Catégorie : Moyen-Orient

Un Tatvan en Auvergne

On quitte Diyarbakır pour Tatvan (à 1640m d’alt.) (oui, on y fera de nombreuses blagues !) et son Mont Nemrut, énorme volcan avec de grands lacs à l’intérieur du cratère.
On prend donc un bus, en début d’après-midi, ce qui nous permettra de contempler l’Anatolie, ses champs secs, et ses jolies collines.

IMG_1074 IMG_1086

On demande au chauffeur du bus de nous arrêter à la gare de train. Comme c’est à Tatvan que le train (qu’on voulait prendre mais qu’il n’y a plus de place) monte sur le ferry pour traverser le lac, on voudrait leur demander les horaires des feribot.
On arrive dans ce qui semble être une gare. Il n’y a personne, ni au seul guichet, ni dans les bureaux, ni nulle part.

IMG_1161On trouve finalement un agent, on discute avec google translate, et il nous dit de revenir le lendemain vers 15h pour prendre le bateau.
On repart donc en direction du centre-ville, contents de se dire qu’il y a un bateau demain, malgré Bayram. (Ça y est, Ramazzan est terminé, maintenant c’est Bayram… ce qui semble être une grosse fête en Turquie où tout est fermé et où tous les Turcs partent en vacances, ce qui veut dire, pour les voyageurs que nous sommes : hôtels bookés, bus bookés, magasins et informations fermés !)

On entre chez un loueur de voiture. On voudrait aller visiter le Mont Nemrut, mais sans voiture, c’est impossible. On décide de se renseigner sur les prix, soit d’un taxi, soit de louer une voiture. Mais c’est Bayram demain, alors pas de voitures…
Il nous invite à s’assoir, on papote un peu, on lui dit qu’on cherche un hôtel pas cher… et finalement, il appelle le pote du pote du frère du pote… On discute avec google translate, et on est embarqué pour l’hôtel de la micro-station de ski du Mont Nemrut (à 2500m d’alt.). !et comme on est sympas (et peut etre un peu relou ou bons en négociations ?), ils décident finalement de nous monter gratuitement. On se laisse porter.
L’arrivée à l’hôtel est étonnante. C’est une « station » de ski, avec une seule piste, un seul télésiège, un seul hôtel…rien d’autre. L’hôtel est vide. Il y a juste le gardien, qui va hyper bien s’occuper de nous ; et nous, dans notre chambre deluxe potatoes, vue imprenable sur le lac Van (sans blague).

DSCF6682 IMG_4557IMG_1107 DSCF6691Petite soirée surréaliste, dans ce grand hôtel vide (il doit y avoir une quarantaine de chambres) juste tous les 3, et nos 2 tomates/salami/labne/pain (ambiance Shining !).

Le lendemain, réveil matinal pour profiter du Mont Nemrut. On part à 6h du mat’, pour grimper en haut du mont (3050m), et descendre ensuite dans le cratère (2250m).
On découvre un paysage tellement différent ! On a l’impression d’avoir fait un détour par l’Auvergne ! Le lac bleu, les collines vertes, les routes sinueuses et juste nous.
Stitched Panorama Stitched Panorama IMG_1129 DSCF6757 DSCF6750 DSCF6743 Stitched Panorama

4h30 plus tard, on est de retour à l’hôtel. Un kahvaltı de paşa nous attend. Et une voiture vient nous rechercher pour nous redescendre en ville…
Jolie parenthèse auvergnate, montagnarde, et un peu irréelle !
IMG_4580

On arrive finalement à la gare, on rediscute avec un agent, lui expliquant qu’on attend le feribot. Les bateaux appartiennent à la SNCF locale, ne transbordent que les wagons des trains arrivant de l’Est de Tatvan vers Van (sans blague). La ligne a toujours été pensée comme telle, voie ferrée – bateau – voie ferrée, c’est marrant ! (on est à Van)
Il nous accompagne de la gare, à la section de triage et à l’embarcadère, on se laisse porter encore une fois.
DSCF6804

Présentation de toute l’équipe du bateau, le chef de gare (et on a même droit à un billet de train !), les deux ingénieurs, les chauffeurs, le capitaine…Etc…
On a totalement quartier libre, on se balade sur le quai, prend des photos, on constate l’ingénieux système pour faire monter les wagons sur le bateau et on juge quel bateau semble le plus rouillés des quatre de la flotte… (on aura le numéro 2)
DSCF6820 Stitched Panorama IMG_1163Puis on largue les amarres avec 1 heure d’avance !
Comme on est les seuls passagers à bord, on est super bien accueillis et pour célébrer bayram, ils nous ont gavés de bonbec’!
IMG_1179On a le droit à un super tour du proprio’ : la salle de commande (avec les radars, la barre, le truc qui fait « gring gring » et qui dit « en avant toute » à la salle des machines…), le pont avec tous les wagons, arrimés de partout…(dur à croire qu’il puisse y avoir de la tempête sur ce lac), la salle des moteurs (avec les deux gros 8 cylindres diesel ; les 3 générateurs électriques, les boites à huile…etc…)… Brice prendra beaucoup de plaisir à « papoter » dans cette atmosphère bruyante, où ça sent le cambouis et le gasoil. Marion aussi (blague -> Van… !). On y boit même un çay, accompagné de poignées de lokum, bonbec’… Bayram oblige.
Stitched Panorama Stitched Panorama DSCF6872 DSCF6866 DSCF6861On finit notre traversée tranquillement, entre balade sur le pont, croquis, photos, étude du guide de l’Iran, contemplation, papote avec l’équipage, et rien…

DSCF6876 IMG_1188 DSCF6887 DSCF6886 IMG_1190 DSCF6900 IMG_1222Cinq heures plus tard, on arrive finalement à Van (sans blague), on observe les manœuvres du bateau pour s’aligner parfaitement avec les rails du quai.
IMG_4605 IMG_4607

Et nous voilà de l’autre côté du lac, pour à peine 24h. Notre train de nuit pour Tabriz (Iran) est le lendemain soir.

Journée glandouille à Van. Marion s’entraîne avec son voile, Brice cherche des cartes de Tabriz.
Iran, nous voilà !

Note : en fonction de la qualité des connections internet, on espère que le blog pourra fonctionner au cours de nos séjours en Iran et Turkménistan… sinon, ça sera comme le mois d’Août en France : relâche !
 

À des années-lumière d’Istanbul

On poursuit notre route vers l’Est en direction de Mardin. C’est une ville en territoire kurde, dans laquelle cohabitent musulmans, chrétiens et juifs.

C’est un trajet un peu « galère », après un bus qui n’arrive pas et que personne ne peut nous dire pourquoi il n’arrive pas. Puis ce bus est finalement un mini-bus déjà plein, et il devait être direct pour Mardin, mais il ne le sera pas. On finira la route dans un autre dolmuş. Et en étant à la gare ce matin à 11h, on arrive finalement à bon port à 16h. Pour 190km ! On prend le rythme. Il fait trop chaud de toute façon pour aller vite !
Mais on n’est pas à plaindre. Le bus est plein de Syriens, qui retournent en Syrie… (on comprendra après qu’on a été déposés dans la ville d’à côté, pour que le bus se rapproche de la frontière à 20km seulement). On discute avec 2 personnes : « Aleppo »,  « journalist bang bang », l’un d’eux garde même le sourire en nous disant que sa ville est sous autorité de l’EIIL… pffff, on se fait tout petit avec notre bourlingue…

On arrive donc à Mardin, par 44°. Et hop, on part à l’assaut des ruelles, des escaliers, des mosquées, des églises ; la ville est construite à flanc de montagne avec vue sur l’immense plaine mésopotamienne entre Tigre et Euphrate.

DSCF6471 DSCF6479 DSCF6524Les maisons accrochées aux collines, avec les toits-terrasses, les paraboles, et citernes d’eau.
Et tous ces minarets et clochers…
Les cloches sonnent, les muezzins chantent…
Qu’est-ce qu’on se sent loin d’Istanbul, loin de nos repères, loin…

Stitched Panorama [000003] DSCF6490 [000013] DSCF6512 DSCF6509 [000024] IMG_4507 [000051] IMG_4513 [000060] [000048] [000018] [000020]

Devant nous, la Mésopotamie, la Syrie et l’Iraq, Babylone n’est pas si loin… c’est tellement paisible ici…
Le temps s’arrête. On est bien.

Le lendemain, direction Diyarbakır, à une centaine de kilomètres au nord de Mardin, capitale du Kurdistan turc. Et il fait toujours chaud, mais peut-être bien qu’on s’y habitue… quoi que !

La ville est entourée d’immenses remparts noirs, et on part, à la découverte de ses ruelles, ses mosquées et églises en basalte. On change encore de style. C’est un peu plus massif, mais le basalte noir et les pierres blanches offrent un joli mélange.

Stitched Panorama DSCF6629 DSCF6638 DSCF6584

Cette ville est agréable. Il n’y a pas grand-chose à y voir, mais nos longues déambulations urbaines nous font découvrir les quartiers hauts en couleurs de la vieille ville ; voir des pastèques de 30kg, de visiter une église arménienne, …

DSCF6647

DSCF6663 DSCF6649 IMG_1049 DSCF6655 IMG_1062 IMG_1057 DSCF6660 IMG_1055 DSCF6659À plusieurs reprises, des vieux papys nous indiquent les passages secrets d’une mosquée ou les rues à prendre.

DSCF6595 Stitched Panorama DSCF6616 DSCF6604 DSCF6620 DSCF6621Il y a, comme d’hab’, très peu de touristes, et on découvre des gens trop contents de nous dire bonjour…

On se rend compte aussi que notre super vocabulaire turc est mis à mal… Et c’est en kurde qu’on nous parle !

Harran grillé

Les bus pour le Sud-Est de l’Anatolie étant pour la plupart complets, on a donc été contraints de se rabattre sur une compagnie de bus de second rang… et surprise ! En arrivant sur le quai, nous étions entourés d’hommes, ouvriers ou paysans… Marion sent les regards appuyés ; il y a à peine une demi-douzaine de femmes dans tout le bus… ça sent pas très bon, car si nous avons eu le privilège de prendre une douche avant notre départ, cela n’a pas été le cas de tout le monde à bord.

…mais la nuit ne sera pas si mauvaise et on arrive au matin à Şanlıurfa.
Il est 9h, mais il fait chaud. Très chaud.

Cette région est connue pour être l’une des plus chaude d’Anatolie ; elle était autrefois aride, mais le projet gigantesque du gouvernement GAP a permis de modifier profondément l’agriculture, améliorer l’économie et la balance sociale dans cette région pauvre de Turquie…. grâce à la construction de plusieurs énormes barrages qui ont, au passage, submergé pas mal de villages.
DSCF6430
Bref, c’est impressionnant de parcourir cette région sèche sillonnée par quelques larges canaux d’irrigation et de nombreux aqueducs. Et surtout des longs champs verts de coton.

Nous arrivons donc à Şanlıurfa ; il y fait si chaud et sec, que ça en brûle les yeux (env.45°…)

DSCF6440On part se balader, bazaar aux senteurs épicées, des grappes de poivrons pendent aux dessus des étals, les échoppes des commerçants sont pleines à craquer ; le quartier des vendeurs de tabac, celui des couturiers, celui des forgerons, ou des menuisiers… cela pourrait ressembler à n’importe quel bazaar de Turquie à ceci près que les femmes sont désormais à 90% voilées ; on s’enfonce de plus en plus à l’Est et les gens y sont de plus en plus conservateurs (on trouve même des universités et des boulevards Erdoğan…) On entre aussi en pays Kurde… et la nourriture commence à prendre du piquant.

Stitched Panorama DSCF6241 DSCF6229 IMG_0835 DSCF6437

Et pendant qu’on se boit des litres d’eau… d’autres font Ramazzan
Et nous, on apprend à transpirer… !

La ville est légendairement connue pour avoir été la capitale du Roi Assyrien Nimrod, et c’est ici que Abraham a failli passer sur le bûché pour avoir discrédité les dieux païens. Mais Dieu, sympa comme tout, ne voulant pas voir son fidèle prophète finir en kebap, a transformé le feu en eau, et les bûches en carpes ; c’est ainsi qu’a été créé le lac aux poissons de balıklı göl.
Et tout un super complexe medrese, mosquées etc… ça en jette, les pèlerins sont nombreux, les touristes turcs un peu moins ; et les étrangers se compte sur les doigts de la main.

DSCF6278 Stitched Panorama IMG_4490 IMG_0850 IMG_0848 DSCF6314 IMG_0869 Stitched Panorama

Pas loin de Şanlıurfa, se trouve l’incroyable site archéologique de Göbekli tepe.
Il s’agirait du plus vieux temple du monde dédié à une quelconque divinité.
Il y a 12 000 ans, l’agriculture n’en était qu’à ses balbutiements, l’écriture existait à peine (on y retrouve des traces des prémisses du sumérien, pensé comme étant la plus vieille écriture du monde), que les hommes du Néolithique ont construit ce site monumental avec des stèles de plusieurs tonnes dressées en haut d’une colline… plus de 6000 ans avant Stonehenge.

