La fuite précipitée

Nous avons entendu parler assez tôt du Covid19, encore sous le nom de Coronavirus. Certains ne s’intéressait que peu à ce dernier, qui touchait pourtant de façon intensive et incontrôlée toute la province du Hubei puis de la Chine.

Globalement, même pour les plus intéressés d’entres nous, nous restions des spectateurs empathiques mais passifs de cette crise chinoise. Nous avions eu nos copains au téléphone, qui nous parlaient déjà de confinement.
Puis le Nouvel An chinois approchant, nous avons commencé à s’inquiéter.
Nous avions prévu de rejoindre le Sri Lanka, destination populaire de la classe moyenne chinoise, et déjà la méfiance, parfois la xénophobie, pointaient.
La Corée, le Japon et Singapour eurent très rapidement leurs premiers cas, mais cela se cantonnait à l’Asie. C’est ce que nous croyions.

C’est quand le virus frappa l’Iran violemment, puis l’Italie, que nous avons commencé à nous sentir plus concernés.

Néanmoins, de notre point de vue extérieur, et depuis le territoire indien, tout cela nous semblait bien loin.
En effet, l’Inde, du fait de ses piètres relations diplomatiques avec l’ennemi chinois, n’avait alors que peu de cas. Tandis qu’en France le bilan augmentait, et les premiers décès rendaient le virus plus tangible.

Puis tout s’est précipité pour nous aussi.
Nous avions entamé notre découverte du Tamil Nadu plutôt sereinement, tout en gardant dans un coin de la tête l’actualité, qui prit de plus en plus de place dans notre quotidien.

En deux semaines, le virus fait clairement les gros titres de nos fils d’actualité, et la propagation en Europe apparait dans les journaux indiens encore partagés avec la crise politique et les manifestations du NCR-CAA.

Deux semaines après notre retour en Inde, nous retrouvons Johana, Michael et Marcus pour un séjour de 3 jours à Chettinad lors duquel nous parlons parfois de l’actualité.
Comment cela va-t-il se passer en Inde ? à Mumbai ? vont-ils fermer l’école de Marcus ?
On ne pensait pas que tout serait si soudain. Le dernier jour de notre séjour ensemble, nous apprenons que l’école française de Delhi ne réouvrira pas ses portes à la rentrée. Ça y est. Les premières mesures tombent.

Lors de nos déambulations dans les villages, les traits se durcissent un peu plus à la rencontre de notre groupe de 4 blancs et demi. Et quand nous répondons à la traditionnelle question What is your country name from ? les gens nous parlent directement du virus et se mettent même parfois en retrait.
Nous nous empressons d’expliquer que nous sommes en Inde depuis plusieurs mois.
On finit par en parler de plus en plus entre nous, d’élaborer des plans pour « si ça tourne mal », comme en Italie (et bientôt en France).

C’était sept jours avant notre « fuite ».

Nous quittons nos amis, ils rentrent à Mumbai. Nous partons pour Trichy, grosse ville du Tamil Nadu, mais avec en toujours tête, l’idée de rejoindre la côte.
Nous estimons, naïvement, que la propagation ne commencerait pas en Inde avant 10 ou 15 jours, nous laissant suffisamment de temps pour terminer notre tour du Tamil Nadu et remonter la côte du Kerala, pour trouver refuge à Kannur. Le plan semble idéal.

En arrivant à Trichy, Kartik, notre hôte bien éduqué et informé, nous accueille les bras ouverts mais pragmatique. Il nous indique où se trouve le pot de gel hydroalcoolique dès que nous passons le pas de la porte : il y a eu un premier cas de Covid19 dans la ville.

On commence à réfléchir, à nous renseigner et rassembler toutes les informations. Le séjour avec Kartik est super, mais teinté de « où allons-nous demain ?». À ceci s’ajoute l’angoisse de notre vol pour la France fin Avril, qui vient d’être annulé par Air India.

La marge de détente de deux semaines que nous nous étions octroyés fond comme neige au soleil du Tamil Nadu – il fait 38°C ici.

