À peine le temps de réaliser que nous nous trouvons avec Jocelyne au Sri Lanka que son voyage prend fin. Chaudes et émotives embrassades de nouveau. Elle(s) rentre(nt) déjà en France.

De notre côté, nous partons avec Charles et Maneyika dans l’arrière-pays de Kandy, non pas voir la dent de Buddha, mais pour visiter la région natale de Maneyika, et nous balader dans les Knuckles, massif montagneux dont le climat spécifique qui y règne en fait un lieu riche en faune et flore endémique. Son plus haut sommet s’élève à 1906m alt. et les chemins de randonnées sont nombreux, tout comme les sangsues.

Mais avant de nous aventurer dans ces vertes et humides montagnes, nous passons visiter le terrain de famille que nos amis possèdent, installé en cœur de jungle, les pieds dans une rivière enchanteresse dans laquelle nous nous baignons.
L’endroit est paisible et isolé. La végétation est y reine.

Le lendemain, nous partons pour une courte balade – c’est ce que nous pensions au début, qui s’avèrera finalement beaucoup plus longue. Nous longeons la route dans un premier temps, qui surplombe la vallée et les rizières aux jeunes pousses d’un vert éclatant. Les nuages sont encore bien accrochés au sommets des Knuckles, mais c’est apparemment le cas la plupart du temps.


Une fois rejoint le petit patelin d’Hunnasgiriya, nous bifurquons, passons voir la maison dans laquelle Maneyika a grandi, puis nous empruntons un chemin de traverse, coupant à travers les plantations de thé. C’est ici que le paysage change, tout comme les personnes qui occupent ces terres. Nous entrons en pays tamoul, cette main d’œuvre apportée par les Britanniques au XIXème siècle.
Le soleil s’est levé et nous enchainons les kilomètres, étonnés de ces plantations bien moins organisées et systématisées qu’à Munnar quelques jours plus tôt, ou même à Dolosbage, lors de notre dernier séjour au Sri Lanka.
Mais nous retrouvons toujours ces villages de cueilleurs, installés en contrebas, les pickup de collecte, les maisons des pesées.






Nous marchons sur la route ne croisant qu’une poignée de véhicule sur la journée. Cette virée au vert fait du bien. La nature est belle. Nous nous arrêtons pour observer telle fleur, feuille ou chenille.
Au-dessus de nous, les sommets des Knuckles disparaissent momentanément derrière les nuages qui s’y accrochent, le temps de nous isoler des chauds rayons de soleil. Quelques arbres à pluie, abritant souvent un temple au pied de leur tronc, trônent fièrement de leurs ramages imposants. La foret se densifie, nous croisons quelques singes et rejoignons l’Office des Knuckles où nous nous offrons une petite pause et nous renseignons pour quelques prochaines randonnées.


Puis faisons demi-tour, claqués mais contents de cette belle balade avec nos amis. (23,5km et 1000m D+).

Soirée fraiche, les températures sont définitivement bien plus basses que sur la côte. Étirements, thé, biscuits au gingembre, et plâtrée de riz-curry. Nous sommes requinqués et nous nous couchons tôt.

Le lendemain, nous réitérons l’expérience randonnée, mais partons dans l’autre sens, en direction du village de Ududumbara.

Nous nous enfonçons sur une petite route, traversant quelques hameaux isolés aux jardins bien fleuris. 10km plus tard, nous sommes de retour au village, et passons par le temple bouddhiste dont le prêtre s’est lancé comme projet – et défit – de fabriquer lui-même les sculptures et représentations divines qui occupent son sanctuaire. Le travail est dantesque, à la manière du facteur Cheval, où il est étonnant d’y voir se côtoyer les dieux hindous et les représentations bouddhiques.

Puis nous quittons les Knuckles, dans un premier bus digne d’un grand-huit, mais devant le visage blême de Maneyika, nous descendons pour en prendre un second plus prudent.
Nous rendons visite à Ama Gimini, la maman de Maneyika, qui nous accueille de ces jolis yeux pétillants, trop fière de nous montrer son jardin, car Gimini, c’est un peu la Reine des Jardins. Ses mains transforment n’importe quelle graine en une plante aux feuilles incroyables.

Nous passons rapidement par Kandy, déjeunons dans une délicieuse cantine locale, un café dans un joli lieu, et hop, montons dans un beau bus en direction de « la maison ».

J-2 ! Dans quelques jours, c’est au tour de Pierre et Camille, la fille de Charles, et leurs filles Romane et Capucine de venir se balader au Sri Lanka.
Nous aidons Charles et Maneyika à organiser la maison, remplir le frigo et préparer la venue de la famille.
Nous partageons ainsi cette semaine avec eux, contents de faire leur connaissance et contents de nous faire de nouveaux potes. Le temps passe simplement entre repas gargantuesques, piscine, yoga, surf et châteaux de sable, observation de la nature, coupe d’arbre et nettoyage de piscine, et longues papotes.


Nous nous joignons à l’anniversaire de Dimuthu, à l’hôtel, l’occasion de passer aussi un peu plus de temps avec le staff que nous n’avons, contrairement à notre précédent séjour, que peu vu.



On se sent vraiment bien avec nos amis.
Le temps passe simplement quand nous sommes ensemble.
Quelque pages d’une BD dans le hamac et le soir pointe déjà.
De belles habitudes.

Et puis, aussi soudainement qu’un battement de cil, ce mois au Sri Lanka s’achève.
Nos billets d’avion sont pris.
À nous la découverte du Tamil Nadu.

Nous quittons Charles et Maneiyka, et le staff, qui de nouveau, nous gratifient de cadeaux et douces attentions.
Nous volons pour Chennai, anciennement Madras, que déjà les mets du Sri Lanka et nos amis nous manquent.
Que d’amour reçu ! Nous repartons en Inde le cœur bien rempli.

11 thoughts on “Ceylan trop vite

  1. Même avec la PPN, j’avais zappé que vous étiez retourné à Ceylan (depuis le Kerala) avant de retourner en Inde et de vous y faire jeter fin mars avec le Covid19
    Faut suivre, c’est pas évident

  2. Coucou les amis,

    Quel beau moment plein d’émotions la rencontre par surprise avec Jocelyne à Galle !! Un gros bisous à toi Maman de Brice.

    Phi’sss total la photo de la chèvre des montagnes. C’est fou comme ces paysages me rappellent ceux de Sao Tomé y Principe. Vous verrez quand la Bourlingue sera en Afrique 😉

    Gros Bisous

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