DSCF6332 DSCF6334Bon, sur place, la scénographie laisse un peu à désirer, et le nouvel abri déçoit un peu et n’autorise pas à faire de belles photos… mais c’est émouvant !

On a aussi profité de notre séjour dans cette région pour aller faire un tour à Harran, la plus vieille ville habitée en continue au monde (en Turquie !).
Départ très tôt en dolmuş, avec quelques villageois et paysans qu’on déposera en route aux bords des immenses coopératives de coton.
Et on a bien fait de partir tôt : on arrive à Harran à 9h30 et le mercure monte déjà à 38°C. Et puis la ville est certainement une des plus vieilles du monde, mais elle n’a surtout pas été modernisée depuis.
DSCF6358

IMG_0901 IMG_0905 DSCF6384 DSCF6387 Stitched Panorama IMG_0912 IMG_0907On se sent loin ! Des petites maisons en torchis, des routes en terre… peut-être au pays Dogon, ou quelque part en Afrique. Et personne n’a la folie d’être dehors bien entendu.
Là encore, seulement deux voitures de touristes turcs… et nous… on a bien fait de voyager ici pendant Ramazzan… et en plein été !

On trouve aussi les ruines de la plus ancienne mosquée du monde de Turquie…

DSCF6410 DSCF6412 DSCF6420 DSCF6425 IMG_0914La ville est belle. Et dire qu’on est à une quinzaine de kilomètres de la frontière Syrienne.
Cet endroit nous donnerait envie d’aller voir de l’autre côté…

Jusqu’au bout…

De retour à Ankara pour finaliser les visas chinois et ouzbek ! On peut dire qu’on les aura bien mérités ces visas !

LUNDI
Étape 1 de la journée : payer le visa chinois, « Faciiiiile !!! »
On part en direction d’une HSBC (la banque de l’ambassade de Chine) pour y faire un paiement de 60$ pour nos 2 visas chinois.
Une fois à la banque, on apprend qu’elle n’a pas de dollar, on part donc à la recherche d’un distributeur de dollars (en Turquie, c’est assez fréquent de trouver des distributeurs d’Euros, Livres et Dollars). Bien sûr, on n’en trouve pas. On finit donc dans un bureau de change.
60$ et puis s’en vont !

IMG_4475Retour à la banque. La fille commence à rentrer nos noms, et nous dit Do you have a tax number ?
Bah non, c’est quoi encore ce numéro ? On comprend juste qu’on n’est pas turc ou résident, et qu’on a besoin d’un tax number….qui s’obtient au centre des impôts (de ce qu’on a cru comprendre). Dans un premier temps, elle nous dit « c’est à Kızılay »… sans autre indication ; on lui explique gentiment que si nous on lui disait « va trouver le centre des impôts, c’est à Châtelet » sans savoir parler un mot de turc ; c’est pas gagné ; elle cherche donc gentiment l’adresse.

On prend un bus, on cherche, on demande à 10 personnes… pour finalement arriver à 13h devant une fille incompétente, qui nous a trop gonflés, en nous expliquant qu’il fallait notre passeport. « Sauf que notre passeport il est à l’ambassade de Chine, mais qu’on doit payer pour le récupérer et que pour payer, il nous faut un tax number »
Mais elle, elle veut un papier de l’ambassade de chine et notre passeport… Bref, dialogue de sourds…

On repart blasés et forts énervés. On file dans une autre HSBC pour retenter le coup. Elle reprend nos noms, et…rebelote. Tax number. Mais elle est plus intelligente que sa collègue précédente, elle nous envoie au siège social de HSBC, à perpet’ bien sûr !!
On cherche le bus, on monte la rue, on la descend, on demande, … et on finit par prendre un taxi.

12ème étage d’une tour style « la Défense », on se retrouve avec un badge pour prendre l’ascenseur, et un mec de la sécurité nous ouvre la porte du siège social. On y va à tâtons, mais on essaye. On file les papiers, les 60$ dollars, on nous offre un lokum et 2 justificatifs de virement plus tard, nous voilà fiers d’avoir enfin réussi à payer ! et sans tax number, sans numéro de téléphone, adresse en Turquie…! trop simple !
Le mec de la sécurité nous raccompagne, offre à Marion un petit ballotin de lokum, et hop, on s’en va !

Il est 16h, on a juste mis 5h à payer ce visa… on est claqués et on a mal à la tête !

Étape 2 de la journée : acheter un billet de bus pour Şanlıurfa, notre prochaine destination dans l’Anatolie du Sud-Est .
Achat réalisé relativement rapidement, après avoir remonté les 70 comptoirs d’agences de bus de la gare d’Ankara (oui parce que tout le monde a décidé d’aller au même endroit au même moment – la fin de Ramazan approche – et donc plus de tickets dans les grosses compagnies de bus).
On a donc 2 places dans un bus de nuit pour Şanlıurfa, à quelques 850km d’Ankara, soit 12h de bus mardi soir.

DSCF6203

Étape 3 de la journée : acheter le billet de train Malatya (Turquie) – Tabriz (Iran).
On file donc en direction de la gare de train et comme pour parfaire la journée galère, le mec nous explique que son ordi à un problème et qu’il ne peut pas accéder aux réservations…
« Inch’Allah demain »… Ok… Inch’Allah demain

MARDI
Étape 1 de la journée : récupérer notre visa chinois.
Direction l’ambassade pour la 3ème fois, avec notre reçu HSBC. La fille nous reçoit, on attend 5min, et sans un sourire (qu’on aurait su apprécier vu les galères auxquelles on a eu droit avec ce visa), elle nous rend nos passeports, visas collés à l’intérieur et au revoir !
On ressort rapidement, trop contents de cet autocollant et même un peu étonnés. Ça y est, on a 3 mois pour entrer en Chine et pour y passer 30 jours !
Victoire number one !

Étape 2 de la journée : récupérer notre visa ouzbèk, maintenant qu’on a récupéré notre passeport.
Direction en vitesse l’ambassade d’Ouzbékistan.
Le consul nous reconnaît, et nous dit : « problem…bank.. »…
Oh non, ça recommence !
On attend 20 min, Monsieur le consul revient avec un turc ; il nous accompagne nous soulager de nos deux fois 80$ (car lui a un tax number !)
On revient à l’ambassade, et TAC ! 5 minutes plus tard ; le visa est collé dans notre passeport !
Victoire number two !

DSCF6204-1

Étape 3 de la journée : acheter les billets de train pour l’Iran.
On arrive à l’heure de la pause dej’, on nous demande de repasser plus tard, on va donc se faire un tavuk kebap. À notre retour au bureau des billets internationaux (où personne ne parle anglais) on demande nos billets.
Ce train, on en rêve depuis le début du voyage, 36h à traverser la Turquie (depuis Malatya, 3 jours depuis Ankara), le wagon restaurant ; le çay en regardant le paysage anatoliens défiler ; arrivé au lac Van le train monte sur un ferry pour la traversée ; et enfin passage de la frontière dans la nuit et tout… ça nous paraissait super cool…d’autant plus qu’il n’y en a qu’un seul par semaine… le début de l’exotisme !
YOK !… quoi ? comment ? hein ? Y’a pas ? complet le train ? et sur toute la ligne ?…
Nous sommes bien dépités… on aime bien les trains nous (l’un plus que l’autre c’est vrai).
Tant pis, pas de feribot avec le train dessus, pas de çay la tête collée au carreau…

On est déçus, mais on sait rebondir ! Il y a un autre train pour passer la frontière… moins fun, moins long, plus loin à l’Est… mais bon… c’est mieux que rien… et puis ça nous fait arriver deux jours plus tôt en Iran (et comme on a des dates fixes pour l’entrée/sortie en Ouzbékistan et ça nous arrange un peu…)
Et puis, on aime beaucoup la Turquie… mais à un moment, il faut couper le cordon !

Alors voila, récap’ :
Mardi 29 Juillet, départ pour l’Iran ; on pense y passer le mois auquel notre visa nous autorise… mais on verra en fonction des conditions climatiques…
Début du mois de Septembre, passage en Ouzbékistan (sous réserve de l’obtention du visa de transit Turkmène).
Fin Septembre, on entre en Chine par l’Ouest, et le pays ouïgour.

Inch’ allah !

On peut enfin se carapater l’esprit tranquille !
Le voyage reprend, à nous le grand Est !

 

 

 

 

Vacances à la mer

Pour fuir la capitale, on s’est carapaté à 3 heures au nord d’Ankara, à Safranbolu (capitale du lokum !).

DSCF6049

C’est une petite ville, avec de vieilles jolies maisons ottomanes en bois et comme c’est Ramazan, des touristes, il n’y en a pas trop ; et on est contents.

Stitched Panorama Stitched Panorama IMG_0747 DSCF6010On habite dans le quartier historique dans une bicoque ottomane avec du parquet qui craque tout tordu et une mosquée sous notre fenêtre (ajoutez à cela un muezzin zélé, et vous vous ferez une idée des nuits charmantes qu’on a eu !)
Donc jolie petite bourgade, des vieilles maisons, dans des petites ruelles pavées.
On a retrouvé l’habitude des çay-croquis-tavla. Et on s’habitue à marcher en plein soleil à 13:00 par 37°… (Iran, on arrive !)

DSCF6046 DSCF6008 DSCF6010 Stitched Panorama IMG_0752 IMG_0763 IMG_4446

Puis on a rencontré Manuel et Nathalie et Jules, trois français en vacances et avec qui le courant est bien passé ; ensemble nous sommes allés à Amasra au bord de la mer Noire.

DSCF6093DSCF6079 DSCF6086Une jolie petite île plus ou moins fortifiée au bout d’une péninsule…
Autour de la ville, les montagnes, les arbres, c’est vert ; et on s’y baigne. Très peu de touristes étrangers, encore une fois plutôt des locaux.

IMG_4463 IMG_4466 Stitched Panorama DSCF6108 Stitched Panorama DSCF6121C’est le dernier bain de mer pour nous avant… avant plusieurs mois ; car nos prochaines destinations sont loin d’être des paradis balnéaires (Iran, Turkménistan, Ouzbékistan…)
Mais on en a bien profité, surtout de la plage ; alors que Marion papotait avec Manuel et Nathalie; Brice et Jules ont construit le plus beau et le plus gros château de sable de toute la plage… et c’était facile car si il y a une forteresse à Amasra, les châteaux de sable sur la plage semblaient hors du commun aux yeux des petits turcs ébahis et de plus en plus nombreux autour de l’édifice à mesure qu’il prenait de l’ampleur (bon… ça reste un château de sable!!) Donc, c’était marrant de voir que ça faisait des émules autour de nous, et que certains enfants venaient nous préter (une toute petite) main forte.

IMG_0784 IMG_0783Bon, Brice s’est récupéré un bon gros coup de soleil « abstrait » dans le dos à cause du mauvais étalage de crème solaire de Marion… et surtout, des énormes courbatures derrières des cuisses ! Et ouais, c’est sportif les châteaux de sable ! (deux jours après il a encore mal)
On passe la nuit à Amasra (à côté de la mosquée…).
On mange du poisson, bord de mer oblige ! Bon, on est déçu…parce qu’en Turquie, on fait frire le poisson! Et le bon poisson tout frais de la Mer Noire, … il arrive frit dans l’assiette en petits « nuggets » !
Et retour le lendemain à Safranbolu.

On en a aussi rofité pour aller visiter un petit village pas loin : Yörük Köyü.

Stitched Panorama DSCF6137 DSCF6156Nous y sommes allés en dolmuş avec des papys et des mamies ; lors du trajet et suite à l’accueil qu’on a reçu au village, on a été très heureux de retrouver la gentillesse, et la bienveillance des Turcs.

Tout le monde répondait à nos bonjours par des sourires et des hoşgeldiniz (bienvenus) ; les petites mamies aux pieds des maisons, le marchand de fruits et légumes, les deux trois passants… Un petit village tout calme.

DSCF6169 DSCF6161 DSCF6146 IMG_0815 IMG_0807En se baladant dans la rue, on est invités chez Osman, un gentil turc du village, à venir visiter sa maison-musée. Il nous offre des fruits, on « papote » un peu, il nous explique la maison, ses grands-parents, … Petit moment improbable ! C’est chouette. On repart le ventre rempli (on a mangé des quetsches !) et un bracelet-souvenir pour Marion !

DSCF6152

On a pris aussi un peu de temps pour préparer notre fin de séjour en Turquie, avant l’Iran. Retour à Ankara dans 2 jours, pour récupérer nos visas Chinois (si tout va bien) et Ouzbék… On vous racontera !

Ankara’f

On se refait donc une jolie nuit dans un bus, direction Ankara.
Au programme : visa pour la Chine et pour l’Ouzbékistan.

