Auteur : en-bourlingue

Au clavier Jean-Michel

Le YangZi Jiang a coulé sous les ponts et résumer ces deux dernières années est tout bonnement impossible.
Elles ont été riches et bien remplies.
Nous avons fait de magnifiques rencontres, des âmes chères nous ont quittés, et de nouvelles sont nées.
Nous avons voyagé un peu, vécu des galères et la routine et nous nous sommes aussi bien marrés.

Disons que le travail nous a pris plus de temps que nous le pensions.Et quand nous relisons l’article envoyé à notre arrivée en Chine, on réalise que nous avions peut-être été présomptueux en nous lançant les « défis » alors énoncés.

Certes, on a appris un peu de Chinois, mais notre niveau est loin de celui espéré.
Disons qu’on peut commander notre bol de nouilles, choisir une couchette molle dans un TGV, demander au chauffeur du Didi de baisser la clim’ et le féliciter de sa belle voiture, acheter des fruits et expliquer que, oui on sort du travail, et que non, on n’a pas encore mangé.
Et alors question lecture… on est encore loin de nos 2000 sinogrammes requis pour lire le journal !

Quant au permis de conduire, certes on l’a eu – d’aucune du premier coup – mais quelle source d’énervement de conduire en Chine :
entre la conduite imprévisible des autres usagers,






et le mécano’ qui ne répare ce qu’il veut et pas forcément comme on le voudrait…

Évidemment, la Chine que nous avons vécue a été difficile à vivre et à supporter au quotidien. Il a été compliqué pour nous de nous y intégrer. Le boulot a été intense et prenant, fatigant parfois, éprouvant souvent, laissant peu de temps pour nous.
Heureusement, entre amis/collègues, nous nous sommes aidés, nous nous sommes épaulés quand l’un venait à flancher.


Nous avons pris le temps de se connaitre les uns les autres et à vivre ensemble. Des apéros sur le toit-terrasse, des soirées films ou jeux, Fifa et Rocket League, un curry, des lasagnes, du fromage rapporté de France, tout était propice à se retrouver et partager avec les seuls copains autour de nous.


Les relations avec nos collègues chinois ont été plus distantes qu’escomptées.
Serait-ce dû à la différence culturelle ?
Cela n’empêche en rien d’avoir été très souvent aidés, et parfois invités comme ce fut le cas lors de deux mariages.

Ces deux années ont été chouettes.
De l’escalade,










des balades, des fêtes, de l’embonpoint… 

C’est toujours cool de pouvoir se faire des potes, comme c’est aussi difficile de les laisser derrière soi.

La sédentarité nous a permis de retrouver du confort, alors que l’isolement nous a bridé dans nos envies et dépenses compulsives – pour certain. Heureusement TaoBao est là. On trouve tout sur TaoBao : de l’huile d’olive et de la crème fraîche, des chevilles à béton, des nœuds papillon en bois, des places de spectacles et des points de permis de conduire… de l’alcool ou de la colle à papier peint.


Dans notre hameau, et les villages alentours (30000 à 100000 habitants, un village oui), on ne fait pas dans l’éclectisme ou le raffinement, notamment en matière de restauration.
Nous y avions nos best bui-bui à l’heure du déjeuner : que ce soit au muslim, au sleepy pork, au forty ou au ChongQing, nous étions toujours bien accueillis, grands sourires, petites attentions aux clients réguliers que nous étions. Piquant pour Brice et cacahouètes en extra, la soupe pour Marion, sans l’ail mais avec la coriandre. Bref, de vrais habitués !

Mais les options étant limitées, nous étions ravis de nous faire des escapades à ShenZhen pour une Pizza 4 fromages – supplément fromage, ou à Hong-Kong pour un bol de ramen ou de cuisine occidentale.

ShenZhen étant à 1h30 chabuduo de route, nous y passions quelques week-ends, pour y faire de l’escalade avec les copains suivi de soirées arrosées…

Parfois on poussait un peu plus loin jusqu’à découvrir l’agréable cadre de vie de ZhuHai – de l’autre côté du delta de la rivière de Perle –


et y faire de nouvelles rencontres lors de soirées arrosées (bis). (embonpoint on a dit…)… et pourquoi pas Macao pour un Grand-Prix



ou GuangZhou pour les élections ou une soirée à l’Opéra.























La proximité d’Hong-Kong nous a offert une échappatoire souvent rédemptrice.
La communication y est beaucoup plus aisée et les comportements plus proches des nôtres – liée à la culture occidentale du territoire.





On en a profité pour retrouver plus souvent Kim et Jonathan et partager plus de temps avec eux et Linh-An. Une belle rencontre, beaucoup d’aide et d’accompagnement de leur part, et un fabuleux mariage dans la baie d’Halong au Vietnam en juillet dernier – juste pour un week-end. C’est pas hyper classe ça ?
Des paysages magnifiques, des nouveaux copains, des activités à n’en plus finir, de la pluie beaucoup et un coucher de soleil superbement coloré pour peaufiner le tout !




Pendant notre séjour chinois, la maman de Brice nous a rejoint pour deux semaines d’émerveillement culinaire et de consommation frénétique – de sa part.









Lors de sa désormais habituelle visite du 1er Mai (à Istanbul ou à Canton), on a retrouvé Stif à Hong-Kong,…







… tout comme Pierre et Vincent pour deux week-ends de balade, conférence et costume sur mesure.








Un GaoTie en couchette molle pour retrouver Pitch et Mixy lors d’un week-end culinaire à ShangHai.










Nous avons profité d’être en Asie pour voyager un peu – loin des « Chinois ».
Oui, nous n’avions pas anticipé que la société du mainland nous fatiguerait aussi précocement.
Aussi lorsque des vacances se profilaient, nous en profitions pour nous échapper.

Nous sommes partis faire une semaine de plongée dans les fonds marins de la polluée Mabul, à Bornéo, en Malaisie. La tête sous l’eau pendant une semaine, à ne faire surface que pour quelques bananes frites ou thé glacé.












Nous avons profité pour découvrir un peu les Philippines et sa population joviale.
Nous avons adorés nos escapades dans cet archipel, que ce soit dans la région de Cebu, du Mindanao ou du Negros…













Nous nous sommes même projetés à devenir propriétaire sur la charmante île de Camiguin, au détour d’une balade en scooter, après un délicieux plat de kinilaw – poisson cru assaisonné de citron et oignon frais.
















On a été voir « l’autre Chine », Taiwan de son surnom, et la petite ville de HuaLien située sur la côte orientale, accompagnés d’Adrien et Damien.
Quelle différence entre Taiwan et la Chine Continentale.








L’Histoire n’est pas la même, le « pays » est plus développé, sans pour autant avoir négligé sa culture chinoise qui y est bien plus riche, présente et plus authentiquement ancrée qu’en République Populaire.

Enfin, nous sommes retournés à deux reprises à Bangkok, chez les Chats.






Comme toujours, grand plaisir de retrouver les copains, les song-tao et les épices du coin. Même ZamZam fera partie du week-end. Flémard cette fois-ci, il est venu en avion de Paris.



Mais voilà, il était temps. Ces deux années ont été rudes.
Les évènements nous ont fait réfléchir à ce que nous voulons et ce que nous ne voulons pas.
Et finalement, l’environnement a été un catalyseur de ce ras-le-bol global.



Vivre à ShenZhen ou à ShangHai ou dans n’importe quelle autre localité plus « civilisée » n’aurait surement que fait reculer la date fatidique de notre besoin de partir.

C’est ainsi que nous avons donné notre démission.
On a fait une dernière fête avec nos collègues, avec nos amis.

Nous avons fait quelques cartons qui rentrent en France, sans nous. 
Nous on remplit de nouveau notre sac-à-dos !

En traversant les paysages champêtres pour la dernière fois sur cette route que nous empruntions tous les jours, le cœur est lourd.


Nous savons que nous faisons le bon choix et que ça sera bien aussi.

Tout ceci va s’alléger et se décanter rapidement.

Première étape : Guangzhou – à 2h30 de bus.  加油 la bourlingue!

… to be continued

 

Cet article est un peu fouilli. On fera mieux la prochaine fois.
Ça se bouscule dans nos têtes, rien n’est bien clair et il est difficile de faire ressortir l’essentiel, tant cette expérience a été riche.

