Catégorie : Malaisie

Un peu rapide

Et notre avion a atterri, à l’heure prévue à Kuala Lumpur.
Pas d’extravagance du pilote ni applaudissements à l’arrivée. Tout va bien, Marion est rassurée.

Nous retrouvons cette grande ville, son monorail, ses hautes tours et ses malls. S0022559 DSCF2537 DSCF2530Ses temples bouddhistes et hindous, les mosquées et les églises, l’encens et les guirlandes de fleurs.
Les resto’ malais, chinois, indiens et les habitants aux faciès si multiples.
La Malaisie dans sa diversité et modernité.

Nous retrouvons notre anonymat, mélangés aux expat’, touristes et locaux.
Nous posons nos sacs ici pour seulement 2 jours, autour de KL Sentral. Le quartier de la gare est facile. Pour les transports et pour rayonner dans la ville.
Il y a des resto’ de toutes les cultures locales, qui satisferont nos palais. Nous sommes contents de tremper à nouveau nos doigts dans les épices indiennes, et les baguettes dans les wok de nouilles sautées chinoises.DSCF2579

Nous nous baladons longuement en ville, rejoignant les différents quartiers DSCF2565 Stitched Panorama et s’arrêtant au parc pour profiter d’un peu de calme et d’une riche verdure. DSCF2613 DSCF2611 Stitched PanoramaOn comprend aussi ce qu’est que la saison des pluies dans cette région.
Nous avions auparavant réussi à passer entre les gouttes, évitant les périodes de déluge.
On comprend maintenant pourquoi les jardins sont incroyablement riches de plantes et arbres aux verts si multiples.DSCF2660

La pause à la Grande Mosquée Nationale nous permet de nous abriter d’un orage torrentiel, et d’approfondir les questions du hijab, de la « vérité » sur Jésus Christ, et de la relation entre Dieu et Hubble (les prospectus distribués nous plongent dans de longues interrogations).DSCF2592 Stitched Panorama Stitched PanoramaDSCF2610 DSCF2609Tandis que nous profitons plus tard des rayons de soleil et des ruelles colorées du quartier chinois.

Le soir, nous retrouvons Lava, notre hôte CS. Il vient du Sri Lanka et est ingénieur (comme par hasard).
Tiens… c’est l’occasion de lui poser de nombreuses questions, et pas seulement sur sa vie d’ingénieur ici.
Nous dénichons un délicieux buibui pour un petit dej’ totalement indien. C’est le samedi matin, il y a un évènement au temple et nous retrouvons les femmes en sari bariolés et les points rouges sur le front. Nous dégustons nos puri/dhal sous une tente tendue le long d’une rue, accompagnés d’un chai. Ah… ça fait du bien, et si on retournait en Inde ?DSCF2590Mais à peine arrivés qu’il est déjà temps de partir.
En effet, nous devons rejoindre Bangkok.
Tout ça pour une histoire de cartes bancaires qui expirent… et puis l’envie de voir notre copain Vincent nous démange, alors pourquoi attendre après tout ?

Nous montons donc dans un premier bus de nuit, sièges larges et couvertures.
La nuit est courte et réfrigérée. Au petit matin, nous passons la frontière malaisienne, là-haut tout au nord, un coup de tampon et au revoir.
Puis c’est au tour de la frontière thaï. L’officier antipathique ne reconnait pas Brice, puis ne reconnait pas la signature de Marion, mais nous récupérons notre passeport tamponné pour 30 jours en Thaïlande.

Le bus nous dépose à Haad Yai, petite ville endormie d’un dimanche matin. DSCF27241Notre train pour Bangkok est prévu dans 6h… Ce qui se transformera en 7h30 d’attente.Stitched Panorama DSCF2732 Stitched PanoramaFinalement nous grimpons, épuisés dans le train couchette.
DSCF2726 DSCF2737 DSCF2735 DSCF2740 DSCF2763Direction la capitale pour traverser en un éclair – loin d’être aussi rapide que la lumière – la péninsule et retrouver le lendemain le tumulte chaotique de la mégalopole thaïlandaise.Stitched Panorama DSCF2823 Stitched Panorama

Donnons une nouvelle chance à cette ville!