On arrive vers 9h à Ankara, notre hôte vient nous chercher à la gare. Trop cool ! (il s’avèrera que c’est peut-être la personne la plus seule qu’on ait rencontrée… ce qui vaudra également de looongue soirée…)
On dépose nos sacs chez Ümit donc, on « papote » 3 min, on se prend un petit café de bienvenu, et on file au consulat de l’Ouzbékistan. On s’était rencardé auparavant sur les papiers à fournir : juste une copie du passeport, une photo (non voilée pour Marion) et un formulaire à remplir. Facile !
On arrive au consulat, on doit remplir le formulaire, mais il n’est que sur internet, on est donc accompagné dans une micro boutique/papeterie. Le patron a un ordi… on doit attendre un quart d’heure que son fils revienne, pour allumer l’ordi et lancer internet… et qu’on puisse remplir notre demande.
Vingt minutes plus tard, toutes les cases sont remplies correctement (bon, on s’est inscrit comme scientifique ! c’était ça, ou retraités ou personnel politique ou chauffeur de transport commercial ou leader religieux ou athlète… le choix des professions est un peu restreint) Va pour scientifique !
On retourne au consulat, et on nous dit qu’on nous appellera d’ici une petite semaine, pour récupérer le visa !

On sort de l’ambassade, content d’une affaire rondement menée. Et on se dirige vers l’ambassade de Chine (qui bien sûr, n’est pas à côté). Il est midi lorsqu’on y arrive, et bien sûr, c’est fermé. Et ça réouvrira lundi (on est jeudi)…
On trouve tout de même le « sous-consul » qui travaille au service des visas et qui nous explique tous les papiers à apporter : copie des passeports, copies des précédents visas chinois, 2 photos d’identité,https://www.youtube.com/watch?v=diZ-yxb7yt0https://www.youtube.com/watch?v=diZ-yxb7yt0https://www.youtube.com/watch?v=diZ-yxb7yt0https://www.youtube.com/watch?v=diZ-yxb7yt0https://www.youtube.com/watch?v=diZ-yxb7yt0https://www.youtube.com/watch?v=diZ-yxb7yt0https://www.youtube.com/watch?v=diZ-yxb7yt0  lettre d’invitation, relevés de compte en banque avec au moins 2500€ dessus, itinéraire détaillé en Chine, copie des billets d’avion, copie des réservations d’hôtel pour la durée du séjour, et …. justificatif de résidence en Turquie !

Et voilà ce qui pose problème ! Depuis peu, la Chine n’autorise plus ses consulats à délivrer des visas aux non-résidents…

On va à l’ambassade de France qui n’est pas si loin à vol d’oiseau, mais deux collines plus tard… c’est la pause déjeuner, bon, il faut revenir à 15h (!?! C’est un banquet ?)
On rencontre alors une dame ; elle nous dit que l’ambassade ne fait plus ce genre de papiers pour ses ressortissants. « Et vous ne pourriez pas nous faire un papier disant que vous ne faites plus de papier ? » …  mais nan, elle ne veut pas…
« Les jeunes, maintenant, vous voulez tout voir, voyager partout »
Ce qu’elle nous conseille plutôt, c’est de « rentrer en France, y faire son visa, et prendre un billet aller/retour de Charles-de-Gaulle pour 3 semaines de vacances en Chine. » … ben oui mais nan… Peine perdue.

On passe le week-end à peaufiner notre dossier chinois, à imprimer tous les papiers soit à peu près un petit centimètre de papier par personne. Mais on va tout de même se balader dans la ville, se boire du çay.
Et lundi matin, à la première heure, on est devant l’ambassade de Chine.
Et on est rapidement refoulé : il nous manque ce papier attestant notre résidence en Turquie. On discute 3 min avec le « sous-consul », et il nous accorde une faveur ! il veut bien se satisfaire d’une attestation de citoyenneté !
On repart donc rapidement en direction de l’ambassade de France, et on demande au poste de contrôle d’entrée, de voir la personne responsable des passeports et tout !
« euh monsieur … comment vous dire, c’est le 14 juillet aujourd’hui »… pfff…ok…on reviendra demain… On avait totalement oublié ! enfin, on savait que c’était le 14, et qu’on était en Juillet… mais bref… On se refait donc une journée glandouille dans Ankara.

Et mardi matin, rebelote ! On part en direction de l’ambassade de France, et on redemande à voir la personne en charge des passeports et état civil. C’est bien évidemment la même que la semaine dernière, elle se rappelle de nous, on lui explique qu’il nous manque juste un papier qui atteste qu’on est français… on la supplie, on lui raconte, on lui fait les yeux doux, … et elle nous dit « ok, je ferai juste un papier qui dit que vous être bien les détendeurs de vos passeports et carte d’identité avec une Marianne » !!
Et voilà ! 15 min plus tard, on repart en direction de l’Ambassade de Chine, tous fiers de notre papier.
La fille de l’ambassade de Chine nous fait rapidement comprendre que notre papier en français, elle s’en fiche, et qu’il faut qu’on aille le faire traduire…
re-pfff…
Elle finit par passer un coup de fil au « sous-consul », et le regard dur et fâchée, elle prend tout de même notre liasse de papier !
Mais que de stress ces visas ; rien n’est encore joué : si on ne reçoit pas de coup de fil de leur part d’ici lundi prochain, on a « le droit » de faire un virement à la banque et de repasser le lendemain chercher nos visas…
D’ici là… mystère!

Bon, on a aussi pris le temps pour visiter un peu Ankara, pas vraiment intéressante cette ville, pas très cohérente, avec des grands immeubles moches, des grandes routes, du trafic, des otobus, des dolmuş, des taksi jaunes, des voitures…et tout ça qui klaxonne.
Marrant d’y trouver cependant une vieille ville avec une citadelle (et une jolie mosquée aux poutres de bois et aux murs de briques qu’on semble être les seuls à connaitre)…DSCF5885 IMG_0697 DSCF5852 DSCF5865 Stitched Panorama

Et à Ankara, il y a surtout Anıt Kabir : le mausolée d’Atatürk !
Les statues et monuments sont sobres dans la veine de l’architecture de la fin des années 30, des murs lisses, de la pierre nue, aucune fioriture ; mais de grandes colonnes qui s’étirent vers le ciel ; et dans l’ombre – comme pour contraster avec la luminosité intense de la vaste esplanade vide au dehors – on tombe dans un sanctuaire républicain aussi haut que large où trône un énorme cénotaphe de plusieurs tonnes. Avec inscrit sur les murs des discours de Mustafa Kamal, le père de la Turquie moderne.

DSCF5916 DSCF5972 IMG_4395 DSCF5951 Stitched Panorama Stitched PanoramaIMG_0717 IMG_4378https://www.youtube.com/watch?v=diZ-yxb7yt0https://www.youtube.com/watch?v=diZ-yxb7yt0https://www.youtube.com/watch?v=diZ-yxb7yt0Les enfants en T-shirt Atatürk se font prendre en photos, à la boutique souvenir, on trouve de tout : porte-clés, cravate, cahier de coloriage, pendule… ça nous rappelle un peu le mausolée du Mao-mort à Beijing… mais avec un tout petit peu plus de goût. Puis un musée qu’on ne parcourra qu’en partie, pour voir le chien empaillé d’Atatürk, la voiture d’Atatürk, les livres que lisait Atatürk, lui sur son bureau, lui qui regarde au loin, lui avec sa toque sur la tête, lui en cire pour les photos… Tout ça avec une lumière tamisée pour ajouter à l’aspect solennel. Nous ça nous fait quand même rigoler ; tout comme les petits soldats qui montent la garde sans bouger dehors en plein soleil avec leur casque en plastique, qui crient et qui marchent au pas – Marsouin !

IMG_0706 IMG_0708 IMG_0709 IMG_0710 DSCF5953 IMG_0713

Hop !
Nous on se barre en vacances, on quitte Ümit, direction Safranbolu, puis le nord…Et on croise les doigts !

Note : Pour tout le fan-club de Bertan (que nous avions rencontré lors de notre premier passage à Istanbul) ; il vit désormais à Ankara, il a trouvé un nouveau job, il va bien, et il se fiance le 26 Juillet !
Ça a été très cool de se recroiser… encore une fois, simple…

On a préféré aller à Batoumi

On s’apprête à entamer nos premières démarches administratives VISA ! On a de la chance finalement, puisqu’après 4 mois de voyage, c’est seulement maintenant qu’on va commencer à se prendre la tête sur la bonne taille des photos, le nombre de photocopies du passeport, les lettres d’invitations, les fausses réservations d’hôtels, etc !

On part donc en direction de Trabzon, au bord de la Mer Noire, à quelques 1200km d’Istanbul, pour une visite au consulat d’Iran, qui a la bonne réputation de délivrer des visas dans la journée !
On saute donc dans notre bus à 15h à Istanbul, et 18h plus tard, nous voilà, un peu claqués (!) à la gare routière de Trabzon. On se dirige directement à l’hôtel, on pose notre sac, et hop, on repart au consulat. Il est 8h, raté, ça ouvre à 9h30.

Bon, on se prend un thé, on émerge un peu, on vérifie qu’on a les papiers, les passeports, …
9h30, les portes s’ouvrent !

On a la chance de faire partis des 6 premiers arrivés. Les autres attendront dehors… et alors que seulement 10 personnes feront des demandes de visa ce matin, la 11ème personne est priée de revenir le lendemain… « c’est assez pour aujourd’hui ».
Bref, on est donc dans le consulat, avec 2 polonais, 1 allemand et 3 japonais.

Le mec du consulat examine nos passeports en détail, vérifie que tout est correct avant de nous faire remplir un papier, avec toutes les informations nécessaires « qui, quoi, quand, où, pourquoi ». On s’applique. L’ambiance n’est pas non plus hyper décontractée à l’intérieur !
Le papier rempli, on lui redonne, il vérifie… ça semble bon.
On passe donc l’étape 2 : les empreintes. Quelle chance !
On commence par un pouce droit, bien posé sur l’encrier bleu… puis l’index, le majeur, l’annulaire et le dernier. Et on recommence avec la main gauche.
Ok, super, j’ai de l’encre plein les bouts de doigts !
Ah, mais c’est pas fini ! Maintenant, c’est au tour des 3 phalanges des doigts ! Bon, on appose nos jolies empreintes, les mains bleues… il nous file une lingette pour s’essuyer… ça étale plus que ça nettoie ! Puis on retourne s’asseoir.

On attend qu’un autre mec examine notre dossier.
Il ouvre son store derrière la vitre, nous appelle.
Premier contrôle du passeport, c’est celui de Marion. Il lit, regarde, ..ok, …ok, …ok, … ok, c’est bon !
woué !
Et puis c’est au tour de Brice.
Il lit, regarde, …ok, …ok, …et s’arrête.
Brice a déjà un visa iranien dans son passeport (qu’on pensait que ça aiderait !), et le mec commence à nous expliquer, qu’on doit demander un numéro.
Pfff, tout s’écroule !
Parce qu’un numéro, c’est un truc obscur que tous les voyageurs redoutent. Il faut passer par une agence, qui doit monter un dossier, et envoyer au ministère des affaires étrangères à Téhéran … qui valide ou pas… Et tout ça prend bien sûr une quinzaine de jour…

On tente donc de comprendre pourquoi le fait que Brice ait déjà un visa complexifie la tâche… On n’aura pas de vraies explications, juste « you need a number » (c’est tellement français de vouloir savoir « pourquoi ? » !)
On sort donc notre deuxième carte : le second passeport de Brice ! Tout vierge, tout beau !
On est un peu fier de ce rebondissement !

Le mec, derrière sa vitre, semble un peu perturbé…mais pas longtemps non plus !
On lui dit de faire alors le visa sur le nouveau passeport, on oublie l’autre…
…Il réfléchit, examine tout ça, et nous dit que ça n’est pas possible parce que le nouveau n’a pas le tampon d’entrée en Turquie… !

On retente une discussion, mais c’est peine perdue. On annule pour aujourd’hui la fabrication du visa de Marion, et on ressort un peu dépités (et toujours fatigués).
Retour à l’hôtel pour chercher sur internet une agence, combien ça coute, combien de temps ça prend, … pffff, minimum 10 jours ouvrés…et en plein Ramadan !

Et puis, dans un éclair de lucidité de Marion, on se dit « ah, mais il veut un tampon d’entrée en Turquie sur le nouveau passeport, … Allons à Batumi (en Géorgie), et on tamponne sur le nouveau passeport ! »

Nous voilà donc, plein de motivation (mais toujours fatigués), repartis pour la gare routière ! Batumi n’est qu’à 150 km d’ici, ça nous coute 30 euros l’aller/retour, mais peut-être un visa ensuite !

Bon, le bus mettra 3h30 pour y aller, et comme il n’a plus d’essence et qu’on le suspecte de vouloir faire le plein en Géorgie, il ne met pas la clim’… il fait donc 31° dans le bus. (On rappelle qu’on n’a pas eu le temps de prendre de douche, ni de manger. Qu’on a déjà fait 18h de bus, et qu’on a mal aux fesses d’être assis !)