Cette ligne droite – administrative – est d’autant plus compliquée qu’on n’en voit pas clairement le bout.
On ne peut pas expliquer de quoi seront fait les mois prochains, parce qu’on ne le sait pas.
Si en février 2014, nous savions à peu près où nous allions (enfin, on pensait le savoir : on attend toujours le Japon pour manger des sushi), cette fois-ci nous sommes dans le flou.
C’est évidemment un dilemme de riches oisifs : les tentations sont nombreuses, les envies tous azimuts et les combinaisons illimitées.

En première place du top 5 des idées trop bien :
– la Route du Karakorum entre la Chine et le Pakistan
Les démarches sont lourdes et la fenêtre météorologique pour en profiter pleinement est réduite. Oui, l’hiver arrive tôt à 4500 m d’altitude
Retrouver l’Extrême-Occident de la Chine et ses montagnes – ces régions que nous avons beaucoup appréciées, avant de traverser la frontière au col du Khunjerab, et d’arriver au Pakistan par l’Est (zone sûre) pour retraverser plus tard, la frontière Punjabi vers l’Inde. Partir ensuite plein Sud et longer la côte pour visiter le Sri Lanka.

On a des étoiles dans les yeux, des fourmillements dans les baskets.
Et là, comme un vieu souvenir qui remonte, on se rappelle du temps des visas, des attentes et des incertitudes et on réapprend la patience, l’inconnu et le rythme lent – alors qu’on s’était habitués à ce pays qui vit à 1000 à l’heure et où tout doit être fait « pour hier ».

À la dernière mise à jour : après quelques péripéties, nous avons tous les deux un visa indien.
Il ne nous reste « plus qu’à » faire la demande de visa pour le Pakistan. Demande pour laquelle il manque encore le papier #CR384, et la copie du papier que personne ne connait, que notre agence de voyage locale (obligatoire pour dégoter un visa) doit aller chercher à Islamabad et faire signer par le notaire, mais pas le lundi parce que la secrétaire n’est pas là, et que la semaine prochaine est partiellement fériée. Qu’entre temps, le guide est parti en trek, le consul est en vacances et l’imprimante est cassée.

Donc là, on attend.
Mais nous sommes plein de ressources et d’idées et on des plans B plein le sac !

 

 

2018

XinNianKuaiLe!!!

 

Bonne année 2018, qu’elle nous apporte plus de bonheur et bonnes nouvelles que 2017…

On promet aussi d’être plus prolifique!

Xiamen Amen Amoy

Ca faisait longtemps qu’on en parlait, mais le rythme dense de nos semaines de travail, la chaleur de ces derniers mois de mousson, les typhons fréquents dans la région, et simplement la fatigue nous on fait repousser et repousser et repousser notre premier petit voyage à deux en Chine depuis notre arrivée(!)
Mais ça y est, on va se faire une escapade à Xiamen. C’est à environ 600km de chez nous, ça sera parfait pour un court week-end “ailleurs”.

Xiamen, est une “petite ville” de 3,5 millions d’habitants située dans la province du Fujian, île urbaine posée le long du détroit de Taiwan. Oui, Taiwan n’est qu’à 130 km d’ici, juste en face et c’est d’ailleurs ici que les bateaux partent pour ce pays-à-part-entière-dont-personne-ne-reconnaît-le-statut-indépendant. (Sujet tabou parmi tant d’autres en Chine)

C’est ainsi que 2 semaines avant – oui, il faut prévoir en avance dans cette Chine où les places dans les trains sont toujours très vite pris d’assaut – nous partons acheter notre billet de train.
On regarde sur un site – en anglais -, on s’organise, on note le bon numéro de train et hop, on se dirige vers le minuscule bureau des tickets à Xinxu. (pour rappel – la gare ferroviaire la plus proche est à 45min de voiture).

Serait-ce notre sédentarité ou la vie ici qui nous fait perdre un peu la confiance qu’on avait acquise en voyageant, mais acheter ce billet, sans demander l’aide de nos collègues ou de quiconque d’autres ne nous paraît plus si simple.

Parce qu’on sait qu’on ne va pas nous comprendre, que le type ne va pas ralentir son rythme d’élocution pour nous aider, qu’il y a aura 15 personnes qui vont hurler autour de nous, passer leur tête entre la nôtre et la fenêtre du comptoir “ah pardon, je ne vous avais pas vu…”, faire une photo et se marrer de notre piteux accent chinois. Mais on tient à rester indépendant. On veut faire et savoir faire.
Alors confiance confiance!

On a de la chance, en arrivant au comptoir, dans une boutique sans porte et sans vitrine, nous sommes seuls. Le gars nous pose bien quelques questions, mais on gère. Et hop hop hop, nous voilà 10min plus tard munis de nos tickets pour Xiamen, aller-retour en train grande vitesse, AC et TV. Le luxe!

Bon, entre temps, on apprend que Brice doit partir en voyage pour le travail à Singapour et en Inde. Donc nous voila de retour au guichet quelques jours plus tard pour avancer notre retour du dimanche soir.

Mais ça aurait été trop simple ainsi.
Note pour plus tard : on ne peut que changer les billets dans une gare.
C’est tout de même dommage pour ce mec dans sa guitoune qu’on ne lui ai pas installé la touche “exchange” sur son clavier.
Nous sommes en mode extra détendu ce jour-ci et l’information passe bien.
Ok, on ira vendredi soir au comptoir avant notre train.

Ca y est. On fait notre sac. Simple, léger, compact.
On rationne le dentifrice, le savon, et les t-shirts – on ne part que deux jours, on portera tout sur notre dos.
On prend un peu de marge le soir pour commander un didi*, et comme c’est vendredi soir en Chine, il y a beaucoup beaucoup de monde, même dans une petite ville du confins et nous allons mettre 1h30 pour faire 20km – et comme notre chauffeur didi ne sait/veut pas lire son GPS, il n’a pas la brillante idée de prendre une route parallèle.

Après 3h de train et 1h de bus – parce que la gare de train est située à 25km de la ville, (on avait oublié ces lointaines gares construites en prévisions d’une extension phénoménale des villes) nous voilà déposés au centre ville de Xiamen.
Il est 23h, mais déjà, on ressent une atmosphère différente de chez nous : l’architecture, l’air, les gens…
600 km à l’échelle de la Chine, ça n’est finalement pas tant que cela, mais ce pays est varié et ces quelques centaines de km nous font déjà nous sentir ailleurs.
Nous sommes définitivement loin de notre campagne du GuangDong.

On marche dans les calmes ruelles de la ville à la recherche de notre hôtel longeant les arcades et observants les quelques petites échoppes encore ouvertes à cette heure tardive.Ces ambiances sont chouettes à découvrir. Ces moments ou le privé de la maisonnée prend le pas sur le public de la boutique.
Bien souvent dans ces quartiers populaires, les gens vivent dans leur magasin, au premier étage au dessus ou simplement dans l’arrière boutique au fond.
Aussi, à cette-heure, s’il y a encore de la lumière dans la minuscule boutique, on sent que les gens se préparent pour la nuit. Quelques tables sont installées en extérieur dans les calmes rues du vieux centre. Les joueurs de cartes ou de mahjong jouent leur dernière partie, et nous, nous sirotons notre jus de fruit frais fraîchement pressé. Relax.

Nous posons nos affaires dans une petite auberge basique. C’est l’esprit bourlingue qui persiste. Ca ira bien pour le week-end.

Samedi matin, à nous Xiamen!

On se sustente de quelques “bouchées-vapeurs à la viande” et d’un grand jus de fruit frais, il y a des étales à tous les coins de rue.
Les mangues sont énormes, les goyaves, papayes, fruits du dragon, oranges et citrons, pommes et melons, pastèques et kiwis. Que de couleurs et de saveurs. On se fait une cure.
Renforcant ainsi notre sentiment d’escapade. De vacances – même si nous n’y sommes que quelques heures.

La ville est touristique, réputée dans tout le pays pour sa qualité de vie.
Une ville agréable à vivre.