 

 

Sabah bien

… Et le passage de la frontière s’est déroulé comme prévu :
– achat des billets de bateau
– utilisation des derniers rupiah en gâteaux et en-cas pour le voyage
– passage par le bureau de Dion pour s’acquitter de notre amende
– passe-droit pour doubler tout le monde (parce qu’on a dû payer l’amende)
– et installation dans le bateau, rapide et confortable

Une heure plus tard, nous débarquons côté malaisien, à Tawau dans l’état de Sabah. Tout le monde se précipite pour sortir du bateau et être parmi les premiers à la douane. On comprendra pourquoi en voyant les 2 mini-bureaux et la loooongue queue pour passer.
Finalement, être bule a du bon et le type de la sécurité nous invite à doubler tout le monde. On ne fait pas trop les malins non plus, mais on accepte son offre sans rechigner.
Une empreinte digitale et un tampon. Malaisie, Selamat Datang !

Après avoir changé les quelques grosses coupures indonésiennes qu’il nous restait*, et marché une vingtaine de minutes, nous arrivons à la gare routière. Le bus pour Sandakan est prêt à partir. Le timing est parfait.

Le bus est ponctuel, confortable, climatisé et, Ô luxe, il y a des toilettes à l’intérieur, (dont la paroi extérieure est vitrée, ce qui permet de voir le paysage et de se dépêcher au moment où le bus double un camion).DSCF7901L’unique route longe la côte et nous passons 6h entourés exclusivement de palmiers à huile. Des forêts de palmiers d’un beau vert profond. Et quand on double des terrains totalement rasés attendant d’être ensemencés de ces arbres lucratifs, on comprend pourquoi nos amis Pulsi et Violetta de Pekanbaru ont vécu dans l’épais brouillard des fumées des plantations durant plus de deux mois. La forêt tropicale n’est plus. Partout, les arbres sont identiques, bien rangés, bien alignés. Pas facile de porter un jugement objectif sur cette industrie poumon de la région.
Parfois, on remarque des bennes chargées de grappes de fruits, les presses à huile ne doivent pas être bien loin.DSCF2419S0012435 DSCF2428

Ancienne capitale de Sabah, la vie de Sandakan se concentre autour de 4 grandes rues parallèles coincées entre des falaises et la côte, emplies de petites échoppes et restaurants chinois, malais et indiens. On retrouve quelques plats indonésiens, mais « quand même, le riz n’a pas le même goût », ou « oui, mais tu vois, le poulet est plus gros, mais moins bon, non ? », « trop bien, un chapati ! », « t’as goûté mon curry ? »…
Tout cela pour dire que, en effet, nous sommes contents de retrouver cette multiculture culinaire malaisienne.

Contents aussi de se balader dans une ville qui, si elle n’a pas de patrimoine particulier (rasée pendant la guerre), enchante par sa simplicité et son absence de fioriture.
Des bâtiments décrépis, du linge qui pend aux fenêtres, des immondices dans les ruisseaux, mais une vie dans les rues, un charme naturel, peu de touristes, et une organisation, un calme et un anonymat qui nous change de l’Indonésie. (Nos critères de beauté ont dû évoluer !)DSCF7931 DSCF7925 DSCF7912 DSCF7938 DSCF7933

Ce retour en Malaisie « par la petite porte » nous réconforte.
Notre séjour précédent s’y était déroulé en pleine période de Ramadan, on ne parlait à l’époque qu’Anglais… et les contacts n’étaient alors pas aisés.

Cette fois-ci, notre bahasa indonesia (langue quasi similaire au bahasa malayu) nous aide grandement à rompre la glace, et à parler aux gens… ainsi qu’à payer le juste prix et trouver la bonne information.