IMG_0586

Nous voilà à la frontière, on sort du bus (woué, on va marcher un peu !), on passe le checkpoint de sortie de la Turquie, on tamponne l’ancien passeport de Brice. On continue et voilà le checkpoint d’entrée en Géorgie. Et on tamponne le nouveau passeport de Brice !
Et nous voilà en Géorgie !

Stitched Panorama DSCF5645

DSCF5644On attend le bus, qui est sensé nous emmener jusqu’à Batumi. On attend, 5 min, 10min, un quart d’heure… mais pas de bus !
On demande à deux géorgiennes qui étaient avec nous, elles ne savent pas trop (ou on ne se comprend pas trop)… Il est 16h, le dernier bus pour Trabzon est à 18h, on est claqués, on a chaud, et faim, et on n’a pas de sous géorgiens… On repasse donc la frontière dans l’autre sens, et un tampon de sortie de Géorgie sur le nouveau passeport, et le tampon d’entrée en Turquie sur le nouveau passeport, nous revoilà en Turquie !

DSCF5649

Et 3h de bus plus tard, nous voilà à Trabzon, avec plein de nouveaux tampons !
Journée bien remplie, douche, repas et çai, et au lit !
On verra demain ce que le monsieur derrière sa vitre nous dira !

Le lendemain matin : de bonne humeur, propres, brossés et reposés, nous voilà devant le consulat à 9h ! La fille nous voit arriver… « you need a number »…oui, mais nous on a eu une autre idée !
On voit le monsieur derrière sa vitre, et on lui tend le nouveau passeport tamponné. Il examine, feuillette, …tourne les pages…et on lui dit, « voilà, un passeport sans visa iranien, mais avec le tampon de la Turquie ! »
Et nous dit, un peu contrarié « Je vous ai dit d’aller sur internet, pas d’aller à Batumi !! »

On essaye de lui dire que c’est pareil, que le passeport de Brice est désormais le même que celui de Marion, qu’on va perdre du temps à demander un numéro, que ça coute cher de passer par une agence, que c’est que pour du tourisme, que l’autre passeport c’était pour le travail, qu’on aime bien les Iraniens, que « pleaaaase » trois fois, …

Il referme son store et nous fait patienter 20min. Il revient, on rediscute, « pleaaaaase », et dans un petit soupir, il dit « ok » !
En 3 minutes, on avait récupéré un papier avec le numéro de compte du consulat pour aller faire un virement et on nous dit de revenir le soir à 16h30 !

Thank you, teshekür ederim, Motshakeram, thank you…. On file à la banque !
2×75 euros plus tard, à la terrasse d’un café, on se pose pour profiter de notre victoire !

Il est 13h, on part manger puis on décide d’aller visiter une autre Aya Sofia, elle aussi ancienne église et convertie en mosquée.

Mais en chemin, alors que nous étions presque arrivés, 2 femmes nous sautent au cou : les Géorgiennes de la veille ! Elles sont hyper contentes de nous voir, nous prennes dans les bras, nous propose de boire un coup ; « c’est-à-dire que on doit visiter Aya Sofia et puis après le visa… » ; elles n’entendent rien, et en 2min, on est embarqués bras dessus/dessous, pour prendre un café géorgien chez l’une d’elle (qui apparemment est très différent du turc….mais on n’y croit pas trop !)

Nous voilà donc assis sur le canapé, chez Suza, qui ne parle pas anglais, mais turc et géorgien et Maya qui ne parle pas anglais, mais turc et géorgien ; mais on va s’en sortir… on ne sait pas trop comment !
Marion se voit offrir un bracelet par Natia, une de leurs amies géorgienne, et Suza nous demande de la suivre. Elle ouvre son armoire et sort un petit haut pour Marion, une chemise pour Brice. On essaye tout ça, elle coupe les étiquettes et hop, cadeau !!
On ne comprend rien de ce qu’il se passe : on est arrivés il y a moins de 10 minutes, et on voulait aller voir Aya Sofia (!). On est invités à dormir le soir, à aller à la plage avec elles, mais on doit retourner au consulat.
Le rendez-vous est quand même pris pour passer la soirée ensemble, à 20h au parc d’attractions !

Retour au consulat. On récupère ce premier visa pour 30 jours sur place ! (le français qui était avec nous n’a eu que 21jours… Comme quoi, ça peut aider d’être relou ou d’aller à Batumi!)

On repasse à l’hôtel, et hop, direction la foire ! Il est 20h, et comme c’est Ramadan, la foire semble fermée. Maya, Suza et sa fille (~12ans) Maria, et Natia sont là. On attend que l’iftar soit passé, et les lumières de la foire se rallument. On fait du manège, de l’auto-tamponneuse, de la grande roue pas si grande mais qui couine… on sait pas trop quoi se dire ; on commence à avoir faim.

IMG_0589 IMG_4338Maya a un ami qui passe nous chercher, dans un gros van Mercedes limousine ; musique à fond, coups de frein en rythme avec le tempo… ça les fait beaucoup rigoler alors qu’on roule à 100 à l’heure vers une destination inconnue… 40 km plus tard, on arrive dans un resto sympa, en bord de mer, il est 22h30 ; mais c’est ramadan, tout a déjà été bouloté !
On se fera donc des köfte, du poisson grillé… mais à 40km de Trabzon !
Retour à Trabzon ; on se dit au revoir sur la grand place… comme d’habitude, étrange sensation que de se dire qu’on ne les reverra certainement jamais (mais qui sait ?!)

On s’est couchés à 1h00 ; ravis d’avoir notre visa, d’avoir vécu cette rencontre improbable…
Allez, demain, on va essayer de se balader !

Trabzon n’est pas la plus jolie ville de Turquie mais il y fait bon vivre et pas trop chaud (les montagnes ici se jettent dans la mer).

DSCF5695 DSCF5691 DSCF5706 Stitched Panorama DSCF5845

A quelques 40 kilomètres, à Sumela, se trouve un ancien monastère accroché à la montagne (et abandonné par les grecs après l’instauration de la République turque il y a 90 ans). Des jolies fresques un peu abîmées, des sapins partout, du vert, des montagnes… (Mais on est en Suisse ?)

IMG_0653 Stitched Panorama DSCF5741

DSCF5781 DSCF5767 IMG_0674 DSCF5824

C’est joli, sans les touristes ça fait même un peu Seigneur des Anneaux.

On part finalement le soir pour Ankara, en bus de nuit : on est chaud pour boucler nos 2 prochains visas (Ouzbékistan et Chine) !

bis’tanbul

Petit passage éclair à Istanbul.

Pas tant éclair que ça puisqu’on y a passé 5 jours… mais on y a rien visité, on s’est surtout reposé, fait pas mal d’administratif, puis aussi on en a profité pour voir (et se faire) des copains ! (car maintenant on peut dire qu’on a des copains à Istanbul !)

Mais pourquoi encore Istanbul ? Car c’est vrai que pendant le vol de « retour », on était un peu déçus de repasser au-dessus de Chypre, puis Silifke, le Taurus… on avait une désagréable sensation de retour en arrière dans notre voyage.
IMG_0545Mais voilà, le nerf de la guerre : ça nous coûtait moins cher de passer par Istanbul (tout comme cela nous coûtait aussi moins cher de quitter le Proche Orient depuis TelAviv) ; et puis Marion avait fait envoyer sa toute fraîche carte de plongeuse professionnelle chez un ami à Istanbul… et puis enfin, peut être que finalement, inconsciemment, on avait envie d’y retourner …

Et ce retour à Istanbul, 3 mois plus tard (déjà !), nous a ravis !
Nous avions tout de même pris nos précautions, on avait cherché des logements dans le quartier de Kadıköy du côté asiatique (anatolien comme on dit ici) ; un super quartier un peu branchouille, un peu populaire, et central car à deux tours d’hélice de la rive européenne (européenne comme on l’appelle ici!)… Ça nous a rappelé « notre » Xe arrondissement parisien.

Et malgré un premier hébergement un peu crassouille ; on a rectifié le tir et profiter de l’hospitalité de Gülçin et Sehran (la page des rencontres a d’ailleurs été mise à jour). Leurs potes nous ont super bien intégrés. On commence la soirée dans un bar au 4ème étage, puis on va dans une boite … quand on en ressort à 3h30 du matin, la rue Istiklal est toujours aussi bondée : Incroyable !
_SCF5625 IMG_4316 IMG_4317On en a profité aussi pour revoir Üfük, qu’on avait rencontré à Ayvalık, alors que Marion réalisait son baptême de plongée. Il était très sympa, et comme pour acter notre obligatoire rencontre prochaine ; on avait fait livrer la carte de plongée de Marion chez lui. Petite soirée foot / midye (des moules farcies qu’on grignote au coin des rues) / kahvenargile. Encore une fois, on a bien papoté, on a pas vu le temps passer ; et ça nous a fait du bien.
IMG_0571 IMG_0574

Et puis, à deux reprises, petites soirées avec Hacer la pote de Perrine la sœur de Marion l’amoureuse de Brice.
Super sympa de voir sa vision des choses, elle a le sens critique et le recul plein de pertinence d’une Française née de parents turques qui vit désormais à Istanbul. Là encore papote – nargile – köfte – Marmaray (sorte de métro-RER sous la mer de ….Marmara bien sûr) et bière sur les toits de Kadıköy …

IMG_4289DSCF5568

Donc pas du tout de visite cette fois-ci, on a plutôt vécu Istanbul comme des Stambouliotes : on a pris le vapur pour traverser le Bosphore tous les matins (parfois plus tard quand même), on s’est bu des petits verres sur les toits terrasses dominant le Bosphore ou la rue Istiklal (on va voir si y’en a qui suivent !), et à 3 heures du matin, quand il n’y a plus de bateau, plus de métro, on a pris le dolmuş qui va se perdre dans les embouteillages du pont qui enjambe le détroit pour nous ramener chez nous.

DSCF5614 IMG_0555 DSCF5586 DSCF5603 IMG_4313 IMG_4298

Administrativement, on a subi quelques déconvenues (cependant attendues), dès le jeudi matin, nous nous sommes présentés – au cas où – bien avant l’ouverture au consulat de la république islamique d’Iran pour y faire notre demande de visa… mais le cher fonctionnaire ne veut rien entendre (et n’a d’ailleurs même pas jeter un œil à nos passeports). Donc comme nous en avions convenus, nous irons faire notre demande de visa iranien à Trabzon (meilleur endroit d’après les forums internet du monde entier).

On a aussi fait les magasins et Marion s’est acheté de nouveaux vêtements (ouaiiiiii !!!!) pour être bien couverte pour l’Iran (ooooooohhh…).
On a trouvé LA librairie anglophone qui vend TOUS les lonely de la planet ; et on a donc une belle version du guide pour préparer notre séjour en Iran…

Le dress code, le guide… il ne manque plus que les visas !
C’est donc partie pour 1200km et 17 heures de bus pour Trabzon, en Mer Noire oriental ; on croise les doigts.

On laisse Istanbul derrière nous, on se rend compte qu’on se sent bien dans cette ville et parfois on s’y projette même. On verra, pas pour l’instant, c’est trop tôt… mais pourquoi pas !

 

Haï-fallait y penser avant!

On termine notre séjour en Israël par un passage par Haïfa, et Akko (Acre), avant de rejoindre Tel Aviv pour prendre l’avion.

Les tensions politiques avec la Cisjordanie commencent à se faire sentir, et on se dit qu’il est temps de partir…

Haïfa, est une grosse ville en bord de mer Méditerranée, à l’intérêt limité, et lieu de pèlerinage des baha’is. On y découvre une nouvelle « religion », le bahaïsme (pratiquée par plus de 5millions de personnes à travers le monde). C’est surtout une religion qui croit en un seul Dieu, mais plusieurs prophètes comme Moïse, Jésus, Muḥammad, Krishna, Zoroastre et Bouddha..

DSCF5545 DSCF5547

Et donc, les baha’is ont créé un immense jardin sur une des collines de Haïfa. Un jardin tout droit, tout lisse, tout symétrique, sans trop d’âme… mais ça reste l’attraction de la ville.

DSCF5555 IMG_0533On participe à la visite du parc, seul moyen de le visiter, on assiste à un film de propagande de cette « religion », …et on s’en va, un peu dubitatif.
On se balade un peu de la ville, mais il fait très chaud, et puis, à ce moment-là, on est un peu fatigué. Notre rythme sera plutôt cool.

DSCF5558 DSCF5560

On part quand même visiter la ville de Akko, connue pour être l’ancienne Saint Jean d’Acre, capitale du royaume de Jérusalem, au temps des croisées.
Apparemment, même Marco Polo y est passé pour boire un café !
Jolie vieille ville, petites ruelles et shouk, mosquées et marchands de poissons. On erre dans les rues, observant les maisons en pierres, les pavés polis et les remparts.