Une nouvelle journée de réflexion, d’aller-retour chez Air India, au supermarché pour quelques victuailles et à la gare, et nous trouvons surprenamment deux places dans le train de nuit hebdomadaire qui relie Trichy à Kannur dans la soirée. Ah nous serons bien chez Ranjit ! La plage déserte, les oiseaux qui virevoltent entre les palmes, les cormorans qui plongent dans la mangrove, les crabes qui creusent le sable, le silence, l’isolement, la quiétude du lieu nous confirment que c’est la bonne décision.
Par cette diagonale tracée en travers du Sud du sous-continent, nous mettons en suspens notre voyage en Inde.


Antoinette, avec qui nous étions restés en contact, a pris le même train que nous et nous nous retrouvons sur le parvis de la gare, à Kannur, accompagnés de Sebastian et Alex, deux de ses amis.
Ils ont eu la même idée que nous. Laisser passer la tempête quelques semaines, voire mois, isolés du tumulte indien. Nous cinq européens auront certainement de meilleurs comportements pour ne pas s’échanger, ni propager de potentiels miasmes.
Mais quand est-il de Ranjit ? et Safara, son aide, qui font de nombreux allers-retours vers la ville ou le village.
Ranjit, d’ailleurs, n’est pas rassuré de nous savoir chez lui.
Si on pense initialement que c’est à cause des problèmes sanitaires que nous représentons, nous comprenons plus tard que nous pourrions surtout lui apporter pas mal d’ennuis.
En effet, récemment, des touristes étrangers ont été retrouvés à errer, pour certains en pleine nuit, ne trouvant pas d’auberge pour les accueillir, ou ayant été débarqués du bus par des locaux ne voyant en eux que des virus sur pattes [la désinformation a bon train dans ce pays, où une grande partie de la population n’est pas éduquée et où Facebook ou WhatsApp sont souvent la source principale d’information. Le gouvernement, plutôt que d’y remédier, utilise ces médias officieux dans son intérêt et laisse les rumeurs se propager].

Ranjit chasse des groupes d’hommes qui s’installent devant notre auberge, inquiets de notre présence, tandis qu’ils partagent leurs cigarettes, se tiennent la main ou jouent sur la plage.
Plage qui, à peine 36h après notre arrivée, est interdite d’accès. Que pour les étrangers.

L’ambiance chez Ranjit n’est pas sereine. Nous tentons tous de nous occuper, mais au fur et à mesure des heures qui passent, l’atmosphère s’alourdie.
Entre temps, Johana et Marcus ont pris le dernier vol Air France pour Paris, laissant Michael seul à Mumbai, boulot oblige.

Le lendemain matin, deux officiers de police bedonnants font la tournée des auberges, serrant des mains, tenant conciliabules avec les tenanciers d’hôtel, répertoriant les touristes présents dans la région. Mais quand nous leur posons des questions sur la démarche à suivre pour les prochains jours, la possibilité d’aller en ville, où même celle de voyager en train ou en avion, ceux-ci fuient sans même nous regarder.

Entre temps, nous avons convaincu Ranjit du bien fondé de nos doutes, et de notre sentiment d’insécurité grandissant, notamment face à une police qui ne contrôle rien (les récents évènements l’ont tristement prouvé).

Nous couchons nos questions sur papier, pour que Ranjit en fasse part à la hiérarchie policière. Mais la seule réponse que nous obtenons en début d’après-midi est une lettre en Malayalam visée d’un tampon qui précise, sans pour autant donner de raison, que les étrangers sont assignés à résidence pour 14 jours, et que les hôteliers en sont responsables.
Sans explication, sans durée, sans logique.
Ça y est. La peur de l’étranger, porteur de virus, est réelle et officialisée.

Car pendant notre potentiel temps de confinement, aucune consigne et règle sanitaire ne s’applique aux locaux.
Nous ne nous sentons plus du tout en sécurité et prenons conscience qu’il nous faut quitter la région au plus vite.
Le soir même, il y a un vol pour Mumbai. Nous décidons de le prendre, mais pour cela, il nous faut être persuasifs pour convaincre dans un premier temps Ranjit, qui devra ensuite passer une succession de coups de fil.
Et ce n’est pas gagné ! Car si nous avons bien confirmation qu’une telle règle n’est que le fruit du zèle des policiers locaux, et que ni leur hiérarchie, ni le Ministère de la Santé n’a émis ce genre de préconisation, ça bloque.
C’est sûr qu’il n’y a pas de procédure pour ce genre de cas.