Si nous profiterons plus tard des rues calmes, l’évidente attraction touristique de Xiamen demeure le petit îlot Gulangyu.
Si les touristes – les personnes qui comme nous ne résident pas à Xiamen – ne peuvent plus dorénavant prendre le petit ferry traversant le court détroit et doivent par conséquent rejoindre un plus gros bateau plusieurs kilomètres au nord, il n’empêche que les quelques minutes de traversée des cinq cents mètres qui séparent GuLangYu de la ville, sont en réalité un voyage à travers les époques et les lieux.
En effet, à la fin du XIXe siècle, suite à la première guerre de l’opium, les Européens sont autorisés à installer un comptoir à Amoy (ancien nom de Xiamen) sur cette petite île.
L’île demeurée longtemps enclave étrangère a évolué en marge de l’histoire de Chine (ne souffrant que très peu des affres des dernières décennies).

Pas d’automobiles, l’île est terriblement calme.
Si de nombreux touristes s’y baladent ou se prennent en photo, il y a très peu d’artères intégralement dévolue au commerce touristique (comme c’était le cas à LiJiang ou FengHuang). Les gens continuent d’y habiter. On trouve encore des quartiers résidentiels aux étroites rues bordées de riches maisons coloniales, ou d’immeubles d’habitations plus récents, dédiés à héberger les Chinois qui vivaient alors sur l’île.

Si certaines vieilles bâtisses sont quelque peu décrépies, il n’en reste que leur présence dans leur jus est impensable dans ce pays.

Loin du tumulte urbain de la ville, on a sentiment de déambuler dans un autre siècle.

Sur des photos d’époque, on peut voir des familles de colons, entourés de leur personnel chinois, tous en costume d’époque (avant l’abdication de l’empereur: les hommes chinois portaient encore de longues nattes!). On imagine qu’alors il leur avait fallu traverser plusieurs mers et pendant de longs mois avant de rejoindre ce bout du monde!).

Il fait chaud, très chaud.
Néanmoins il souffle cette agréable brise si caractéristique des villes côtières. Légère et fraîche, donnant des envies de prendre le large!… et nous voilà déjà très loin.

Quand nous rejoignons le sommet d’une colline dominant la ville et le continent si moderne, on a l’impression d’être dans une bulle, loin de cette horizon de modernité, de verre et d’acier pourtant à quelques centaines de mètres de nous.Déjà le soleil se couche, nous retraversons le chenal qui nous ramène au présent.Comme souvent dans ces chaudes régions asiatiques, c’est une fois que la torpeur de la journée tombe que les étales et les tables investissements les devantures et les trottoirs.

Le timing parfait pour profiter d’un repas de délicieux fruits de mer pour l’anniversaire de Brice.

Le lendemain, nous privilégions une balade en “ville”, dans la partie historique de Xiamen.
On rejoint dans un premier temps un charmant temple bouddhiste.

Puis la température grimpant, nous allons nous réfugier dans les quartiers populaires.
Les gens semblent y vivre à autre rythme quiet.
On se sent dans “le Sud”, pas de traffic, pas de bruyante moto.

On fuit la chaleur et les brûlants rayons du soleil en cette fin d’été, pour s’engouffrer dans les étroites ruelles du vieux quartier, extraordinairement préservé (dans cette Chine qui a pour habitude de tout “renouveler”).
On comprend qu’à l’ombre de petits édifices bordant ces rues pas plus larges de deux mètres, il fait toujours frais, et nous nous plaisons à prendre la tangente et à nous perdre dans ces dédales de calmes venelles résidentielles.

On y croise une mamie qui fait sa sieste, un livreur poussant son chariot, un papy nettoyant des viscères de porc. Puis la rue tend à s’élargir et mène à un temple ou un marché.

Xiamen a été pour nous un véritable bol d’air frais.
La mer, le confort, la quiétude et les vieux quartiers. Au risque de nous répéter, on souligne que notre expérience à HuaGuo est bien différente de celle que nous aurions en habitant à ShenZhen, à Canton, à Xiamen ou n’importe quelle centre urbain “développé”.
Et en dehors de l’aspect pittoresque et culturel que cette ville nous offre et que nous avons absorbé avec besoin, c’est le confort d’une ville moderne et d’une civilité, qui fait défaut chez nous, qui nous a réconforté à Xiamen.
Ce bol d’air frais n’est finalement pas si loin de chez nous, on y retournera volontier.

 

* didi, c’est le Uber local.
Tu donnes ta position de départ, tu dis ou tu veux aller, et tu lances une demande générale.
Les voitures didi reçoivent ta requête et c’est au premier chauffeur qui l’accepte.
Toi tu ne peux pas choisir ton didi. Mais lui voit et sait ou tu veux aller (cette dernière phrase est importante pour la suite).

Il y a quelques semaines, ils ont eu la bonne idée de faire une version en anglais. Quelle révolution pour nous!

On peut pré-enregistrer des messages pour dire “oui oui, je suis la. Regarde la position gps.” ou “Je suis un loawai.”.
Mais le chauffeur va quand même t’appeler pour te dire ni zai nali? (t’es où?) Et toi de repondre wo zai zheli (je suis ici).
Et ensuite il reparle, et tu lui dis, buhaoyisi… wo bu hui shuo han yuwomen liangge loawai … (désolée, je ne sais pas parler chinois – nous sommes deux étrangers), et il te dit wo ting bu dong (je ne comprends pas).
Alors tu raccroches, tu cherches sa plaque d’immatriculation, il te rappelle, tu redis que tu parles toujours pas chinois, mais que tu es à l’endroit indiqué du GPS, il te dit qu’il te comprend pas et tu raccroches, et tu le trouves et il est content, et tu es content, et il te dit ahhh tu peux peux pas parler chinois….hahaha…

Tu es dans sa voiture, et tu te dis que tout va bien aller maintenant.
Mais… pas toujours
Parce que dans les faits, plusieurs cas se presentent:
Cas n.1 : tu dois aller à Shenzhen – et il faut une plaque d’immatriculation spéciale pour Shenzhen, pour réguler les bouchons lors des heures de pointe.
Donc on monte dans sa voiture, on traverse le village et il dit :
– ah mais tu veux aller à Shenzhen? Parce que moi, ma voiture elle ne peut pas y aller…
Mais pourquoi t’as pris la course alors? Tu croyais qu’on allait changer d’avis ?

Il faut donc descendre de la voiture, annuler la course – par lui et par nous – le compte didi est bloqué parce que à ce moment précis, le réseau beuge…

Cas n.2 : le chauffeur accepte la course, commence à rouler quelques minutes et se rend compte que chez nous c’est loin, qu’il faut payer un extra, que blablabla…
Mais, tu as choisi la course nan?

Cas n.3 : le chauffeur ne connaît pas la route et refuse de suivre son gps et nos explications quand on lui dit mais siiii, on connaît, c’est par là-bas notre maison… on y habite… et lui il répète, je connais pas, je connais pas… et commence à nous expliquer on ne sait pas quoi avant de nous voir descendre de la voiture, un tantinet agacé.

Cas n.4 : le chauffeur trouve que la route est trop petite et s’enfonce trop dans la campagne et décide de ne pas aller plus loin (la nuit surtout, ils ont peur)
Bon ben, une fois, on a finit le dernier km à pied à 3h du matin.

Cas n. 5 : le chauffeur didi ne sait ni lire les panneaux ni son gps. Et là, c’est galère.

Il y a bien sur des cas faciles, sans trop de stress ou de mésaventures, mais d’après nos statistiques en interne, on doit être à 25% des cas.

 

 

 

Yangshuo-ssures d’escalade

Nouvel An arrive. Oui oui, on rattrape doucement notre retard.
On parle bien de la nouvelle année 2017…

En Chine, le passage à la nouvelle année du calendrier grégorien (adopté en Chine seulement sous Mao) n’a que peu d’importance et la Saint Sylvestre n’est guère célébrée.
Le vrai Nouvel An, celui qui compte ici, est avant tout celui du calendrier chinois.

Aparté culture #1
Le Nouvel An chinois marque le début de la Fête du Printemps qui se déroule sur quinze jours et s’achève avec la Fête des Lanternes.
Le calendrier chinois étant un calendrier luni-solaire, la date du Nouvel An chinois dans le calendrier grégorien varie d’une année sur l’autre, mais tombe toujours entre le 21 janvier et le 19 février, lors de la deuxième nouvelle lune depuis le solstice d’hiver, quand le soleil se trouve dans le signe du Verseau.
Vous avez suivi ?
Aparté culture #2
Aussi, et plutôt par tradition, les bébés, à la naissance, ont 1 an. L’âge de l’enfant sera ainsi incrémenté de 1 à chaque nouvelle année lunaire, et non à la date de naissance, comme dans nos cultures.
Mais cette tradition tend toutefois à disparaître.
Aparté culture #3
Il n’en demeure pas moins que lorsque nous demandons à nos collègues leur âge – ou celui de leur enfant, ils peinent à nous répondre, tentant de « traduire » le décompte lunaire en grégorien.