DSCF5514 DSCF5525 DSCF5544 DSCF5541 DSCF5539 Stitched Panorama Stitched Panorama

On part de Haïfa pour Tel Aviv de bonne heure, en prenant une belle marge (!). On a trop peur que Brice soit fiché « grand bandit-traître d’Iran » et qu’on l’interroge 2 heures à l’aéroport.
Bon, ben en entrant dans la gare de train de Haïfa, Brice se fait contrôler à cause de son Opinel de pique nique de 8cm… Vérification du passeport par un agent de sécurité zélé et abusant bien de son pouvoir. Il est intéressant de préciser qu’il doit y avoir plusieurs dizaines de personnes en armes qui passent les portiques de la gare de Haïfa tous les jours…
On a failli louper le train, mais tout va bien… juste contrariés encore une fois par tant de stupidité et du peu de recul.
Et finalement, le passage des douanes à l’aéroport se fait sans encombre ! Et c’est un peu « mitigés » que l’on part d’Israël…mais aussi soulagés.
Mais si on a vécu certaines « mauvaises » expériences, on a vraiment beaucoup aimé Jérusalem et le désert du Neguev, et on y a  « quand-même » rencontré de belles personnes.

 

Pas Sport Control

Le Ramadan approche et on nous confirme que la vie va prendre un réel autre rythme, avec aussi pour les non-ramadaniens, beaucoup de difficultés à se trouver à manger la journée. On ajoute à cela un bon petit 38°…

Bon, ok, on part un peu à regret, on aimait bien la Jordanie !
Mais ça risque d’être coton de partir le 28 : c’est un samedi, et shabbat il n’y a pas de transport – sauf d’onéreux taxi (+50% les Samedi).
Super, on a trouvé le super plan : un bus fait la liaison directe vers Nazareth ; on arrive en fin d’après-midi pour la fin de Shabbat, ça se goupillerait plutôt bien.

Nous voilà donc à bord d’un superbe bus qui nous permet de relier Amman-Jordanie à Nazareth-Israël, de remonter vers le Jourdain, et de passer la frontière de Sheikh Hussein.

La vallée du Jourdain, même à cette saison, est très très verte ! Après 3 semaines de désert, on retrouve des arbres.

Et voilà la frontière et le poste de contrôle jordaniens.
Tout le bus descend, on ouvre les soutes du bus, on récupère nos bagages.
On est quelques centaines de mètres en dessous du niveau de la mer, il fait 45°, et le soleil tape fort. L’air est hyper chaud, ça pique les yeux.
On passe nos sacs au scanner. Le mec regarde à peine, normal et hop, on récupère nos sacs, et on part les remettre dans la soute.
On rejoint à pied les bureaux pour le coup de tampon de sortie. On s’affranchit de 10 JD (env.11 euros) par personne de taxe de sortie, et un coup de tampon plus tard ; de nouveau : « where are you from – France – Welcome »…sauf que on part (!!!) mais c’est un gentil douanier !
Et hop : nous voilà hors de Jordanie.
On remonte dans le bus, et roule 3 min, et voilà le poste de contrôle israélien.

On récupère nos sacs de la soute, et on fait la queue. Il n’y a qu’une personne au premier contrôle, ça prend donc un peu de temps.
Elle ne sourit pas, nous pose les habituelles questions « pourquoi-qui-quoi-quand-où… » elle regarde bien nos visages, la photo, nos visages, et la photo.
Ok, on peut se diriger vers les scanner à bagages.
Mais, au moment de nous rendre nos passeports, Brice lui lance par reflexe un shoukran
Erreur ! Elle nous arrête, et nous demande de lui redonner nos passeports… Et « Pourquoi vous avez dit shoukran ?…
Euh, la Jordanie est à 3 km et on vient d’y passer 15 jours… » Limite on a dû s’excuser !
Pfff…

Bref, on passe les bagages au scan (on est content, on n’a pas eu à tout vider). Et ensuite, le fameux passport control.

IMG_4260On s’avance ensemble, et hop :
Marion passe au grill-à-questions : qui, quoi, quand, où, comment, pourquoi, …
Le prénom/nom des grands-parents, quelle ville, pourquoi, ah bon, où, …
Il demande si elle a une autre nationalité, un autre passeport… pourquoi on va en Turquie, …
Ouf : Marion reçoit son coup de tampon sur un papier, c’est bon !!!

Et voilà le tour de Brice… et à la question « avez-vous un autre passeport »… On est obligé de répondre oui, les tampons de tout notre voyage sont sur l’autre passeport, avec aussi le visa de certains pays « non-fréquentables » ici…
Et dans cet autre passeport, il y a le visa… de l’IRAN !!!! (en fond : musique de flimne d’horreur !)
Ahlala, quel regard fâché on a eu en lui tendant ce passeport.
Et surtout,lui, a bien bloqué sur le visa iranien…
et là, c’est parti pour 30 min de questions, si Brice connaît des Iraniens, s’il en côtoie encore, s’il a parlé avec des Israéliens, où, pourquoi faire, quand, comment, avec qui, pourquoi, pourquoi et pourquoi… Il fait des blagues sur l’horreur que ça doit être d’avoir été là-bas… Brice rit jaune et est obligé de s’écraser.
On ajoute à cela, le chauffeur de notre bus « Amman-Nazareth » qui vient nous voir au comptoir, pour nous dire qu’il part.
Notre douanier « sympa » nous précise qu’on peut aller s’assoir 2 bonnes heures, il faut vérifier les infos données.

On lui demande tout de même si ça peut pas aller plus vite, et Noam – le douanier – nous répond « Je ne pense pas, mais on est en Terre Sainte, un miracle peut arriver ! » …
A côté de nous, deux américains ont aussi loupé le bus : ils ont pourtant de vraies têtes d’américains, mais travailler pour une mission évangélique au Liban et en Afrique leur a quelque peu porté préjudice.

IMG_0500 IMG_0501

On pense qu’il y a maintenant, un gros WARNING, sur le compte de Brice !
On est libéré !
Noam nous rend donc les passeports de Brice ; et sympa, lui demande s’il souhaite ou pas un beau tampon israélien (pour la collec’ ?) ce que Brice décline poliment (et diplomatiquement).

Donc 19h30 dehors.
IMG_0504Pour parfaire le moment, on est Shabbat. On trouve quand même un taxi qui nous emmène à Bet She’an, la ville d’à côté. De là, on trouve un bus pour Afula, et ensuite un sherut (taxi collectif) pour arriver enfin à Nazareth en milieu de soirée!

Shalom Israël !

Il est 22h quand on arrive chez Ramzi, notre hôte !
Heureusement, la maison troglodyte dans le vieux Nazareth est très chouette…
Et un falafel plus tard, la tension retombe…
D’autant plus que les gens sont trop sympas encore ici !
Bref, on ne se sent pas du tout en Israël, l’arabe est bien plus présent que l’hébreu ; très peu de symboles judaïques… ça doit être ça !!

On passe 2 jours chez Ramzi, dans sa maison toute bricolée perdue dans les ruelles de la vieille ville. On papote longuement sur sa terrasse, en compagnie de ses poissons, oiseaux et chat…et tortues ! On boit du arab coffee à la cardamome, on mange de la pastèque, …
Stitched Panorama photo1IMG_0507 DSCF5506

Ramzi est arabe-chrétien-grec orthodoxe-Israélien. Mais né à Nazareth en 1947, il est né Palestinien.
Il nous raconte Nazareth, les églises de l’Annonciation (parce que selon les catholiques ou les orthodoxes, l’Annonciation n’a pas eu lieu au même endroit, mais quand même à Nazareth !)
Mais Ramzi est avant tout Israélien, et fier de son pays… même si il ne mâche pas ses mots pour le critiquer !

On était contents de se dire qu’on arrivait en Israël un samedi soir, après Shabbat.
On n’avait pas pensé que Nazareth était aussi chrétienne, et donc le dimanche…
… le marché et la ville sont fermés.
(en fait, c’est plus compliqué car si dorénavant il y a plus de musulmans que de chrétiens, et malgré les demandes de modifier le jour chômé du dimanche au vendredi ; ce sont les Chrétiens qui ont eu le dernier mot). Et puis Ramadan s’invitant dans la danse, il n’y a finalement plus trop de vie ce dimanche. Et une fois les deux églises de la ville visitées, il n’y a pas grand choses à faire.

DSCF5466 DSCF5471 Stitched Panorama DSCF5487

Heureusement, le second jour, on rencontre Carlos à la maison, un Mexicain qui voyage un peu et se cherche beaucoup.

DSCF5501

On profitera de l’occasion assister au match Mexique-Hollande, et partager de jolies conversations sur la vie, les rencontres, les voyages…
Et comme il nous aime bien lui aussi, on a maintenant dans nos bagages, un maillot de foot du Mexique !
C’est une jolie rencontre !

 

Amman and a Woman

Notre arrivée à Amman n’a pas été des plus sympas, le bus nous dépose pas du tout où nous pensions, l’hôtel n’est pas à l’endroit indiqué sur la carte…bref, on se fait 40 minutes de marche sakado sur le dos sous le soleil jordanien.
Rien n’indiquait alors qu’on se plairait à Amman !

…Et pourtant… On découvre la vie Ammanite de downtown avec son urbanisation chaotique (la ville s’est archi-développée en à peine 100 ans, et a dû, récemment, faire face à l’afflux des réfugiés irakiens, syriens, …) son trafic dense, les boui-boui dans les ruelles… ça vit ! même tard le soir ! … (bon c’est sale, avec des ordures qui jonchent les flancs des collines, les gens qui jettent leur déchets le long des routes…)
On est dans un quartier populaire, mais certains cafés-restaurants à la cuisine recherchée attirent les populations plus aisées, et ça crée un joli mélange (un peu comme le Xe arrondissement de Paris!)
IMG_0459 DSCF5364 DSCF5352 Stitched Panorama Stitched Panorama DSCF5369 Stitched Panorama IMG_4242 IMG_0461

Les femmes élégantes aux voiles apprêtés viennent fumer la shisha entre amis, des jeunes couples, des familles. On profite aussi pour tester le resto’ familial de grillades d’un cousin d’un ami que Brice c’était fait en Saoudie… et malgré la relation quelque peu « lointaine », on est très bien accueillis !
On goûte aussi le mensaf – le plat national : riz agneau arrosé de lait caillé de biquette… Bon, ça sent quand même fort la bique, mais c’est bon ! –, le jus de tamarin (sorte de datte au goût de pruneau), des kirkedi (infusion d’hibiscus) à la terrasse de la fondation d’art Khalid Shoman.
En grimpant sur les collines (beaucoup trop de collines !), les quartiers huppés se dévoilent, loin du tumulte de la vieille ville, les trottoirs sont larges, propres, et on trouve des resto’ branchés. Rares sont les filles qui se couvrent les cheveux, ou alors avec élégance (Marion a bien remarqué un raccord constant du foulard-ballerines !).
IMG_4231 DSCF5401 IMG_0463 IMG_0469 IMG_0465 IMG_4220

Sincèrement, il n’y a rien de bien intéressant à visiter dans cette capitale, il y a bien une citadelle antique qui domine la vieille ville (Amman est l’ancienne Philadelphia, une des plus vieille ville du monde avec Jericho), un théâtre romain… mouai… mais c’est surtout l’esprit de la ville qui est sympa, on s’y sent pas mal du tout… et puis les gens y sont tellement sympa !
DSCF5405 DSCF5399Tout comme le « bon Roi » Abdullah II et sa famille (dont on voit les photos dans tous les commerces, chez tout le monde), les gens nous sourient tout le temps et sont plein de bienveillance.
DSCF5293 Stitched Panorama IMG_4246
Tu ne sais pas où prendre ton bus, ou tu es perdu ? pas de problème, ils vont même t’accompagner, et toujours avec le sourire… et puis il y a la question qu’on nous pose tout le temps :
–  Where are you from ?
–  From France.
–  You are welcome !

On se doute bien que tout le monde est welcome, ils le disent tellement naturellement.
Et puis les gens se parlent facilement entre eux : un type monde dans la bus, s’assoie à côté du chauffeur, et va papoter avec lui tout au long de son trajet, puis redescend… ils ne se connaissaient pas, mais ça s’est fait simplement. Très facile de casser la glace… ça doit être la chaleur !