Nous aurions pu nous carapater « byebye, on se barre », mais nous ne voulons pas créer d’ennuis à notre hôte qui se démène pour nous « libérer ». Et dire que l’aéroport n’est qu’à une vingtaine de kilomètres.
Nous appelons l’Ambassade de France, qui nous conseille de quitter le pays au plus vite, et l’aéroport qui nous confirme qu’il n’y a, pour l’instant, aucune restriction de circulation.

Il est 18h quand la police nous autorise finalement à quitter l’auberge.
Prétexte : nous sommes en Inde depuis plus de 14 jours. Ça n’a aucun sens…
Nous achetons notre billet d’avion Kannur-Mumbai. Il décolle à 3h du matin.
On organise un rickshaw qu’il faut rassurer – ça fait plusieurs semaines que nous sommes en Inde et oui oui, les flics disent qu’on peut partir, tu peux donc nous y conduire.

Nous quittons l’auberge au milieu de la nuit, remontant à pieds le sentier qui longe la mangrove, éclairés de la seule lumière du téléphone. Dans le silence de la jungle. On a l’impression d’être exfiltrés.

Le rickshaw traverse le village, et nous sommes emplis de contrariété, de colère et désabusés.
Les gens jouent au foot et boivent du thé, tranquillement, tous ensemble.
C’est donc ainsi que fonctionne la stigmatisation.
À cette exaspération s’ajoute la tristesse et l’impuissance de penser qu’ils ne voient rien venir et que le virus va faire des ravages en Inde.

Une heure de rickshaw plus tard, nous sommes déposés à l’aéroport international de Kannur, aussi clinquant que vide.
En nous voyant, les policiers repositionnent leurs masques… Derrière nous, un petit groupe d’Indiens continuent de faire comme d’habitude. Et ça, ça ne dérange personne.

Lors de la longue attente dans l’aérogare, on réalise que rester à Bombay n’est pas la meilleure solution.
Thaïlande, Corée, Singapour, Japon ? Nous privilégions dorénavant des pays hygiénistes, plutôt que ceux où nous pourrions nous isoler. Nous pensons même à pousser encore un peu plus loin. Et pourquoi pas la Nouvelle-Zélande – encore la plus épargnée par la pandémie – qui hante nos envies de voyage depuis si longtemps.
Nous entamons nos recherches, et discutons avec nos amis déjà réveillés en Extrême-Orient et en Océanie afin de rassembler le plus d’informations possibles.
Nous ne recevons que des messages chaleureux. Parfois impuissants, mais toujours accueillants.

3h plus tard, nous embarquons dans un avion à moitié vide et nous nous installons en retrait des gens, eux assis côte à côte, toujours aussi grégaires. Et ça, ça ne dérange personne.

1h30’ plus tard. Bombay.
À notre arrivée, nous nous prenons un café, et patientons avant de rejoindre Lower Parel et la toWoWer des copains au point du jour.
Michael nous attend, et nous accueille d’un grand verre de jus multivitaminé super-boost (les 3C) à la main.

Nous pensions passer deux ou trois jours à Bombay, pour nous reposer de la pression des dernières heures et assouvir notre fatigue.
Mais un sentiment d’urgence grandissait en nous.
Notre journée matinale s’enchaine sur fond de recherches intenses des pays encore accessibles.
Nous contactons les consulats de la Nouvelle-Zélande, de Singapour, de l’Indonésie, de la Thaïlande.
Les frontières se ferment les unes après les autres, ou le risque de nous voir rejeter à la frontière n’est plus du tout négligeable.
Seul le Japon semble encore ouvert.
Un coup de fil au consulat de Bombay nous le confirme.
On contacte notre copain Takahiro (rencontré en Iran, Ouzbékistan, et Chine) qui est maintenant au Japon, ou Takako (qui travaillait chez EP avec nous en Chine). On les questionne, on se renseigne.