Voilà.
Il n’y a donc bien entendu pas eu de vacances pour ces fêtes de fin d’année.
Ce Nouvel An « grégorien » est tout de fois chômé, mais rien ne laisse transparaitre que 2016 touche à sa fin.
Tout comme la célébration de Noël dont nous réalisons l’échéance proche seulement une semaine avant, lors d’une escapade à Hong-Kong.
En effet, le climat est doux, et les références à cette fête occidentale font défaut.
Pas besoin de souligner là encore, que cette fête n’a aucune signification pour les autochtones.

Nous avons tout de même festoyé un tantinet. Autour d’un bon repas agrémenté de copieuses préparations chinoises, italiennes et françaises, d’un sapin en plastique, de flocons de neige collés aux carreaux et d’innombrables guirlandes électriques. Et c’est ainsi qu’il fut décidé de partir le week-end suivant, celui de Nouvel An, à Yangshuo, ville et région célèbres pour ces imposantes montagnes karstiques : ces pains de sucre qui se succèdent à l’infini dans des paysages dignes des plus belles estampes chinoises.


Nous partons à 8 (les mêmes copains/collègues) en mini-van avec chauffeur (le luxe!) pour un week-end d’escalade. Le voilà notre grand baptême.

Alessandro, qui est le plus expérimenté de tous, nous briefe.
On emprunte du matériel à l’usine, on charge nos sacs et hop, c’est parti pour 8h de route.

La pote d’une amie de la collègue du collègue du pote… nous loue des chambres dans une coloc’. Nous logerons donc dans cet appartement, coincés aux pieds des montagnes.
Nous arrivons dans la nuit (et le froid !) et c’est émerveillés que nous découvrons au réveil ces pics majestueux qui nous surplombent.

La ville de Yangshuo est située dans une étroite plaine qui sinue autour de ces pains rocheux.
C’est dorénavant un haut lieu du tourisme local et international. Les grimpeurs du monde entier s’y retrouvent. Mais la région est aussi riche de grottes à traverser, de rivières à descendre, de chemins de randonnée à arpenter. Bref de la nature, pour tout le monde.
En cette période de fin d’année, autant dire que nous ne sommes pas les seuls. Cependant notre fine équipe trouve ses marques.

Après un petit dej’ copieux pour nous donner tout un tas de bonnes forces, et équipés de nos harnais, chaussures et mousquetons, nous suivons Ale vers le spot d’escalade de la journée.HeMingGuo, notre chauffeur, nous dépose au pied du mur. Cachés derrière une forêt de bambou, au bord d’un étang partiellement asséché, c’est ici que nous entreprenons, avec plus ou moins de facilité et de grâce, de grimper les quelques routes qui s’offrent à nous. On s’élance, rapidement en premier lieu, puis très vite, il nous faut réfléchir. Car on ne fait pas les malins. C’est tout de même très vite très haut.
Ale s’improvise coach, il nous conseille, on s’entraide, et ensemble on cherche la meilleure route. On essaye, on tombe, on apprend, et on remonte.
Grimper à flanc de montagne, même harnaché et assuré, ça paraît simple sur le plancher des vaches, mais ça se corse vite dès qu’il faut trouver une prise assez large pour son pied, avec assez de relief pour y caler ses doigts. Vient alors le moment où, les muscles tremblants, on se retrouve bloqué cherchant à tâtons la prise à laquelle s’agripper du bout des phalanges.
La seule solution est de se contorsionner pour passer au creux des failles, la joue contre la surface minérale. Une fois le haut de la ligne atteint, et la cime des arbres dépassée, on profite de la vue sur ce paysage si particulier.
Une récompense méritée pour les apprentis grimpeurs du groupe, mais de courte durée tant nos muscles sont fébriles. On se laisse alors choir, offrant notre destin à notre belayer, resté au pied du mur tandis qu’assis dans notre harnais, les membres relâchés, nous pendons nonchalamment de droite à gauche, mais fiers d’avoir vaincu nos peurs.On peut enfin retirer nos chaussons d’escalade. Leur taille constamment trop petite nous a fait perdre une ou deux pointures.
On étire ses orteils en éventail, on observe ses mains cloquées… et on y retourne.

Après quelques heures, nos muscles n’en peuvent plus. Je ne savais pas que mon muscle de la phalange de l’index pouvait être courbatu…

Ce soir c’est le réveillon.Nous dinons dans un resto de la rue touristique, table tournante, canard suspendu et autres spécialités locales.On picole on rigole, et on termine la soirée dans un bar, après le traditionnel décompte précédent la nouvelle année.

Au matin, ce sont les yeux mi-clos que nous partons pour une longue journée de rando’ le long de la rivière. Après tout, l’environnement est merveilleux, on a fait 800km, il faut en profiter.
Nous avions étudié le plan et repéré le chemin qui va bien.
Cet itinéraire nous avait été conseillé, loin des sentiers battus, traversant petits villages authentiques et avec un peu de chance on pourrait même apercevoir des pêcheurs aux cormorans.

Bon ça, c’était avant.
Avant qu’un parking ne soit construit pour y garer les bus, que la rue principale du petit village ne soit bétonnée de part et d’autre, que les veilles maisons ne soient (en cours d’être) reconstruites à l’identique mais en « mieux », et qu’une immense porte annonce l’arrivée imminente d’une billetterie !
Bien évidemment les traditionnels radeaux en bambou des pêcheurs ont été remplacés par leurs homonymes touristiques en tubes PVC bleus.
Ben oui, ça aurait été dommage de les peindre pour faire semblant…
Le radeleur – celui qui conduit les radeaux – dirige désormais une embarcation au moteur pétaradant, qui fait fuir poissons et cormorans…Une fois n’est pas coutume, nous sommes attristes et déçus de ces brusques changements. Pour le paysage mais aussi pour les locaux. De petites mamies essayent vainement de vendre quelque artisanat.
Et la pêche ? et ces pêcheurs ? que deviennent –ils ?
Et puis, nous sommes également extrêmement agacés lorsque la gentille dame nous empêche d’emprunter le chemin public qui longe la rive sans prendre de tickets alors que nous, nous voulons pas de « tour en bateau ».
Pas le choix. Comment aurait-il pu en être autrement ?

Tant pis, cette fois-ci, la Chine nous a vaincu.
On ne se laisse pas abattre pour autant.
Après quelques minutes d’amertume partagées, notre équipe bougonne rebrousse chemin, et HeMingGuo nous dépose quelques kilomètres plus loin pour rejoindre le chemin en aval.Le sentier longe la tranquille rivière entre bambou et végétation dense, pavés et potagers. Il serpente le long des berges et de leur grève caillouteuse. Les montagnes sont impressionnantes. Leurs formes coniques invitent à la rêverie. On se raconte la géologie et on s’oublie dans ce décor magique et majestueux.
Heureusement que les détonations des moteurs nous sortent de nos songes d’estampe.

Nous profitons tout de même de ce cadre superbe. C’est beau.
La fine pluie dépose une légère brume sur le décor. Les nuages s’accrochent, s’étirent et gomment les sommets. Les couleurs s’effacent pour créer un camaïeu profond de bleu, vert et marron.
Nous évoluons dans un tableau. Et on se réjouit en apprenant que nous sommes en basse saison.
Lors de la haute saison, le flot des tonitruants esquifs en PVC doit être continu ! On termine notre balade… sur les rotules. Pas facile ce début d’année.

Dernier jour de ce week-end prolongé, et nous rejoignons « Moon Hill » pour une matinée d’escalade.Ce sont les bras encore ankylosés de notre première journée, que nous nous essayons à ce fameux site de grimpe. L’arche béante magnifie la vue incroyable sur la vallée.Bien évidemment, si nous sommes épatés par l’aisance d’Ale à grimper ces faces dénuées de prises, nous n’arriverons pas à la moitié.

Trop pentu, trop long, trop dur, trop fatigués…
Il va falloir le muscler ce nouveau muscle de la phalange !