On en profite aussi pour aller faire un saut à Jerash… un petit taxi service (taxi blanc collectif), un bus qui part que quand il est plein, et hop ! nous voilà arrivés à Jerash !
Une ville grecque, puis romaine, puis byzantine (enfin comme toutes les villes du coin)…mais super bien conservée !
Et comme il fait 40°C, qu’il est midi et que c’est la basse saison, on est quasiment les seuls sur le site.
DSCF5408 DSCF5413 DSCF5424 DSCF5435 DSCF5444 DSCF5449 IMG_0485
Le retour ? un taxi clandestin nous prend… On est 5 dans la voiture, dont une russe convertie toute voilée, qui nous montre toutes les photos de son téléphone, sa fille avec le voile, sa fille sans le voile, ses petits-enfants, et Moscou, et le Kremlin…
On papote Russie et Jordanie, … elle nous explique qu’elle aussi, « avant », elle pouvait être « bras nus »…

On est bien content de ce passage en Jordanie ; un peu triste de « devoir » partir avec le Ramadan qui commence, mais en même temps, on avait déjà « tout » vu… mais on y mange tellement bien (certains nous disent qu’ils ont tout piqué aux Libanais !?), et puis les gens sont tellement gentils… après un accueil pareil, on redoute un peu notre retour en Israël… enfin… on espère que ça se passera bien, Inch’ Allah !

Sur la route, toute la sainte journée…

Plutôt que de prendre la grosse autoroute du désert, on décide de remonter vers Amman par la route des Rois.

IMG_0339C’est une jolie route, sinueuse, qui passe à travers des canyons, des déserts, des champs, des villages, des montagnes, des cailloux…
Tout ça étant, bien évidemment, très très joli !

DSCF5218 DSCF5223 IMG_0373 IMG_0342 DSCF5245 DSCF5249 DSCF5263 DSCF5207

Nous voilà donc, partageant la voiture d’un « taxi-guide », qui s’avèrera plus taxi, que guide… mais bon, on s’en satisfera.
3 questions plus tard (et 3 réponses floues plus tard), on a compris que ça ne servait à rien de lui en poser plus… mais on passera quelques heures avec Mohammed, sympa tout de même !

La route est belle, on s’arrête, photos, papote, café, clope, photos, café, clopes !

DSCF5253 DSCF5255 DSCF5261 IMG_0406 IMG_0407 IMG_0411 IMG_0423 IMG_0428 IMG_0433 DSCF5226 DSCF5232 IMG_0382 DSCF5241 DSCF5248

Et 6 heures plus tard, nous voilà à Madaba, ville chrétienne de Jordanie !
Ce soir, pas de muezzin, mais des cloches !
Cette ville a été « reconquise » par les Chrétiens du coin fin du XIXème siècle. Il y a donc plein d’églises, de voitures avec des stickers Jesus, des icônes de la vierge (à côté de la photo du bon Roi Abdullah II) dans les restaurants…

À l’arrivée, Fadi, notre hôte, très très (trop ?) sympa (et qui « prend » bcp de place) nous emmène (de grè ou de force, on se sait pas trop) directement dans sa voiture pour que l’on puisse assister au coucher du soleil imminent. Mer Morte en fond, montagne du Mont Nébo à côté.
On a même le droit à des photos « vas-y…attrape le soleil avec tes mains… attends…plus haut…encore un peu…encore…encore… stop… Ah… really funny ! » woué !!.
Bref, joli moment tout de même, avec Lamar sa fille, tout d’orange vêtue ! On ne voyait presque le plus le soleil tellement elle brillait !

10348522_467470430064496_4801252439582472781_n

DSCF5276 DSCF5275Un joli coucher de soleil… Arlette est avec nous…

Le lendemain, on visite les ruines de Madaba, les mosaïques (une carte du Moyen-Orient qui date de longtemps avant JC !!), la tête de St Jean-Baptiste, le sapin de Noël au milieu du désert… !

DSCF5289 DSCF5285 DSCF5290Une petite ville sympa, des shawarma, du motabal
Et puis on reprend bus direction Amman la capitale, à 30km de là…

Patrac à Petra

Enfin, on est arrivé à Petra en milieu de journée ; le minibus de notre auberge faisait du racolage à la gare routière: cool, pas besoin de grimper tout en haut de la ville avec nos gros sacs sur le dos.

Et puis, on retrouve par hasard Brice de Tours ! (…qui s’est perdu le soir même dans le désert avec les bédouins (ou des Bdul* ?)… donc on ne le croisera finalement pas)

Comme l’entrée du site de Petra coûte cher (env. 55€ pour un jour, 60€ pour deux) et que l’endroit où on reste était sympa (petite terrasse ombragée aménagée avec vue sur toute la ville), on s’est dit qu’on allait profiter de la tente et du calme du quartier l’après-midi pour se faire deux vraies belles journées sur site.

IMG_0092Heureusement que les nuits dans le désert sont calmes…
C’était sans compter sur l’appel à la prière du muezzin (à 03h44), qui devait avoir planqué un mégaphone sous notre fenêtre…


Mais ce qu’on ne savait pas encore, c’est qu’on ne visitera pas Petra tout de suite et ça ne sera ni le mardi, ni même le mercredi, ni le jeudi, ni… mais les Samedi et Dimanche.
Marion a choisi de passer les 5 jours suivants sous régime « immodium/smecta/spasfon/coca/riz/banane »…Et donc incapacité complète à marcher dans un désert de pierre et de sable, par 40°…
(Indiana Jones, lui, n’avait pas eu mal au ventre !)

Bref, au 5ème réveil matinal, on se lance ! Et l’attente a été bien récompensée !
C’est immense, grandiose, coloré, sculpté, magique, magnifique, …

On descend le Siq, le grand canyon au bout duquel on aperçoit le Khazneh, le trésor. C’est le monument le plus connu, mais il faut dire aussi que ça position en début de site, sous un soleil matinal rend le moment particulièrement émouvant !
Ça y est, on est à Petra !

Stitched Panorama DSCF4914 IMG_0104 IMG_0111 DSCF4927 DSCF5124 DSCF5161 IMG_0250 IMG_0258Mais il y a bien plus à voir sur ce site énorme.
C’est une ancienne ville construite dans les montagnes par les Nabatéens entre les VIe et IVe av. J.C. (les constructeurs préférés de Marion dorénavant).
Qu’est-ce qu’ils sont fort !
Les montagnes sont creusées, sculptés, poncées, lissées, …
Des tombeaux apparaissent, des sculptures, des motifs, …
Des escaliers qui ont vu 2000 ans de pieds les fouler, des systèmes d’irrigation complexes…

IMG_0202 IMG_0203 DSCF5092 IMG_0230 IMG_0245 DSCF5170 DSCF5189

DSCF4971 IMG_0320

IMG_0166Et puis la roche, toutes ces couleurs, ces coulures, ces matières, on dirait parfois du bois… parfois du filet de thon !

DSCF5042 DSCF5065 Stitched Panorama IMG_0209 IMG_0232 DSCF5133 IMG_0267On passe deux jours pleins à se balader, crapahuter, escalader, et photographier…
Le site est immense, immense et encore une fois immense… On n’a pas chômé et pourtant on n’a pas fait le tiers des sentiers du site.
C’est beaucoup de cailloux et de sable, et des montagnes à gravir.
Partout des habitats troglodytes, des montagnes creusées, des tombeaux décorés, …

Stitched Panorama DSCF5179 Stitched Panorama IMG_0151 Stitched Panorama DSCF5013 IMG_0169 DSCF5040 IMG_0172 IMG_0174 DSCF5044

Limite, ça se passe de texte …!
(sur la photo du monastère Jebel ed-Deir, un Bdul cascadeur a grimpé tout en haut…C’est pratique pour donner une échelle !)

  • les Bdul sont installés uniquement à Pétra, anciennement dans les grottes. Ils s’occupent des taxi-ânes, taxi-dromadaires, et taxi-calèches qu’on peut utiliser sur le site.  Ils descendraient de populations nomades, mais rien à voir avec des bédouins ! Ils ont mauvaise réputation et ces derniers ne les apprécient pas du tout…
    Un chauffeur de taxi nous a même expliqué qu’ils étaient « encore pire que des Gitans »….
    Ah ouais ?!

Bref, on en a pris plein les yeux !
C’est vraiment très très beau !

Note 1 – on a longtemps hésiter pour le titre (Petra, Petrapa / Pétatra / Ce tombeau sera votre tombeau)

Hubbly Bubbly avec Némo

On achève cette première partie du voyage par une nouvelle mauvaise expérience avec les chauffeurs de bus israéliens.

Bus 1 : à Be’er Sheva pour venir à Mitzpe Ramon, Brice a réussi à se mettre en colère avec le type du point information qui ne donne pas d’infos (et qui est resté malgré tout impassible). Marion était aussi fâchée car tous les petits militaires (soit toute la population entre 18 et 21 ans !) comblent les bus des lignes régulières ; et se battent littéralement pour rentrer dans le bus… donc il n’y a pas plus de places pour nous. On est restés sur le quai, ébetés… et énervés de se dire qu’on ne montera pas dans le bus…
Et nous avons atteint le paroxysme de l’humiliation lors de notre dernier voyage dans le désert du Negev.
Bus 2 : Vendredi donc, il nous fallait prendre un bus joignant Mitzpe Ramon pour Eilat, pour ensuite traverser la frontière. Le seul bus du vendredi, Shabbat oblige). On y arrive en avance ; une demi-dizaine d’autres personnes attendaient avec nous et le bus arrive, s’arrête mais n’ouvre pas la porte ; le bus est plein de petits soldats ; le chauffeur passe un coup de fil, faisant durer le suspense. On attend qu’il ouvre la soute, et la porte… Mais rien. Le bus repart …sans explication, rien… et pas d’alternative pour rejoindre Eilat.
On est dégoutés.
On commence à discuter avec un petit soldat (petit car lui aussi fait ses classes) qui attendait le bus avec nous, mais il nous dit que c’est la première fois que ça lui arrive. On papote 5min.

Miraaacle ! On voit finalement arriver Marion (l’Allemande) et son auto, qui s’est décidée à passer la frontière pour ensuite visiter Petra.
Cool ! À peu près le même programme que le nôtre !
On embarque donc notre soldat sympa (Asaf) et nous voilà parti, tous les 4, en auto !
On peut bien papoter, on dépose Asaf sur la route et on passera même la frontière avec Marion, tous les 3.

DSCF4821 DSCF4827 DSCF4829
Marion (l’Allemande) et son bagou arrive à nous trouver une voiture pour nous éviter les 15€ de taxi qui comble les 5km qui nous sépare d’Aqaba : 3 Italiens qui revenaient d’Israël ; un Romain, un femme du Lac de Garde et un Sicilien… Trois super stéréotypes d’Italiens : des éclats de voix, des jurons, tout ça avec des gestes dans tous les sens ; on a passé les 10 minutes du trajet à rigoler !

On dépose Marion (l’Allemande) à la gare de bus pour Petra. Et nous, nous partons rejoindre notre hôtel, pour les 3 prochains jours.

IMG_0025

On profite de notre halte à Aqaba pour plonger.
Et c’est vraiment sans regret ! Il y a ici, des milliers de poissons de toutes les couleurs, des coraux, des pieuvres qui changent de forme et de couleur, des poissons-ballons avec des picots, des poissons lions, des poissons-rochers tout plein d’algues, des poissons-clowns pas si marrants, des muraines patibulaires, des « Doris », des petites mérous à pois bleus, des poissons perroquets, des …
On a même vue une raie aigle de plus de 2 mètres de long!
Et puis aussi pour attirer les plongeurs (et les poissons), on y a vu deux épaves : celle d’un cargo libanais Cedar Pride et celle d’un tank coulé par le bon Roi.
(plus de photos sous-marine à suivre peut-être plus tard)

Exif_JPEG_PICTURE imagesOn rencontre à la plongée un Suisse, voyageur de profession, un chinois, et deux français ! Qu’on retrouvera également le soir, pour un premier match Suisse-Equateur suivi d’un France-Honduras.

DSCF4859

Au troquet en bas de la « maison », on est à de l’ombre, sous un grand arbre, une cinquantaine de chaises en plastique sont partagée entre 3 cafés. Le « nôtre », c’est Al Firbous… on s’y installe le premier jour pour y boire des kirkedi (infusions d’hibiscus bien fraîche), du thé à la menthe, et fumer la shisha.

DSCF4835 DSCF4869 Stitched Panorama
On passera ici des heures à papoter et à regarder les matchs, pendant nos soirées. Des Jordaniens habitués viennent s’installer à notre table, on est invité par un bédouin en Arabie Saoudite (la frontière est à 27km d’ici), …

DSCF4832 DSCF4834On profite donc de 2 jours de plongées, de houmous, thé à la menthe, et kirkedi, etc… ! ça fait « vacances » !
L’accueil ici est très convivial, et spontané. On passera un bon week-end, riche en rencontre, ça fait plaisir !

Et jamais dans notre voyage nous n’aurons été autant au sud!
La prochaine fois ça sera probablement en Inde?

Pas de jambon à Mitzpe Ramon

Notre aperçu du désert à Massada nous a donné envie d’en voir plus !
Nous partons donc de Jérusalem pour Mitzpe Ramon, une ville de 5000 habitants perdue au milieu du désert du Negev. Au pied d’un immense cratère de 40km de long, et 8km de large.