À 11 heures, on pense donc voler pour le Japon.
Il ne faut pas tarder. Nous sentons l’urgence grandir.
La décision est compliquée. Nous voyons ce départ pour le Japon comme une dernière carte à jouer.
Quitte ou double.
Non pas que nous ne voulons pas rentrer en France, nous avions acheté nos billets pour mi-avril (ceux qui ont été annulés et dont le chemin de croix pour nous faire rembourser va commencer, mais ça c’est un autre problème), mais on imaginait ce passage en France riche en embrassades et en partages. Et ce n’est pas ce que les prochains mois nous promettent.
Nous réfléchissons à des possibilités de confinement en France, au cas où nous ne puissions toutefois pas entrer sur le territoire japonais.
[Nous recevons un grand nombre d’invitations chaleureuses, des appartements laissés libres, des chambres isolées… (à tous, merci)]
Tout se bouscule dans nos têtes.

À 15 heures, nos billets sont achetés.
Nous sommes épuisés. Nous nous octroyons de micro-siestes agitées. Brice se réveille ahurit, paniqué un court instant, ne sachant plus où il se trouve.
Est-ce un cauchemar que nous vivons ? Toute cette crise à l’échelle du monde, ce n’est pas possible ?
À 20 heures, nous quittons Michael après un superbe repas, au cours duquel nos esprits parviennent à s’échapper dans la bonne humeur. [Merci beaucoup Michael !]

Ce départ semble comme une fuite, une course contre la montre.

Dans le taxi qui nous mène à l’aéroport, on note que les panneaux publicitaires ont tous été investi par les messages de propagande sanitaire.



Nous apprenons que le transit via Singapour pourrait dorénavant être interdit. Tout va si vite.
Notre vol pour Osaka fait escale à Singapour…

À l’aéroport, il n’y a pas grand monde. Nous passons par le bureau de la compagnie aérienne pour savoir si nous pouvons toujours embarquer.
Pouvons-nous faire escale ? Oui nous sommes français, mais nous ne sommes pas allés en France depuis presque 2 ans. En Inde depuis 3 semaines.
Les questions s’enchainent. Elle nous demande un billet d’avion de sortie du Japon. On achète un énième billet en dernière minute, pour la Corée. Dans 3 mois. C’est le moins cher et de toute façon, il sera peut-être surement annulé.
Nos papiers sont en ordre, après une heure d’attente la courageuse assistante au comptoir nous confirme que nous pouvons embarquer.

On enregistre. Nos sacs partent sur le long tapis roulant pour prendre place dans la soute de notre super jumbo. Nous passons l’immigration. Le tampon de sortie est apposé. Nous ne pouvons plus faire marche arrière.
La peur s’invite, l’angoisse et le doute de la décision que nous venons de prendre grandit.L’aérogare est vide.

Nous embarquons dans la nuit.Lors de ce vol, nous nous sentons hors de la réalité et de la situation mondiale dans notre avion quasiment plein. Les hôtesses, si elles portent gants et masques nous servent comme à l’accoutumé. On en vient à se demander si nous ne rêvons pas éveillés.

Nous dormons 2h, et atterrissons tôt dans la matinée équatoriale de Singapour. Nous y avons 7h d’escale.
Nous les passons à nous reposer sur des transats, organisant notre potentielle arrivée à Osaka – après être passés par une volière de papillons, pause lyrique et relaxante de ce voyage trépidant.





Le vol Singapour-Osaka est vide.

Tout au plus une trentaine de passagers. Un film, un plateau-repas servi avec des baguettes, nous arrivons à 22h dans la métropole du Kansai.
Stressés, épuisés, ivres de fatigue et des milliers de kilomètres parcourus. Un bond immense à travers le globe au prix d’une paire de tonnes de CO2 – nous qui prenons rarement l’avion.

Nous sommes accueillis par des courbettes et larges sourires – derrière des masques – qui nous invitent à rejoindre les comptoirs d’immigration déserts.
Contrôle de température, un coup d’œil à la caméra, prise d’empreintes digitales, aucune question et un coup de tampon.
Nous voilà détendeurs d’un visa de 3 mois.
Nous ne nous attendions pas à ce que cela soit si simple.
Bienvenue au Japon !