新年快乐 – Xin Nian Kuai Le – Bonne Année – 

Faguo-ren à Huaguo

Après de longs mois d’absence sur le blog, on ne sait plus vraiment par où reprendre.
Peut-être nous lancerons nous dans des sujets variés de notre vie Chinoise, notre bourlingue de tous les jours. Des récits toujours très subjectifs, descriptifs pour encore une fois faire partager notre vie et surtout poser nos souvenirs sur cet autre monde, cette société aux antipodes de la nôtre, ce pays parfois irritant, souvent surprenant qui évolue à toute vitesse et de façon si hétérogène.
On tentera aussi d’agrémenter nos récits de nos escapades. Il y a Hong-Kong que l’on visite assez régulièrement pour s’échapper un peu et voir des copains, et puis Shenzhen pour escalader et s’échapper aussi… En fait, on aime bien s’échapper, pas pour fuir mais se changer les idées et souffler un peu. Elle fatigue cette Chine. Notre Chine, celle de HuaGuo.
Guangzhou pour ses mets qui nous délectent, ou XiChong pour aller voir la mer,  faire un peu de surf voire même du parapente. Et puis les Philippines pour fêter le Nouvel An chinois, et bientôt Bangkok pour revoir les copains, et tant d’autres endroits encore à découvrir.

Mais maintenant que Brice a réussi son examen au permis de conduire chinois, la voie est libre.On va pouvoir aller partout ! À nous les routes, les Chinois qui ne regardent QUE devant et jamais derrière ou sur les côtés, qui roulent en pleins phares et le nez dans le téléphone !
Une belle et nouvelle aventure s’ouvre à nous.

En attendant ces vadrouilles, bourlinguesques pour certaines, on bosse et on profite du confort d’avoir un chez soi, une maison qu’on installe à notre gout autant que faire se peut.
On trouve pas tout ce qu’on veut, et c’est pas facile de faire comprendre à des ouvriers qu’on voudrait « un peu mieux » quand chabuduo leur suffit, alors on s’en contente, ou alors on cherche a se débrouiller par nous-mêmes… mais là, ça peut prendre du temps…

Voici un petit aperçu. C’est donc ici qu’on habite.– L’article a commencé à être écrit il y a plusieurs mois.
Aujourd’hui, il commencerait par « la saison des pluies s’est installée… ».
Mais on ne va pas se formaliser. De toute façon il n’y a que deux saisons ici.
C’est juste qu’on connaît un peu mieux maintenant !

Reprenons donc et racontons finalement.
« La saison des pluies est terminée depuis peu ». Les températures baissent doucement et la moiteur de l’été disparaît au profit d’une météo douce et accueillante (c’était en Septembre).
C’est dans ces conditions qu’on s’installe dans notre maison, dans cette campagne qui devient la nôtre également.

Alors que les journées de travail défilent, les week-ends sont propices aux escapades.

On s’est acheté des VTT ! Et ouais ! Ils sont fabriqués dans le bas du village-usine (surtout ne pas s’attendre à du bucolique), ce qui permet d’aller visiter l’usine, de choisir la couleur du cadre et de faire régler les freins. Bref, on fait fonctionner l’économie locale et on rencontre les voisins. Bien installés sur nos biclous, on part sur les chemins pentus et accidentés des montagnes qui nous entourent. On suit la route qu’on appelle « du potager », on essaye le chemin à droite du réservoir et puis le chemin à gauche de la petite cabane, on traverse les vergers. On passe au dessus du pont. De l’autre pont et on prend la route du coin. On se fabrique notre carte, nos raccourcis et nos repères.

Il y a le chemin de « tout là-haut » et celui « du bout ». Celui « du chien qui sourit » et celui « des abeilles ».

En ce moment, c’est la saison du miel. Le village bourdonne et butine. Des nomades ont installés leurs campements de fortune et posés des ruches, par dizaines, le long des chemins, sous les arbres, autour des maisons. Le voisin a d’ailleurs ses ruches, qu’il bichonne. Sans gants, sans chapeau ni protection, c’est tout naturellement qu’il soulève le toit de la ruche, entouré de centaines d’abeilles bourdonnantes dérangées en plein labeur. Et hop, il bouge les casiers, réorganise et déplace tout ce petit monde. Tranquille ! Ici, on a donc du miel du village de Huaguo (= fleurs-fruits dans la traduction).

Les poules se baladent allègrement, les canards et les oies barbotent dans la mare ou la boue du ruisseau, les oiseaux chantent, les papillons volent, les chiens baillent et siestent à l’ombre. Pour nous, elle est peinarde cette vie locale et rurale.

Au départ, les gens nous regardaient dubitativement. Et lorsqu’un paysan nous voyant passer nous interrogeait d’un mais, qu’est-ce-que tu fais là ? et Brice de répondre, je rentre à la maison, ses yeux se débridaient en deux billes noir et rondes, Rhooooo, Hui jia ?
Étonné qu’il fût notre paysan ne sachant pas s’il n’avait pas mal compris notre chinois rudimentaire.

Maintenant, les locaux nous reconnaissent et nous saluent… enfin presque tous.
À travers certains, on se rend compte du regard méfiant que quelques un peuvent avoir envers les désormais immigrés que nous sommes.
On est encore loin de pouvoir converser avec nos voisins. Les autochtones parlent un dialecte, ne comprennent pas toujours le mandarin et on prononce différemment les mots.

Exemple :
Le nom du village est HuaGuo – à prononcer RouaGouO.
La France, se dit FaGuo – à prononcer FaGouO.
Mais ici, le H se prononce F. Donc on habite à FouaGouO

D’où les quelques difficultés de compréhension…
(On se dit qu’on fera un post sur l’apprentissage du chinois – nous on apprend le mandarin… puisque c’est la langue dite commune, mais ici, on parle plutôt hakka ou cantonnais)
Et bien entendu, mis à part rOK ou rHello, personne ne parle anglais.

Voilà, donc on s’installe dans cette campagne éloignée et riche en nouveautés. On profite du calme, du silence, de la nature, de l’air qui ne semble pas trop pollué et de l’eau qui vient de la montagne de derrière (bon, on la fait bouillir tout de même).

On vit au rythme des cultures, des légumes qui poussent, se font arroser et couper et fagoter pour être vendus au marché du coin, des tracteurs qui font teuf teuf teuf, du vendeur de viande ambulant qui klaxonne sur son triporteur pour signaler son arrivée au village, des hirondelles qui dansent (là, on est au printemps), des grenouilles qui chantent tellement fort, sans oublier les punaises qui puent lorsqu’elles se font écrasées ou tout autres insectes plus colorés et nouveaux pour nous.

Et puis le village « des fleurs et des fruits », c’est plus petit que tous les villages. Il doit y avoir une toute petite dizaine de foyers, nous sommes au bout du bout d’une route (fraichement bétonnée). Bon, les habitations sont loin d’être jolies et mignonnes. Le fonctionnel prévaut sur l’efficace, l’ergonomique et l’élégant.
Quelques vieilles bâtisses demeurent. Les murs aux enduits ocre délavés et jaunâtres qui s’effritent. Seuls les puissants chambranles en granit des portes restent debout, preuve qu’à une autre époque existaient des techniques locales, remplacées depuis par la brique creuse bon marché et les petits carreaux de céramique symboles du développement uniforme de la Chine post révolutionnaire. Mais on se contente de ces vestiges d’un temps oublié. L’humidité ambiante apporte la mousse et cette couleur si particulière et fraîche.
Les vielles écritures que le temps a partiellement effacé et qui racontent des messages de la Révolution Culturelle, les montants en bois des fenêtres et les portes sculptées, les puits de lumière et d’eau, et les restes de quelques encens et pétards dont l’emballage de papier rouge est éparpillé au sol glissant d’une pierre longtemps polie.

Si on reprend ce texte aujourd’hui, la saison des pluies est revenue.
Des nuages remplis d’eau se vident presque tous les jours et subrepticement, faisant gonfler les cours d’eau du coin. Tout est très vite très mouillé. Mais lorsque que le soleil apparaît, la lumière est pleine de contraste et de profondeur.
Le vert de la végétation brille et le camaïeu émeraude de la nature est superbe.

Les arbres sont pleins de lychees roses, dont la saveur est complément différente de nos lychees « européens ». Il y a les papayes, les bananes, les jackfruits et les longyang. On se régale de pastèques et de fruits du dragon.