DSCF4737 DSCF4704 DSCF4713

On se trouve un joli coin pour dormir, dans une tente bédouine au bord du canyon. En face de nous, c’est la Jordanie.
Et devant nous, un désert s’ouvre.

IMG_9919 Nos 2 nuits ici, dans un silence absolu et sous une pleine lune lumineuse, nous font vraiment apprécier notre séjour.

On profitera d’un réveil bien matinal à 5h pour partir marcher dans le canyon.
Les roches sont de toutes les couleurs, ocre, rouge, orange, violet, noir, brun… On randonne durant 4h, chaque caillou étant plus joli que le précédent, et devant nous, la vallée du cratère.
On est tout seul, pas un bruit, pas un arbre.
Juste cette immensité.

DSCF4750 Stitched Panorama IMG_9983 IMG_9977 DSCF4793 DSCF4798 DSCF4806 DSCF4807 DSCF4777DSCF4805

On fait du stop pour remonter. Il est 10h quand on arrive à la tente.
Une douche et sieste.
Et rien de la journée.
On attend juste que la température baisse. Il fait plus de 40°…

On passera la soirée à papoter. Lido, le mec du camp, vient se joindre à nous, et nous offre un verre de vin (woué !).
C’est une jolie soirée, de partage et de découverte.
Marion l’Allemande, Brice le Tourangeau, et nous deux. Deux Brice, Deux Marion… 4 voyageurs.
Nous voilà tous les 5, assis sous la tente, pleine lune et coucher de soleil…
IMG_9969

Le rendez-vous est pris avec Brice pour tenter de se retrouver à Pétra.
Et avec Marion, juste un amical au revoir et bonne route.
Mais c’était sans savoir qu’un chauffeur de bus nous laisserait au bord de la route… à suivre !

Hébron et bron petit patapon !

Après notre passage à Bethléem, on avait bien envie d’approfondir le sujet et découvrir un peu plus la Cisjordanie.

DSCF4608

On est donc allé faire un tour à Hébron, troisième ville d’un pays qui n’existe pas…
On pensait en avoir terminé avec les villes « coupées » en deux ; mais Hébron fait bien tristement et honteusement partie de ce club fermé.
Hébron est la seule ville (avec Jérusalem-Est) à posséder des colonies au cœur même de la ville… ce qui crée certaines tensions bien palpables !
La ville devrait normalement être entièrement administrée par les Palestiniens (zone A) ; mais les zones de la vieille ville, et toute la partie Est sont en fait sous contrôle israélien.

201108_hebron_map_eng_001Stitched Panorama

L’attraction principale à Hébron, c’est le Tombeau des Patriarches (Abraham et Sarah, Isaac et Rebecca, Jacob et Léa, et même Adam et Eve !) qui a la bonne idée d’être lieu saint à la fois des Juifs et des Musulmans.
Là encore, on sent que ça ne pouvait que mal tourner…
Le bâtiment (qui date d’Hérode) est séparé en deux, avec pour chacune des confessions un accès aux tombes par une petite fenêtre. Il y a même une cloison en plexiglass pour empêcher les uns et les autres de se jeter des objets dessus !

IMG_9895 IMG_9896 DSCF4655 IMG_9894 IMG_9900 Stitched Panorama

Depuis la seconde Intifada, Israël a décidé de fermer quasiment l’intégralité des rues de la vieille ville ainsi que la plupart des boutiques.
Dans les faits, la rue du marché a été condamnée (les accès murés, les échoppes vidées…) ; les Palestiniens venant de l’Ouest (du centre-ville) doivent passer par une unique ruelle, longeant désormais des colonies.

IMG_9872 DSCF4630 IMG_9871 Stitched Panorama DSCF4693 DSCF4692 DSCF4686

Des grillages et des filets sont tendus entre les maisons au-dessus de la rue. Ils sont recouverts d’immondices et de pierres jetés par les colons afin de décourager les Palestiniens qui voudrait se rendre de l’autre côté de la vieille ville et vers la mosquée d’Ibrahim (4ème lieu saint de l’Islam).

Stitched Panorama DSCF4629 DSCF4628

Cette ruelle débouche sur un checkpoint que tout le monde doit passer ; nous sommes seuls, mais le soldat en charge du checkpoint prend son temps pour débloquer le tourniquet. On attend, il nous voit, on attend, personne ne peut rien dire, on attend… nous avons tous les deux, déjà le désagréable sentiment que l’on se moque de nous… Que-ce que cela doit être quand les Palestiniens veulent passer…

En se baladant dans ces ruelles, on nous dit « welcome » 10 fois, avec de grands sourires. Il faut dire qu’on n’a pas croisé beaucoup de touristes… !
On rencontre Ayman, un jeune Palestinien, membre actif d’une association Hebron Peace Center. On passera 3h avec lui, à découvrir cette ville, aujourd’hui pleine de conflits…
Ce centre-ville fantôme, où la vie semble avoir disparue… Des barbelés, des postes de contrôle, des rues où les Palestiniens interdiction d’aller (mais les colons et nous si !!), des caméras, des militaires, …
DSCF4649

DSCF4648 DSCF4641 DSCF4642 DSCF4644 IMG_9878 DSCF4640 IMG_9876 DSCF4631 DSCF4633

Un dernier checkpoint nous permet de rejoindre la partie Est de la vieille ville. Normalement sous contrôle Israélien; cette zone est laissée à l’abandon. C’est là bas que se trouve le local de l’association d’Ayman.IMG_4133 DSCF4647IMG_9883

On repasse ce checkpoint avec lui, on lui garde ses papiers pendant 5min…juste comme ça, alors qu’il passe par le même checkpoint au moins 3 fois par jour…Ils le connaissent…
…ça ressemble à une mauvaise blague…

DSCF4661

Un métallier, dont la boutique se trouve derrière le checkpoint, doit faire passer ses plaques de tôle une par une, à travers les grilles du tourniquet… Les soldats ne lui ouvrent pas de porte pour lui faciliter la tâche… Et Ayman le voit, lui aussi, tous les jours faire ça…

Il nous accompagne plus tard pour visiter la mosquée, mais ne peut passer de l’autre côté pour nous accompagner voir la synagogue.
De nouveau un checkpoint : passeport, et « est-ce qu’on porte une arme », d’où on vient, notre confession religieuse…
Avant 1999, Juifs et Musulmans priaient au même endroit, dans ce même bâtiment, aujourd’hui coupé en deux par une cloison.
Depuis la partie synagogue, on aperçoit Ayman…
DSCF4671 DSCF4664

Alors certes, on est allé à Hébron, en bus arabe depuis Jérusalem (avec un papy sympa et son petit-fils).

IMG_9908On n’a pas pris le bus « des colons », et nous ne sommes pas vraiment allés nous promener du côté des colonies…
Notre regard est donc orienté.
Mais, l’humiliation et la dégradation que subissent les Palestiniens, ici, à Hébron, est pour nous, blessante à observer… Ils sont au cœur d’une bataille psychologique..
On aura montré 5 fois notre passeport et répondu à quelques questions à chaque passage. Mais ça n’a duré qu’une journée.
Eux, c’est tous les jours. Et autour de la Mosquée/Synagogue et dans la vieille ville, il n’y a pas moins de 22 checkpoints..
Quelle tristesse : on a déjà envie de nous révolter, alors on comprend qu’il y en ait qui pètent parfois les plombs.

On revient à Jérusalem, on est content d’être là. Et gêné de se sentir bien dans cette ville.
On a le cœur lourd, mal à l’aise comme au réveil d’un mauvais cauchemar.
Hébron ne semble pas réel, cette situation…
On n’est pas dans le même pays… C’est triste…

DSCF4699

Comme un bouchon

IMG_9694 IMG_9854

Après cette belle semaine à Jérusalem et notre escapade à Bethléem, on se dirige vers Massada, au bord de la Mer Morte (-427m).

On se prend une nuit dans l’auberge de jeunesse au pied de Massada (ancien village juif en 72 ap. JC) qui a résisté à l’invasion des Romains pendant plusieurs mois, avant de se suicider collectivement… bref, nous on trouve que c’est un peu le village des Gaulois entouré de Babaorum, Petit Bonhomme…).
Donc, Massada est située sur un plateau à 60m d’altitude, soit 487m au-dessus de la Mer Morte qu’elle domine.
Rien autour de l’auberge, rien à faire d’autre donc que de se délasser dans la piscine… Va pour la piscine alors !

On décide d’un réveil à 4h15 du matin pour voir le lever du soleil depuis là-haut.

DSCF4497On est une dizaine de lève-tôt de l’auberge à faire ça, et ça donne une ambiance assez surréaliste, lampe de poche à la main et sac à dos.
On démarre notre ascension à 4h30. Il doit faire 25/30°… il fait nuit.
Et après une grosse demi-heure de montée…silence…
Le soleil fait doucement son apparition, tranquillement, somptueusement.
Par-dessus les montagnes de Jordanie et révélant la Mer Morte,… c’est magique.

DSCF4498 IMG_9747 DSCF4506 IMG_9766

On fait le tour du plateau de « la ville ». C’est fou. Ils s’étaient installés là-haut, au « presque » milieu du désert, au bord d’une Mer trop salée !
Et les Romains devaient être sacrement hargneux pour vouloir tant conquérir ce village. C’est tellement haut et loin de tout !

IMG_9774 DSCF4531 DSCF4544 IMG_9801 DSCF4552 DSCF4556 Stitched Panorama Stitched Panorama Stitched Panorama DSCF4563 DSCF4551

Il est 7h quand on redescend. Et il fait trop chaud !
Douche, et petit déj’ à l’auberge, et on prend un bus pour aller flotter dans la Mer Morte…

Ah… La Mer Morte !
Ça fait 10 jours qu’on en parle, et qu’on a hâte !
Ça fait 10 jours que Marion fait attention à ses doigts, et où elle met ses pieds pour éviter de se couper ou blesser… !
On y arrive par un joli soleil de 41°C à l’ombre !
La plage n’est pas très jolie, mais la Mer Morte est à nos pieds.
On voit 3 personnes, déjà dans l’eau. Et on trouve ça déjà génial de les voir flotter.
On se demande, un peu inquiet, si ça va fonctionner pour nous aussi ! Va-t-on flotter !?

Et bien oui ! Et c’est fou !
IMG_9839 IMG_9835 IMG_9826 IMG_9830 IMG_9825On se retrouve rapidement déstabilisé sur le dos, nos pieds, fesses, dos remontent tout seul.
On tente de  goûter l’eau de la pointe de la langue, Beurk ! C’est HORRIBLE !
Ça pique, c’est même plus du sel à ce stade-là ! C’est plus salé que l’eau la plus salée qu’on peut imaginer ; et avec en plus une poignée de minéraux dedans. (27% de sels au lieu de 2 ou 4% habituellement !)
2 gorgées d’eau (douce) plus tard, on reprend notre flottaison !
Quand notre corps part « la tête » en avant, c’est tout qui remonte en arrière…
On se sent comme un bouchon sur l’eau.
C’est étrange, et léger, et agréable, et surprenant.

L’eau a une texture « grasse », les cailloux du bord de la plage sont recouverts d’une épaisse couche de sel, et on sent parfois de petits picotements sur la peau.
Mais on flotte !
On barbotte finalement un moment, puis douche (archi nécessaire !).

Et on se retrouve au bord de la route, à midi, par 41°C à attendre notre bus pour Jérusalem !
… !

DSCF4592 IMG_9849

C’était 2 jours plus légers, un peu loin des contrôles et barrières du pays, deux jours de « uikend ».
Ça redonne des bonnes forces !

Mais quand même, on s’est baigné dans la Mer Morte !

Une Crêche en béton

On décide, jour de Shabbat de partir visiter Bethléem, en Cisjordanie. La ville se trouve à seulement 30min en autobus, mais elle est « de l’autre côté »…

La Cisjordanie est divisée en 3 zones :
– les zones A (17% du territoire), sous contrôle civil et militaire palestinien (et Bethléem en fait partie). Le gouvernement israélien déconseille fortement ses ressortissants d’y aller. Notre hôte parano de Tel Aviv nous affirmait même « qu’un milliard de personnes » l’attendait pour le tuer.
– les zones B (24% du territoire), sous contrôle civil palestinien, mais sous contrôle militaire israélien
– les zones C (59% du territoire), sous contrôle civil et militaire israélien. Cette zone comprend le réseau routier qui traverse la Cisjordanie ; ainsi les Palestiniens ne sont pas totalement libres de circuler dans leur territoire occupé.