Nous n’en revenons pas.
Nous n’y croyons pas.

Il aura fallu cette situation de crise pour nous faire rejoindre le Japon, destination que nous nous étions donnés de visiter en Décembre 2014 alors que nous quittions la France pour bourlinguer.

Nous récupérons nos sacs, encore fébriles, et passons au contrôle des bagages. Les officiers en charge décident de tout ouvrir. Du portefeuille aux sous-vêtements, tout y passe – dans la plus stricte déférence.
Peu nous importe maintenant, nous sommes au Japon !

Un dernier ありがとうございました (Arigatōgozaimashita – merci) à ces officiers gracieux et nous passons les portes automatiques coulissantes surmontées d’un panneau de sortie.
De l’autre côté personne ne nous attend, mais le Japon nous a accueilli les bras ouverts.
Le froid aussi, nous avons perdu 20°C en quelques heures.

Un passage aux toilettes – si propres et dont on réalise qu’il faut avoir fait des études supérieures pour pouvoir tirer la chasse d’eau, on remplit notre bouteille d’eau – froide/chaude/tempérée au choix, on retire de l’argent au distributeur dont les billets sortent incroyablement beaux et bien repassés, nous tentons de faire le tri parmi l’inondation d’information tout autour de nous alors que Mario Bros s’invite dans notre champ visuel. Nous achetons un billet pour rejoindre le centre-ville, parmi les trois compagnies, trente-deux lignes de train, et soixante-sept horaires différents – wifi sur le quai, train propre et silencieux, et rejoignions le quartier de Namba – où un mec fait du break-dance à minuit passée) où nous avons réservé deux nuits dans une auberge (dans un dortoir de 26 personnes – heureusement vide !).
Tout est logique et ergonomique et organisé.


Il est 2h du matin lorsque nous nous couchons, exténués du grand écart que nous venons de faire.
Nous avons quitté l’Inde pour le Japon – les antipodes.

Merci Pays du Soleil Levant de nous avoir accueillis. Nous en sommes sincèrement reconnaissants.

  • Épilogue –

La société japonaise est loin d’être en isolement et de partager la situation angoissante que vit l‘Europe de l’Ouest. Certes, 90% des gens portent un masque, mais la population n’est habituellement pas prompte en effusion de gestes d’affection et d’embrassades. De plus, on comprend qu’une partie d’entre eux – les rues nous semblent bien vides, même si on apprend que nous sommes en période de vacances – s’isole de leur propre chef.
Il n’en demeure pas moins que les Japonais se réunissent encore dans les parcs, mangent coude-à-coude dans les restaurants et que nous croisons des groupes de personnes âgées qui palabrent au coin des rues sans pour autant se soucier de la menace invisible du virus.

Pour les protéger de notre potentielle contagion, nous nous sommes trouvés des masques et nous avons quitté, hier 22 mars, notre auberge pour un petit appartement et nous imposer une distance temporaire avec les Japonais.
Par la suite, tout ce que nous choperons, ce sera du Made in Japan.

17 thoughts on “La fuite précipitée

  1. Vous avez dû passer par beaucoup de stress ….! Heureusement vous êtes sortis d’Inde à temps. Quand la « populace » devient menaçante et que la police ne fait rien….J’ai froid dans le dos d’imaginer ce qui aurait pu se passer.
    Ce qui m’étonne c’est que la Japon soit resté ouvert, eux qui ont si peur des microbes ! Mais probablement parce qu’ils ont cette culture de la prévention (port du masque, gels…) et qu’il ont confiance en ça parce que c’est efficace. Exactement ce que nous n’avons pas en France.

    Je suis rassurée de vous savoir au Japon et en plus libre de vos mouvements. Soyez prudents et prenez soin de vous. Yoga, bol chantant…tout est bon pour se détendre et sortir du stress ! Je vous embrasse très fort !