Côté boulot, c’est un nouveau rythme et challenge un peu stressant qui s’est installé dans nos vies. Pas simple à gérer, on apprend les rouages d’une entreprise installée en Chine, les bons comme les moins bons aspects. La difficulté n’est pas uniquement dans la barrière de la langue. Les logiques et pratiques sont différentes. Point. Il faut les intégrer et ça n’est pas une mince affaire.

Mais nous apprenons, nous évoluons. Nos « copains-collègues-voisins » forment une belle équipe. Un matelas pour se reposer, une soupape pour évacuer.

On fête Noel ensemble quand rien ici ne nous rappelle que nous sommes en décembre, on célèbre des arrivées et des départsou simplement on prend du bon temps « à la bonne franquette ». Euh, il nous reste quelques pommes de terre, ça vous dit un curry ? 

Dans cette Chine, loin des laowai de la ville, on se satisfait de peu. On prend ce qu’il y a à prendre. Nos habitudes s’installent vite. Avec la vendeuses de baozi du matin, qui parle plus lentement pour qu’on la comprenne, le boulanger-ambulant qu’on retrouve parfois à la sortie de l’usine,le vendeur de pastèque, notre épicerie du coin qui nous remplit nos galons d’eau et notre bouteille de gaz, le petit étale de rue et ses salades de « trucs » épicés.
Il y a la piscine géante et bordée de palmiers qu’on a découvert il n’y a pas si longtemps et qui nous voit très régulièrement maintenant. Et les restos du quotidien donc, qu’on prend toujours autant de plaisirs à découvrir.
Les nouilles muslim du QingHai, les soupes épicées de Chongching, et les mets délicieux et innombrables du Dongbei, Guangdong, Fujian,… tant de régions aux spécialités culinaires variées et développées.

Voilà.

C’est un quotidien simple qu’on essaye de partager et raconter.
Ces premiers mois passés ont été faits de découvertes, d’étonnements, de déceptions, de difficultés, d’agacements, de fiertés, de plaisirs simples et de joies.

C’est notre vie chinoise.
Quelques croquis, plus rares, mais pour continuer à se rappeler encore un peu. Des photos et du blog pour encore partager.

Enfin, nombre d’entre vous savent déjà que le début d’année 2017 a été difficile pour Marion. Pour Brice aussi.
Ce post s’inscrit comme une nouvelle étape dans la poursuite de cette aventure.
Et simplement (mais pas si simplement finalement) dans la lourde acceptation de profiter, vivre, respirer et avancer.
Alors, on va continuer de faire tout ça.
Et tout ira bien.

Tonton Gilles, on va vadrouiller encore.
Papa, étuéoulà ?

2017

2017

Back

Et oui.
En cette fin d’année c’est le retour de la bourlingue.

Pas vraiment la bourlingue comme on l’entend. Pas vraiment celle des molek bringuebalants et des assis durs bruyants, des coraux bariolés et des mosquées aux tuiles bleutées.
C’est plutôt la bourlingue, au sens large. C’est nous, qui vivons en Chine depuis plus de 3 mois maintenant.
C’est Brice et Marion, les bourlingots comme d’aucun nous appelle, qui ne vadrouillent plus tellement, mais qui gardent, on l’espère, un regard curieux sur le monde qui nous entoure.

Alors, on a pris le temps de s’installer, de percer de quelques trous les murs de cette immense maison qui est désormais la nôtre pour y accrocher des étagères et y poser nos vêtements.

Parce qu’aussi ahurissant que cela puisse paraitre, notre garde-robe s’est considérablement étoffée puisque nous avons eu la chance et la joie de repasser en France fin Août.

Oui, c’était il y a 4mois…
Rembobinons.

Le 8 Août, nous quittions Bangkok pour Guangzhou. Nos sacs sont remplis à ras bords de nos deux années et demi de voyage.blog-back-1Ça y est. Nous allons le poser pour « de bon » ce sac.
Notre maison est immense. Quelques 120m2, juste pour nous deux. Même notre lourd paquetage semble minuscule. Mais la vue est plutôt sympa.blog-back-62Nous sommes installés au bout du bout du bout du bout de la route. Une fois notre maison passée, le chemin n’est plus que terre. Nous sommes dans la partie haute du village de HuaGuo, dans le hameau de JiGongTian (respectivement 花果 et 鸡公田, ce qui signifie « fleur-fruit » et « champ du coq »), une quinzaine de bâtisses sans charme sont édifiées.
Nous sommes au deuxième étage d’une des plus hautes maisons. En dessous, un collègue/copain/voisin.

Voilà, dans ce village isolé vivent une trentaine de personnes dont une grosse demi-douzaine de laowai. Nous, les laowai de l’entreprise Entre-Prises.
Un village au calme, comme on pourrait s’en angoisser autant que l’aimer.

Il faut un peu de temps pour s’installer et intégrer ce nouveau paysage et environnement. Il n’y a pas de bus, pas de gare, pas de transport en commun et encore moins de supermarché.
Mais de l’électricité, de l’eau de la montagne et du wifi.

En marge de la rivière, il y a bien une mare avec des grenouilles et des canards.
Autour de nous, des poulaillers, des chiens, des ruches et leurs lots d’abeilles. Et des vergers, des potagers, des cultures et des plantations.
Bananes, papayes, litchi,… La nature autour de nous est belle.

Brice commence le boulot sur les chapeaux de roue.
Il alterne des allers-retours administratifs « à la ville » de HuiZhou pour préparer son visa de travail, il apprend tout plein de choses sur la gestion de projet d’un milieu qu’il est loin de maitriser et s’habitue de nouveau à travailler derrière un ordinateur.
Marion prend ses repères, aussi bien dehors que dedans.

Mais notre premier séjour ici est de courte durée.
Notre visa-touriste n’est que de 15 jours.
Pour nous installer une fois pour toute, il nous faut un visa. Un vrai.
Et pour l’obtenir, la meilleure manière est de le faire à l’Ambassade de Chine… en France.
Et ça se goupille plutôt bien puisqu’ainsi, Brice suivra une formation de deux semaines au siège de la boîte, en France.
En France, genre en France, LA France !
Celle que nous n’avions pas revue depuis que nous sommes partis.
Ce pays qui a subi de plein fouet les affres récentes de notre société et qui nous parait avoir bien changé depuis notre départ.
Notre pays que nous ne lorgnions plus que par la petite fenêtre des informations sur nos téléphones ou par les bribes d’informations glanées ça et là, chez nos familles, nos amis… nous le rejoignons avec un mélange d’appréhension et d’excitation.

Qu’allons-nous (re)trouver ?
C’est ainsi que nous nous sommes bien installés dans un avion pour Paris et pour 3 semaines de « vacances ».blog-back-1 blog-back-2Est-il nécessaire de souligner que nous ne faisions pas les malins à l’aéroport.
Nous nous apprêtions à survoler les pays et les frontières qui nous avions traversés, les montagnes que nous avions pris le temps de contempler, et les plaines d’arpenter. Un raccourci spatial et temporel, qui nous a tenu au corps plusieurs jours après notre atterrissage à Charles-de-Gaulle.blog-back-3

Vendredi 19/08/2016. 05.00 GMT+1, Paris, France : C’est fou !
On sourit bêtement à tout le monde et on salue. Désormais, on peut lire et comprendre tout ce qui est écrit. Les annonces dans le train ne sont plus des krrktchingjatong, mais des phrases intelligibles dont nous comprenons chaque mot. Et les gens nous comprennent.

On retire des euros. Wouah ! Regarde, c’est un nouveau billet non ?
En tous cas, au début, cela nous apparait comme une nouvelle monnaie.

On s’achète un ticket de RER. 10€ !blog-back-4Et comme on ne change pas si vite, on se dit que 10€ c’est le prix d’une de nos journées en Indonésie.
Mais dans nos têtes, c’est un renouveau.
On regarde notre environnement comme on le faisait ailleurs, on observe la banlieue qui file, dans un assis-dur express régional décrépit. Les toits de tuiles rouges, les maisons en pierres et briques, le clocher de l’église, l’horloge de la mairie, les quais, et les gens. Ah les gens… on avait oublié que la France est si colorée. Des blancs, des noirs, des jaunes, des marrons, dans un dégradé de couleurs, de boubou ou de sari
Et nous nous sentons fiers en en prenant conscience.