On se retrouve donc, à la sortie du bus, à Bethléem en zone « dangereuse ».
IMG_9655On se balade dans les ruelles de la vielle ville. C’est jour de marché et des tas de gens vendent fruits, légumes, chaussures et « vrac » !
C’est une immersion en territoire palestinien, riche en couleurs. Ça sent bon le shawarma, les falafels, la menthe fraîche…
IMG_9605 IMG_9597 DSCF4438 IMG_9606 IMG_4114 IMG_9610
On part, comme tout le monde, visiter la Basilique de la Nativité, dans laquelle Jésus serait né. Pas de bol, elle est en travaux : on y refait le toit. Du coup, c’est un dédale d’échafaudage que l’on voit, et il y a beaucoup de monde dont des Russes qui nous bousculent.
Mais bon, la « boucle est bouclée ». On a vu au Saint Sépulcre la tombe de Jésus, on voit ici, la Crèche !
DSCF4435

On continue de se balader… Pas non plus grand-chose à voir…
On serait bien allés voir le « mur », on sait qu’il y a de beaux graffiti d’artistes… mais on a peur de l’effet pervers que cela pourrait avoir…
Finalement, on rencontrera un chauffeur de taxi hyper sympa (Naif de son prénom !) pour faire un petit tour de la ville, en passant par le mur…
Au-delà des graffiti d’artistes (Bansky et JR, pour les plus connus), ce mur reste un élément très violent dans le paysage.
On ne fera pas de politique : on est simplement observateur d’un mur en béton en pleine ville, haut de plus de 10m, surélevé de barbelé, et avec des miradors tous les 200m.
Et ça marque radicalement la ville. Le paysage. Les montagnes. Les gens.
Stitched Panorama DSCF4446 IMG_9645 IMG_9644 IMG_9643 IMG_9632 DSCF4448 IMG_9637 IMG_9639

On passe par le camp de réfugiés de De Eisha ; après 60 ans, le camp s’est bien sédentarisé, et ressemble à une vraie ville… alors que les colonies grandissent derrière le mur.
DSCF4462 DSCF4460

Naif nous raconte, nous explique. On s’entend bien avec lui, il s’entend bien avec nous. Il est content que nous nous intéressions tant à son pays; que l’on aille voir autre chose que la crêche; et à plusieurs reprise, il nous dira que c’est bien que nous voyions comment c’est, qu’il faudra le raconter une fois rentrés en France.
Et puis, on s’arrête, on discute et silence…
On se retrouve au niveau de la Montagne du Paradis (Hérodium), et on observe le paysage. Les colonies juives dont les terrains sont « offerts » pour favoriser l’implantation des juifs en Cisjordanie, les kibboutz, le désert, la Jordanie au loin, la Mer Morte, Bethléem, Jérusalem au fond… C’est beau !
IMG_9671 DSCF4464 IMG_9670

Jérusalem est à quelques kilomètres d’ici… mais les Cisjordaniens ne peuvent pas y aller… pour rentrer, il nous déposera au checkpoint… nous on passe sans problème…

En en discutant le soir même avec nos amis hiérosolymitains (de Jérusalem !), on s’est aperçu que malgré leur grande ouverture d’esprit et leur liberté d’expression ; ils ne sont jamais allés « de l’autre côté » ; ils ont peur aussi, ils ont honte beaucoup… mais finalement, même aller à Bethléem ou monter sur le Mont du Temple apparait comme un blocage. Alors qu’ils sont allés se perdre à cheval à l’autre bout de la Mongolie, ou en Russie pendant 3 mois, ils n’arrivent pas à prendre le bus 21 pour Bethléem…

Rien n’indique pourtant « sur leur visage » qu’ils sont plus Israéliens que nous…

On arrivait à Bethléem avec l’image en tête d’une jolie crèche, d’un âne et de 3 mages… On en repart avec un celle d’un mur en béton et du checkpoint…

IMG_9653

Jérusalem – Verso

Au bout du quatrième jour ici, on décide de se balader dans Mea Shearim, le quartier des Juifs ultra-orthodoxes de Jérusalem (on les appelle les haredim).

IMG_9538

On découvre des maisons aux balcons recouverts de tôles, de planches de bois. Tout semble fait pour se cacher (ou se barricader peut-être). C’est une sorte de ghetto. On a l’impression que le temps s’est arrêté il y a 100 ans.

IMG_9539 IMG_9533 IMG_9532 IMG_4095 IMG_9524 IMG_4079 IMG_4082 IMG_9533Les hommes portent de grands manteaux noirs (bekeshes), chaussures et pantalons courts, noirs aussi. Le grand chapeau noir (quand ça n’est pas le schtreimel, large chapeau cylindrique recouvert de fourrure), les payos encadrant le visage et crâne rasé sur le dessus.
Dommage qu’ils n’aient pas tentés la nouvelle collection printemps-été 2014…!
Les femmes, se doivent aussi d’être rasées mais portent des perruques dans la rue, on ne comprend toujours pas la logique. Elles poussent leurs poussettes entourées de 3, 4, 5 enfants (voire plus!)… rasés et payos pour les garçons, jupes longues-collants pour les filles…
IMG_4070

IMG_4108 IMG_9590 IMG_9522 IMG_4091On voit des affiches stipulant que les femmes doivent descendre du trottoir quand elles croisent un homme, qu’elles doivent s’habiller modestement sous peine d’être punies, ou ne pas parler en présence d’un homme…

IMG_9540 IMG_4087 DSCF4376

Les hommes ne travaillent pas : il étudie la Torah, et les petits garçons sortent du système scolaire dès 13 ans pour l’étudier également.
Avec un très fort taux de natalité, les Haredim déstabilisent la démographie d’Israël et coûtent cher à l’état.
Le gouvernement essaye d’enrayer cette excès d’intégrisme, de discrimination (séparation dans les bus ; les « ultra » refusent de faire leur service militaire pour ne pas être sous les ordres de femmes…etc…)… les Haredim sont anti sionistes et très peu appréciés par la population israélienne.

Ça donne une triste image de la religion ; et finalement, ces petits bonshommes en noir qu’on voyait se dandiner devant le Mur des Lamentations nous font moins sourire…

Et après avoir passé un peu de temps ici, on voit aussi que cette cohabitation reste fragile et ça se ressent en se baladant dans les ruelles de la vieille ville. La police reste très présente, et lourdement armée, on entend le ton qui monte de temps en temps…
Les israéliens, à 18 ans, partent tous en service militaire : 2 ans pour les filles, 3 pour les garçons, au moins… Un âge tout à fait adéquat pour enseigner la peur de l’autre.
On croise donc très souvent de jeunes en kaki, avec un fusil en bandoulière; avoir un pistolet à la ceinture n’est pas rare. Au début ça surprend, ça choque même… puis comme tout le reste : on s’habitue.

DSCF4313 DSCF4308 DSCF4236 IMG_9469 IMG_4072

Sur le mont du Temple, un groupe de Juifs est venu visiter le site. Il est entouré de militaires, et des échauffourées éclatent avec un groupe de Musulmans. On pensait pourtant que ces Juifs devaient être suffisamment ouverts pour venir ici, puisque la Torah interdit formellement aux Juifs de monter sur le mont, de peur de fouler le Saint des Saints.
DSCF4299Les Musulmans n’ont pas libre accès au Mont du Temple ce qui fait que le ton monte parfois avec les forces de police israélienne qui en gardent l’accès.
Ainsi pour maintenir le statu quo et éviter tout débordement; seuls les Musulmans ont accès au Dôme du Rocher et à la mosquée Al Aqsa; dommage pour nous.
Les Juifs se rendant au Mur des Lamentations doivent traverser le quartier musulman, créant parfois des tensions avec les ultra-orthodoxes (les men in black). Un regard, des gestes, quelques mots…

Et quand finalement, même au sein du christianisme, on voit que les différents courants ne savent pas s’entendre (exemple de la clé du Saint Sépulcre, gérée par une famille musulmane), on se dit que c’est pas gagné.

…Autre petite anecdote arrivée à Brice au pied du Mur des Lamentations : à deux reprises, il s’est permis de lancé un poli « Shalom » à certains regards insistants. Les hommes viennent alors lui demander s’il est Juif, il répond que non… et les hommes partent sans rien dire.

A errer dans les rues, à observer ces embriquements, cette cohabitation,… on comprend qu’une minorité rend les choses compliquée, que tout est trop compliqué, et qu’ils n’arriveront sûrement jamais à s’entendre…

Et dire qu’Israël avait été fondé par des laïcs… !

Ce post est beaucoup moins léger que les précédents, mais ça reste aussi une réalité ici, et pas besoin de gratter pour la voir…!

Jérusalem – Recto

Rien que le nom résonne et nous émeut. Et, à la sortie du train, c’est déjà ce que l’on ressent : on est à JERUSALEM.
C’est ici que TOUT commence. L’histoire, les religions, les ententes et les conflits, …
C’est ici que les mythes rencontrent l’Histoire.
Tout est empilé, en strates, les gens, la ville, les pierres… et depuis si longtemps.

DSCF4408La Palestine dans son ensemble (Israël + Territoires occupés) est complexe.
Jérusalem en est la quintessence.
Et dans notre « tour du monde des villes coupées en deux » après Sarajevo et Nicosie ; Jérusalem arrive sur le podium.
Divisée en deux parties ; Jérusalem Ouest capitale de l’état d’Israël, Jérusalem Est aux consonances arabes fait partie des Territoires Palestiniens.
La vieille ville de Jérusalem se trouve dans la partie palestinienne et est, elle-même, séparée en 4 quartiers : arménien, juif, chrétien et musulman (le plus gros) et tout ce monde cohabite plus ou moins bien. Les frontières ne sont pas explicites, mais on comprend assez vite que le mélange ne se fait pas trop…

Pfff, on ne sait pas par où commencer…
On va dire que la vieille ville de Jérusalem, c’est un labyrinthe de petites ruelles, qui montent et descendent, des marches, de vieux pavés polis par le passage des gens au cours des siècles…

IMG_9308 DSCF4421 DSCF4083 DSCF3996 DSCF3994 DSCF3992 IMG_9461 IMG_9472 IMG_9345

IMG_9403 IMG_9312 IMG_9326 IMG_9482

Des églises, des mosquées, des synagogues. Du houmous, des falafel, des baklawa. Des kipa souvenirs, des croix sculptées, des mains de Fatma….souvent vendus sur le même étal.

C’est un lieu saint, qui abrite les 3 sites majeurs des 3 grosses religions monothéistes :
– le Saint-Sépulcre (tombeau du Christ)
– le Mur des Lamentations (et emplacement du Second Temple)
– le Dôme du Rocher et Mont du Temple

DSCF4018 IMG_9276 IMG_9364Au même endroit, sur la même montagne, au milieu du même désert, tous ces « héros » historiques, divins, religieux, se sont « comme par hasard !» retrouvés ici.. !  Et après ils veulent nous faire croire qu’ils n’ont pas le même Dieu ?!

On reste impressionnés et parfois « choqués » de la ferveur des croyants, et ce quelle que soit la religion. Chacun lit ses propres prières, embrassant son propre Livre et se balançant d’avant en arrière. Que ce soit devant le mur des Lamentations, ou à l’endroit où l’on aurait retrouvé la « vraie » croix de Jésus. On voit des gens en larmes, embrassant, et touchant les édifices, la pierre sur laquelle Jésus aurait été décloué… Dans la rue, à certaines stations du chemin de croix de la via Dolorosa, des groupes entiers de touristes chantent en se tenant la main. Des groupes de gens, venus du monde entier, pour « retrouver » les traces de Marie, l’unique, …
C’est chargé…

Mais c’est aussi compliqué rien qu’au sein du Saint-Sépulcre, partagé entre Catholiques, Grecs Orthodoxes, Coptes, …et comme ils ne savent pas s’entendre, les clefs de l’église sont entre les mains d’une famille musulmane !
C’est aussi à Jérusalem que se trouve le tombeau du Roi David situé « comme par hasard ! » sous la chapelle dans laquelle La Cène se serait déroulée.
Jérusalem, c’est le Mont du Temple, qui est gérée par les WAFQ, une organisation militaire et religieuse jordanienne, et où se trouve le Dôme abritant le Rocher qui est « comme par hasard ! » à la fois la Pierre de Fondation vénérée par le Juifs ET l’emplacement d’où le prophète Mahomet serait parti au paradis.
Jérusalem, c’est le Mur des Lamentations construits avec des pierres de l’époque d’Hérode, puis des Mamelouks, des Croisées, des Arabes…

DSCF3998 Stitched Panorama IMG_9281 DSCF4328 DSCF4327 DSCF4320 DSCF4317 DSCF4077 DSCF4070 IMG_9409 IMG_9410 IMG_9463 IMG_9390 IMG_9434 IMG_9441 IMG_9444 IMG_9453 DSCF4272

On passe des heures à regarder les gens au Mur des Lamentations et on réussit enfin, au bout de 3 fois, à rentrer sur le Mont du Temple.
Cet endroit est fou, et dégage une puissance qui nous a laissé bouche bée.

Pour le reste du centre-ville, on découvre une ville aux grandes avenues, boutiques, et tram. Resto’, bars, des quartiers bobo, le marché de Mahane Yehuda qui sent bon les épices, les olives, les fruits et légumes et où les gens se bousculent.

DSCF4358 DSCF4357 DSCF4361