    1. Un exemple : il y avait 3 jours de vacances ici, grand soleil et ciel bleu. Le gouvernement a conseillé aux habitants de rester chez eux si possible… Et bien c’est ce que les gens ont fait. Il n’y a pas de confinement imposé, mais naturellement les personnes s’isolent. On verra comment tout ça évolue. En attendant, nous jouons la carte de la prudence! Fait attention à toi tata!

      1. Eh ben ! On avait bien vue l’inquietude mais avec tous ces details ça donne un peu la chair de poule ! Vraiment contents de vous savoir a Osaka !

  2. Sale temps aussi pour les voyageurs ! Vous avez très probablement fait le bon choix, même si de choix en fait il semble bien que vous n’en aviez pas trop: partir, puis entrer au Japon, sans doute à ce jour l’un des pays les plus « détendus » face à la pandémie. Ont-ils tort ou raison ? L’avenir le dira. Je vous souhaite de tout cœur qu’ils aient raison. En attendant portez le mask ! On en trouve là-bas !
    Ici la chloroquine pourrait faire naître de vrais espoirs. Là encore l’avenir nous dira.
    Merci pour vos récits.

    1. Merci Patrice de ton message. C’est toujours un plaisir de voir tes commentaires. Nous verrons effectivement comment les choses vont évoluer ici. Pour le moment, ça semble plutôt maîtrisé. Mais oui. Masques, lavages de mains et tout ça. Et puis les Japonais ne sont pas des personnes riches en effusions. Nous gardons ainsi nos distances ! Bon courage à toi et ta famille. Restez prudents ! Merci de nous lire, encore!

  3. Merci pour le partage de votre histoire assez cauchemardesque. Je suis soulagée de vous savoir dans un pays où ils semblent avoir une gestion bien meilleure qu’en Europe pour se protéger du Covid19. Je crois que le Japon est un des trois pays au monde à avoir un flat curve. Si jamais vous vous ennuyez lors de votre quarantaine, on se fait un Skype, si vous voulez. Je vous présenterai mon chéri et notre maison à Leiden :-))) Bien du courage à vous, stay safe! XXX

  4. Vous avez bien fait de partir les blanc en Inde sont traités comme des pestiférés, les francais ne sont pas acceptés à l’hopital. L’inde et son manque de culture, d’information et de dicernement. On est content de vous savoir au Japon! Prenez soin de vous les amis

    1. Merci Marie de ton message. Même si on sent un peu de rancœur dedans. Nous sommes contents d’y être parti, surtout face à la situation qui s’agrave. Nous avons de la chance et nous mesurons pleinement le luxe de notre décision. Faites attention à vous !

      1. Oh non je ne voulais pas faire passer un message rancunier! 🙁 Je trouve ça triste surtout, et pour moi ça dépasse l’entendement. Vous aussi faites attention à vous! On continue de vous suivre. Gros bisous a vous 2

  5. Récit inquiétant, haletant, incertain, circonstances que l’on ne voudrait vivre jamais !!!
    Vous vous en souviendrez toujours, le cauchemard ne s’oublie pas, je le sais par expérience.
    Dieu merci, tout va bien maintenant, et même si le Japon n’était pas prévu dans le voyage, profitez au mieux de cette civilisation évoluée réconfortante.

    1. J’espère que l’Homme se souviendra de cette période, parce qu’il est important de ne pas oublier pour ne pas reproduire les erreurs… Mais j’espère que nous retrouverons tous l’insouciance et la légèreté des embrassades et apéros entre amis. Faites attention à vous.