Notre arrivée matinale dans Paris coïncide avec l’ouverture des boulangeries et la livraison de la petite fromagerie de quartier. Tout est cliché, tout semble mis en scène pour nous accueillir.blog-back-5 blog-back-2 On est contents.
On retrouve Jocelyne, un petit déjeuner de pain et confiture.blog-back-45Et c’est ainsi que va débuter notre marathon famille, potes, bouffe.

Mais avant cela, nous partons à la découverte de Paris, sac sur le dos et appareil photo autour du cou.
Les Parisiens et les Français nous apparaissent beaucoup plus sympas, plus accueillants que nous nous y attendions. Est-ce la belle saison et les rues désertes qui en font des hôtes souriants? Est-ce dû au fait que nous déambulons dans les rues comme deux touristes aux regards ébahis ? Ou peut-être nous plaisons-nous à aller au contact de l’autre ?
Mais cela nous apparait aujourd’hui : Paris est magnifique.blog-back-8 blog-back-6 blog-back-14 blog-back-13 blog-back-12 blog-back-11 blog-back-9 blog-back-17 blog-back-7 Stitched Panorama dscf6116-copier Stitched Panorama blog-back-52 blog-back-54blog-back-55Que c’est beau !

On redécouvre aussi Paris et ses scènes du quotidien : les salles bruyantes des brasseries, l’étroit métro il est petit !  non climatisé, mais il est tellement charmant. Il y a des stations toutes les minutes, des petits murs voûtés aux céramiques astiquées.
Les voyageurs ne sont pas les zombies collés à leur téléphone comme dans le métro de ShenZhen, mais des gens élégants aux styles hétéroclites.

On redécouvre le bonheur de faire du vélo dans Paris, et en plein mois d’août, cela a du bon, seul ou entre amis. Ça a du bon aussi.

à la première gorgée, on doute, mais si, on peut bien boire l’eau du robinet; même en ville elle a bon goût. Et d’ailleurs l’eau froide… est froide ! et ça nous étonne.
C’est intéressant de revoir cette ville que nous connaissions si bien, sous un regard neuf.
Et puis ce territoire.
Que la France est belle !
Tout nous émerveille. Les champs vallonnés champenois, les boulevards haussmanniens frénétiques, les forêts arborées vosgiennes, les fronts de mer ensoleillés de Méditerranée, les montagnes abruptes iséroises, les quais lyonnais, la douce chaleur de l’été, les couleurs de l’automne, les choix de tomates et de fruits, la finesse des saveurs, la variété des produits, les gens et leurs sourires, le savoir-vivre, les terrasses de café, sur des placettes propres donnant sur des rues pavés et sereines…blog-back-18 blog-back-19 blog-back-23 blog-back-21 blog-back-24blog-back-22 blog-back-30 blog-back-29 blog-back-27 blog-back-32 blog-back-31 blog-back-20blog-back-53Stitched Panorama blog-back-33 blog-back-35 blog-back-34Stitched Panorama Stitched Panorama

blog-back-50Stitched Panorama blog-back-58 blog-back-60

blog-back-5 blog-back-9blog-back-61blog-back-12Oui, nous avions oublié tout ça. On avait perdu l’habitude de la regarder.
La France est belle et on comprend pourquoi elle est tant convoitée, adulée, vantée par les touristes du monde entier.

La saison est parfaite. Le ciel est beau et bleu. L’automne s’invite doucement. Ah, les saisons !blog-back-8blog-back-14Les copains s’étonnent de nous voir et puis finalement, l’étonnement ne dure guère.
Les habitudes reviennent vite. Quand on est entre amis, on se connait, on se reconnait malgré le temps et ses changements.blog-back-47On découvre les blablacar, on prend des ouibus, les Téoz de 6 heures du mat’ et des preum’s. Le TGV, c’est pas bourlingue!
On part à Nancy pour une chouette fête de famille. Ah, ça fait du bien.blog-back-25blog-back-26Puis à Perpignan, Lyon et Grenoble.
Ah, ça fait du bien.blog-back-7 blog-back-4 blog-back-46 blog-back-48 Les potes s’enchainent, les retrouvailles et les au-revoir aussi.
On retrouve les uns et les autres changés. Et puis pas tellement non plus. Mais beaucoup aussi parfois.

Tout est intense. Tout va trop vite. On profite, on attrape ce qu’on peut, on s’imprègne de l’amour de nos proches, on s’accroche à ces moments simples. Ah, ça fait du bien.
On raconte, on questionne. On réalise qu’on est parti longtemps et loin…

Ce retour n’est pas si simple à gérer non plus. On se sent également déphasés. On n’habite plus ici. On se sent loin parfois, tout semble pourtant si simple et spontané.
Les allers-retours nous épuisent aussi.blog-back-57

Brice entame sa formation entre l’imposante Chartreuse et la calme Belledonne.blog-back-44 blog-back-42Marion continue de traverser la France (il est tout petit ce pays quand même!).
Mais sa mission visa s’avère bien plus compliquée que prévue.

Voilà que commence le périple administratif, les certificats médicaux qu’il faut faire et qui n’ont pas été faits, les courriers qu’il faut envoyer et qui se perdent, les recommandés, les jours fériés, etc.
Petit à petit, on comprend qu’il va falloir beaucoup plus de temps qu’escompté.

Brice se forme à l’ingénierie des murs d’escalade, et à l’escalade par la même occasion.blog-back-43On enchaine les bonnes bouffes, les apéros et les bonnes bouteilles.blog-back-13 blog-back-6 blog-back-38 blog-back-41blog-back-10 blog-back-3blog-back-28 blog-back-11 blog-back-17On s’engraisse de bonnes choses, nos palais s’en réjouissent, la balance moins.

On visite les uns, les autres. On pense à tout le monde, on n’oublie personne, mais on n’arrive pas à tout faire rentrer.

ça va vite, ça passe trop vite.
On ré-ouvre des cartons, soigneusement stockés dans la cave.
On s’étonne d’avoir autant gardé, nous qui croyions à l’époque avoir pas mal trié.
Alors, on donne, on élague comme on peut et on se refait un sac-à-dos, de quelques fringues et chaussures.
On prend des affaires « nécessaires » … mais après tout, de quoi avons-nous vraiment besoin de plus que ce qui se trouvait déjà dans nos sacs ?

C’est tout de même chargés à ras bords que nous rentrerons au village des fruits et des fleurs.

Brice repart le premier, après presque un mois passé en France. Son visa est prêt avec une bonne semaine de retard. Mais pas celui de Marion.

Il va donc falloir qu’on se sépare. L’avion de Brice l’attend, le travail et la Chine aussi.

C’est ainsi que s’entame une nouvelle aventure.
Marion en France.
Brice en Chine.

Pendant deux mois, Marion refait connaissance avec l’Automne, Paris (merci encore Julie!), le monde de la scénographie et des ticket resto’!
Du temps en rab’ pour profiter des amis et de la famille.
Du temps en rab’ pour essayer de prendre du temps, jusqu’en Belgique!blog-back-15 blog-back-56

Côté chinois, l’immersion dans le monde du travail est subite. Ce train qui va à deux cents à l’heure et auquel il faut s’agripper… pour qu’il continue de rouler.

Ouf ! Les weekends pour décompresser : du surf, des balades sur les îles du coin.

Et les nouvelles amitiés…. ouf ouf ! Avec Damien, avec Ale’, Adrien, Jérôme, Jean-Luc, Diego et Fifa, l’usine et la salle de bière…
La vie en communauté.

Et puis, Marion arrive enfin.blog-back-16blog-back-18On va enfin pourvoir construire un chez soi.
On va enfin pouvoir démarrer ce nouveau chapitre chinois.

 

Note – Tout ça mériterait qu’on s’y attarde.
On ne sait pas trop encore de quelle façon on va poursuivre ce blog.
On trouvait finalement dommage de l’arrêter.
On aimait bien raconter.

Alors, ça ne sera certainement plus de la même façon, mais on continuera peut-être à vous conter un peu de notre vie ici.

Et si c’était un épilogue ?

