Pas d’impair à Colombo

D’après les échanges des voyageurs, et les dires des guides, cette ville n’a que peu d’intérêt : ses rues sont toujours embouteillées et bruyantes et il y n’y a pas grand-chose à y voir et faire.
Nous ne nous en faisions pas une très bonne idée a priori.
À notre arrivée au Sri Lanka, nous avions réussi à éviter la Capitale, en séjournant à Negombo.
Mais cette fois -ci, nous n’y échapperons pas.

Marion, qui avait dû refaire un nouveau passeport en Thaïlande il y a trois ans exactement, se retrouve maintenant avec une unique page vierge. N’est-ce pas la classe ça ?
Nous avons donc rendez-vous à l’Ambassade de France pour en obtenir un nouveau.

Nous ne sommes jamais très détendus lorsqu’il s’agit de réaliser des démarches administratives.
Nos interlocuteurs ne sont pas toujours conciliants, et c’est bizarrement d’autant plus le cas lorsque nous avions à visiter nos ambassades (comme c’eut été le cas en Turquie en 2014, ou en Thailande en 2016).
Marion prépare donc au poil son dossier.

Nous nous présentons plusieurs dizaines de minutes en avance devant la toute petite maison de l’Ambassade.
Une fois les contrôles de sécurité effectués et le sas passé, nous prenons la mesure de cette mission consulaire.

Il y a moins de 700 ressortissants français sur les territoires du Sri Lanka et des Maldives.
L’ambiance y est, par conséquent, beaucoup plus détendue qu’à Bangkok (plusieurs dizaines de milliers), on a le temps de discuter avec la vice chancelière, de papoter avec la gendarme qui vient récemment de prendre poste dans cette mission diplomatique.
L’ambiance est plutôt relax, et on nous rend vraiment service, nous en profitons même pour établir une procuration pour les prochaines élections européennes.

Le formulaire rempli, les empreintes laissées et le nouveau passeport de Marion devrait arriver le 5 février prochain, par valise diplomatique.

Cela nous laisse un peu de temps pour visiter rapidement cette ville, avant de partir vers l’intérieur du pays.
Encore une fois, c’est une bonne surprise.
Bien entendu, les grosses artères n’ont que très peu de charme, la ville, d’ailleurs, n’a rien d’exceptionnel à offrir aux voyageurs.
Mais l’atmosphère est décontractée. Il y a bien du trafic, mais les piétons ne risquent pas leur vie à chaque traversée. Les rues sont propres, larges et souvent pourvues de trottoirs, notamment dans les quartiers modernes du front de mer.


Depuis la fin de la guerre civile, les investissements affluent à coup de dollar (et de yuan*).
Les tours et les immeubles de standing poussent un peu partout. Reflet de ce dynamisme, une – horrible – tour en forme de fleur de 350m de haut s’élève en plein cœur de la ville.
Le long de Galle Road, face à l’océan indien, des hôtels de luxe accueillent riches touristes et Sri Lankais.
Et on sent que les petites maisons et échoppes souffrent de plus en plus de la pression immobilière grandissante.

C’est dans ces quartiers « en sursis » que nous préférons nous balader. Les façades colorées et décrépies, les plantes qui s’installent dans n’importe quel interstice, les vendeurs de fruits sur leurs étals bringuebalants, tout ça nous plait bien.

Une noix de coco rafraichissante et une chiure de corbeau plus tard, nous reprenons notre balade urbaine, à travers les rues agitées du marché

, avant de rejoindre le fort de Colombo.
Ce dernier n’a pas grand-chose à voir avec celui de Galle et à vrai dire, on ne sait pas bien pourquoi on l’appelle le fort.
Quelques vieux et prestigieux bâtiments coloniaux transformés en banques, un phare perdu au milieu d’un carrefour, le quartier du gouvernement et au loin, l’océan, que nous rejoignons par le chemin des écoliers et l’arrière des voies ferrées avant de finir notre soirée les doigts dans un succulent rice and curry.


Nous reviendrons dans 3 semaines à Colombo pour une nouvelle escapade (et on a déjà une liste bien remplie de taches administratives !).
En attendant, nous partons en train pour la ville de Kandy, à quelques 120km et 3h30 de trajet chaudement assis dans le wagon bien rempli.

Très vite, nous quittons la ville et le décor des tours de béton laisse la place à la végétation tropicale luxuriante.

Puis, la route s’enfonce dans les montagnes du centre de l’île, sinuant entre collines, palmiers et plantations.
Les quelques villages que nous traversons semblent bien calmes, et chaque gare parait plus petite que la précédente.



Le train frôle les feuillages en bord de voie ferrée. Fenêtres et portes ouvertes, les passagers respirent l’air frais des hauteurs.
Nos paupières luttent. Il fait chaud et les lentes saccades du train nous bercent. Mais à chaque fois que nous ouvrons les yeux, le tableau qui se dessine dans l’encadrement de la fenêtre nous invite à observer ce paisible et verdoyant paysage.

 

‘* Les Chinois au Sri Lanka.
Ahhh, encore une histoire insidieuse de contrôle et de pouvoir !
La Chine s’est invitée au Sri Lanka, en offrant des prêts bancaires aux intérêts impossibles à recouvrir, imposant les gouvernants à des concessions menaçantes.
Cela va dans le bon sens dans certains cas (nouveaux hôpitaux et infrastructures), mais moins dans d’autres, notamment la perte de souveraineté d’un important port maritime. La Chine pousse ainsi ses pions sur l’échiquier international, et possède dorénavant un DOM-TOM au Sud du Sri Lanka.

 

 

11 thoughts on “Pas d’impair à Colombo

    1. Le bâtard… tu vois ça comment ? Juste avec la photo où il est attablé devant de bons petits plats ?
      En tout cas, Marion « BayWatch (devant la mer et les rails) », elle a fière allure

  1. Très occidentale cette architecture.
    Ce qui serait sympa ce serait de nous donner les recettes plutôt que de nous appâter avec vos photos de repas et vos commentaires élogieux sur la cuisine!!

  2. c’est clair les chinois sont partout à Colombo! Au delà de tous ces ouvriers et ingé chinois omniprésents sur les chantiers, ils sont partout en ville avec leur coutume chinoises un peu imposantes parfois!

  3. Au fait, quelle fleur est représentée par la haute tour dont vous parlez ? C’est une espèce endémique de Ceylan ?
    Et s’il est si haute, c’est pour servir à diffuser la radio (un peu comme notre tour Eiffel ou encore la grande tour à Téhéran) ?

  4. Hey les jeunes! Pas mal ce post et ceux du Sri Lanka sont pour l’instant plus faciles à lire que les précédents en Inde ou au Pakistan. Vais-je un jour rattraper Kpou?! C’est quoi les coutumes chinoises qui sont imposantes au Sri Lanka? Vous allez en parler dans les posts suivants? ça va encore complexifier le bordel que les occidentaux (hollandais et britanniques) ont apporté? Ils sont pas sortis…

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