  6. J’arrêtais pas de penser à vous… maintenant je sais ou vous êtes !!!

    En France, On est tous confinés comme des sardines en boîte… on en parlait, on imaginait la situation mais on ne savait pas tant qu’on ne l’a pas vécue… des cœurs de villes désertes… Le silence urbain… qui connaissait le silence urbain ?… les petits rassemblements de copains remplacés par des groupes de militaires en bas de chez toi. L’image mentale fait référence à des cours d’histoire d’école… quand on imaginait comment c’était la vie là-bas… le papier pour sortir, la pièce d’identité pour éviter l’amande… et une heure de queue pour les grands supermarchés parce que tu fais l’école à la maison et qu’il te faut à tout prix un bloc de feuilles A4 pour ton imprimante… tu te prends à la gueule la mondialisation… ou comment un pingolin bouffé mal cuit en Chine provoque une rupture de PQ dans ton Franprix du bas de chez toi !… les zombies masqués des rues… à Paris, on change de trottoirs pour ne pas frôler le passant mais on se sourit comme pour s’excuser… j’ai jamais autant souri à des inconnus… on est tous ensemble dans le même rafiot percé… le pic de l’épidémie vient de commencer en île-de-France… hier 3 potes Infectés… la nappe se ressert… alors on compte les jours qui nous séparent de nos bisous… on est latin, merde !!… on compte à l’envers un curseur qui commence à 14… on pense à nos parents… putain. On sait qu’on ne doit plus rien toucher, moquer les poignées de porte, bannir les codes à pianoter, non tu n’auras pas mes doigts… éviter les espaces réduits, on s’interroge pour les ascenseurs, On contorsionne des stratagèmes pour échapper au petit bouton qui nous nargue pour sortir de l’immeuble… on devient très habile du coude, du pied, de la manche, du dos…
    on nous parle d’un virus qui peut rester actif 3 heures dans l’air sans personne, on nous dit de ne plus toucher nos courses achetées en supermarché parce que tout est suspect… parce qu’on ne sait pas… on nous dit que ça s’attrape comme ça dans l’air comme un bisou volant et que finalement les masques ne servent à rien et que ça tombe bien puisque de toutes façons y en n’a plus !… on nous dit que c’est grave, on nous dit qu’il n’y a pas de médocs, on nous dit qu’il n’y a plus de gel hydroalcoolique, On nous dit que ça va très vite, on nous dit qu’il n’y a plus d’alcool à 90, on se dit qu’il nous reste la vodka, on nous dit que le virus mute, on nous dit qu’ils sont en train de trouver un traitement, on nous dit que les jeunes meurent, on nous dit qu’il est partout, on a parfois envie de lécher les murs pour dire merde a ce putain de virus… on entend tout, on nous dit qu’on ne sait pas tout…

    Marion, Brice, restez planqués, faites des courses, mettez des gants, achetez des masques et restez planqués, ne touchez plus à rien et laissez la vague passer… triez vos photos, comptez les étoiles, rafistolez vos godillots, comptez vos cheveux, mais restez planqués qq mois le temps que ça passe… Parce que finalement 2 mois c’est pas long dans une vie, et puis c’est joli 2 mois, c’est les grandes vacances de l’enfance…
    Ça va bien se passer… parce que ça ne peut pas être autrement… on est cachés mais on veille…

    je vous embrasse fort et prenez soin vous.

    Frédérique

    1. Merci Fredo pour ton beau message. Tu devrai écrire plus souvent, c’est trop bien de te lire!
      De notre côté, je pense que les choses vont aller. Enfin c’est ce que je me dis.
      Mais je me dis aussi que ça va aller en France, en Europe et dans le Monde…
      Et comme tu dis..deux mois, c’est quoi deux mois dans une vie?
      Prends soin de toi, bois un peu de vodka mais pas trop, et respire. Ça va aller. Je t’embrasse fort!

  7. Ah sacrés indiens, ils sont dingues, vous avez dû flipper… Restez bien au frais,sous les cerisiers japonais, et prenez soin de vous ! On vous embrasse !

  8. Coucou les amis !
    Quelle aventure dans l’aventure, qui heureusement se finit bien…
    Profitez bien du Japon, si je puis dire. Je crois que la principale leçon que l’humanité doit tirer de cette crise du Coronavirus est que l’Homme n’est pas immortel, la nature aura tjrs le dernier mot.
    Il convient donc de vivre plus dans la recherche de la symbiose et de l’équilibre, et, pour nous pauvres petit êtres vivants intelligents, vivre chaque moment de façon « utile », comme si c’était le dernier. Et ça, la bourlingue le fait à la perfection !

    Prenez soin de vous.

    Gros bisous.

    PS : Fuck la stigmatisation, les préjugés, la désinformation, l’ignorance, sources de tous les maux entre êtres humains !

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