Si c’était un épilogue ? si la bourlingue arrivait à son terme ? et si on disait qu’on a trouvé du travail ?
Qu’on va se ranger des voitures, qu’on va se reconstruire une petit chez nous confortable…

… ce n’est finalement pas tout à fait faux.
Oui, Brice a bien trouvé quelque chose qui correspond à ses envies, satisfaisant sa curiosité technique et son besoin de rencontre, et qui finalement nous convient bien à tous les deux.
On va aller s’installer, se sédentariser… et commencer une nouvelle aventure.
Après tout, qui a dit que voyager ne se faisait qu’aux grés des chemins ?

Et c’est dans l’industrieuse Chine, que nous allons finalement poser nos sacs.
Au cœur du Guangdong, à quelques heures de Canton, Shenzhen ou Hong Kong.
Plein de choses à voir tout autour. Des aéroports et des gares pas loin pousseront à l’escapade de fin de semaine, et les environs semblent propices à la rando’ à pied ou à vélo.
Le défi de bourlingue demeure dans le fait que la ville chinoise dans laquelle nous vivrons, si elle n’est qu’à 30 minutes du métro de Shenzhen, possède des allures de ville du bout du monde, de « farwest » chinois, aux rues poussiéreuses bruyantes, aux flaques de boues, sans aucune planification urbanistique, et entourée de zones industrielles.
Il y a bien un Mc Do’, un semblant de coffee-shop, un super marché… et puis pour se protéger un peu de la dureté de cette vie chinoise, notre logis sera à quelques encablures du centre-ville, dans un écrin de verdure et de silence parmi les paysans œuvrant dans leurs champs et vergers.
Autant le dire, c’est un nouveau challenge qui s’annonce.Stitched Panorama

Et puis, le plus important, c’est le projet.
Dans ce petit bled se trouve la branche d’une entreprise française de taille moyenne qui fabrique des murs d’escalade (et bien oui, il faut bien que quelqu’un les construise). Une cinquantaine de personnes, 5~6 étrangers… et une ambiance de start-up pour des projets qui pleuvent… on ne va pas chômer mais dans une ambiance chaleureuse, si tout passe bien.

Marion pourrait travailler par mission sur le design des murs – plein de choses à faire sur ce marché qui se cherche – et reprendra le difficile labeur de freelance, prospectant ses missions dans la région.
Mais elle a aussi plein d’idées créatives. Autour du blog, des croquis, des photos.
Et plein plein d’autres encore.

On va apprendre à ne plus tout faire ensemble. On va reprendre notre indépendance.
On va apprendre le chinois, s’acheter un wok et un rice-cooker.
On n’oubliera pas les assis-dur, mais on réapprendra le confort.

Et puis, pour qu’on s’y sente à l’aise, l’équipe là-bas nous a accueillis quelques jours mi-juillet, pour que nous fassions connaissance et choisissions en connaissance de cause. IMG_20160713_133847_1468392084979L’occasion de regoûter au baijiu et de se faire un petit feu d’artifice artisanal. Un séjour étendu pour voir ce que ShenZhen aurait à nous proposer (notamment professionnellement pour Marion), visiter nos amis Cantonnais Taka, Sharon et Carry, et célébrer l’anniversaire de notre chaleureux copain Francis.

Voilà. On ne sera pas trop mal entourés !
On va ici, à XinXu.
Notre visa est prêt.
Notre billet d’avion a été acheté.
Départ le 8 Août.

Dernière semaine un peu rude dans nos têtes.
Problèmes de visa, déménagement soudain et stress lié à cette dernière ligne droite avant notre nouveau départ… Mais on profite des copains autour de l’anniversaire de Mélissa, des pancakes, de la piscine et de la vue sur Bangkok depuis leur terrasse.Stitched Panorama

Et puis il fallait bien que ça arrive.
Pour la dernière fois, on recharge notre sac. Mais cette fois-ci, il nous faut tout ranger : les polaires achetées dans le froid glacial du Yunnan, les longji et sarong du Myanmar et du Laos, les tenues traditionnelles indiennes et indonésiennes, les quelques minuscules souvenirs, cailloux, billes et autres trouvailles de la route. Toutes ces choses que nous avions entassées chez nos amis les Chats.

Nous sommes recueillis en dernière semaine chez François et Mélissa. Une coloc’ super sympa, super simple pour quelques jours.
Merci pour ces moments et cet accueil imprévu.
Merci pour votre flexibilité.

Enfin, bien sûr, Vincent, Clémence, Louise et Joseph, les Chats : MERCI.

Des amis qui vous hébergent aussi longtemps, cela ne court pas les rues.
On libère enfin la chambre.

On s’est sentis bien avec vous. Bien chez vous.
Merci de nous avoir laissés la place, merci d’avoir accepté et supporté cette collocation.
Merci de nous avoir intégrés dans votre famille.

Merci du confort et de l’espace incroyable de la maison.
Merci de la vue depuis le balcon, de la piscine et des soirées au son du chant des grenouilles.
Merci des repas et des échanges, des partages, des films.
Merci des réveils matinaux et des temps calmes.
Merci de cette cohabitation.
Merci de nous avoir compris et acceptés.
Merci de nous avoir conseillés, suivis et accompagnés dans nos démarches.
Sans vous, on ne serait jamais arrivés où nous en sommes.

On vous sera toujours redevables.
On n’aura certainement pas de piscine et on mange beaucoup de riz, mais vous serez toujours les bienvenus !
(et puis, oui, on reviendra !)

Allez, direction l’aéroport.
China, nous voilà !

你好 !
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Cure de campagne et de riz collant

Ça y est. De petits frissons dans le bas du dos se font ressentir, les épaules commencent à s’échauffer. On s’étire, on se prépare.
En moins de temps qu’il n’en faut pour ranger la chambre, notre sac-à-dos est fait.
Nous partons pour quelques jours de vacances, profiter du Mékong et explorer le Nord-Est de l’Isan.

Un bol de nouilles sur une chaise en plastique à la Gare de Bangkok, nous attendons notre train de nuit sous un coucher de soleil enchanteur.IMG_20160726_182241 Stitched PanoramaPas d’assis-dur, ni de condition draconienne et rudimentaire pour nous cette fois, il n’y a qu’un train de nuit AC pour nous mener à Nong Khai.
Heureusement que nous avions prévu les chaussettes, les pulls et les foulards. Ça caille fort dans ces trains frigidaires.

Nous arrivons au petit matin, apostrophés par quelques chauffeurs de tuk-tuk souriants et peu insistants. Une navette sur laquelle est écrit « Laos » attend les voyageurs. Ce pays est juste en face, de l’autre côté du « pont de l’amitié ».

Nous rejoignons à pieds le centre-ville de Nong Khai qui se réveille à peine.
C’est paisible et le soleil du matin réchauffe nos corps encore engourdis.

En déambulant, on organise doucement notre journée, le planning de notre séjour n’est pas encore arrêté. Il y a en effet dans la région plus de sites que nous n’avons de temps pour les voir.
Et finalement, on se dirige vers la gare routière pour prendre un bus qui nous dépose quelques 180 km plus à l’Est, à Bueng Kan.
On a entendu parler d’un temple bouddhiste, juché sur un raide plateau qui se détache nettement du paysage.DSCF5293aIl a l’air difficile d’accès. Pas grave, on va louer une moto.
Mais c’était sans compter l’absence de loueur de motos, et le monopole des tuk-tuk qui en découle (à moins que ça ne soit le contraire ?).
Et pourtant, on a tout essayé : louer la moto de la mamie des nouilles pour l’après-midi, celle de la gérante du seul hôtel de la bourgade, celui des garagistes et du monsieur de l’auto-école.
Non, personne ne veut nous prêter sa moto. Même contre de l’argent.
Dommage… Nous devons nous rendre à l’évidence. C’est en tuk-tuk que nous allons devoir y aller, nous délestant ainsi d’un exorbitant montant.

On se dit que ça ira, c’est à 45km d’ici. Oui, mais en tuk-tuk, la vitesse max’ avoisine les 32km/h. Autant dire qu’on a bien eu le temps de voir le paysage.DSCF5280Mais quelle agréable surprise à l’arrivée dans ce site atypique.
Une fois les acouphènes passés, nous découvrons qu’il règne au temple un calme et un silence d’or. Le rocher monolithique est posé au milieu d’une large plaine du bassin du Mékong.
Suspendue à ses flancs, une frêle et étroite passerelle de bois en fait le tour sur plusieurs niveaux.