Comme pour trouver notre chemin, ou notre hôtel.
Après 6 mois de chambres à moins de 100 000 rupiah (~7€), on redécouvre les joies du confort.
La chambre est équipée de 14 prises électriques (!!! chose incroyable, en Indonésie, il n’y en avait qu’une, à 1.50m du sol, déjà occupée par le ventilateur…), une télé, une douche avec de l’eau chaude, des serviettes et des draps doux sur le lit (de l’autre côté de la frontière, il n’en mette qu’un, rêche et usé, sur le matelas, et basta). Quel luxe !
Le gérant à 76 ans et, en plus d’être à cheval sur l’hygiène et la sécurité, est un « grand » cinéphile ! On a le choix parmi son immense collection de DVD sous-titrés chinois/malais!
Jean-Claude Van Damme, nous voilà !DSCF2298 DSCF2297

Non loin de Sandakan se trouve un centre de réhabilitation d’orang utan (orang, en bahasa indonesia/malayu veut dire homme, utan signifie forêt).
Victimes de la déforestation, ces gros singes sont recueillis ici.
Après une heure de trajet en bus, nous nous rendons compte que nous avons oublié notre portefeuille chez nous, celui qui contient nos sous.
Check des poches, nous avons 57 ringgit sur nous. Nous faisons donc du stop pour finir les quelques km nous séparant de l’entrée du parc, et quémandons 3 ringgit pour payer l’entrée, mais pas plus pour les appareils photos (il n’y aura donc pas de photo de ces roux primates aux longs bras).
Malgré l’ambiance très encadrée pour l’observation – nous ne sommes pas les seuls bule, nous sommes ravis de voir ces gros singes jouer, se rouler par terre, grimper aux arbres, se suspendre par les pieds… et comme tout le monde, nous ne pouvons nous empêcher de les rapprocher de nous humains – notamment lorsqu’un jeune primate s’approchera de Brice pour lui prendre la main.DSCF7909DSCF7910
En lisière de la jungle, nous allons faire une petite randonnée parmi les énormes arbres de plusieurs dizaines de mètres, dont seul les cimes sont feuillues et dont les troncs mesurent parfois quelques 4-5 mètres de diamètre. Au sol, la végétation épaisse abrite une tripoté d’insectes inconnus. C’est l’occasion pour nous de revoir quelques spécimens d’orang-utan dans leur milieu naturel et surtout de nous remettre doucement en jambes.

Faute de sous, nous repartons en stop (pas besoin d’attendre dans cette région, les gens sont adorables).
Et nous sommes déposés à Sandakan, rentrons l’hôtel… pour réaliser que nous avions finalement bien le portefeuille dans notre sac !
… !

L’après-midi, nous partons nous balader au village tout proche de Sim-Sim, après nous être arrêtés dans un temple bouddhiste chinois, un peu moche avouons-le. Mais ça faisait longtemps et ça sentait bon l’encens.DSCF2301 DSCF7946 DSCF2304

Sim-Sim est un village sur l’eau. Construites sur pilotis, les maisons de bois semblent être en équilibre. Les façades colorées et fleuries nous enchantent. Les pêcheurs rentrent à la maison en bateau, avant de suspendre leurs esquifs au garage.Stitched Panorama

DSCF2324 DSCF2344 DSCF2325 DSCF7948L’atmosphère y est calme, les habitants sont souriants et accueillants et notre bahasa indonesia nous permet de discuter sur le pas de la porte** dans toute la simplicité que ces peuples d’Asie du sud-est peuvent apporter aux relations humaines.DSCF7955 DSCF7962

Stitched Panorama Stitched Panorama Stitched PanoramaDSCF2392 DSCF2380 DSCF7963 DSCF2398

On nous raconte aussi que la région n’est malheureusement pas encore totalement pacifiée.
Des pirates et indépendantistes continuent de troubler les côtes et la mer des Célèbes, et viennent parfois semer la zizanie sur terre. Il est même dit que les dédales de Sim Sim seraient de bonnes planques pour les clandestins.
On comprend un peu mieux pourquoi il y a tant de vaisseaux de guerre dans le petit port de Sandakan et voir des policiers armés de fusil d’assaut n’est pas rare.
Néanmoins, l’atmosphère reste agréable à Sandakan, et nous sommes heureux d’être de retour en Malaisie.

Le lendemain, il nous faut rejoindre Kota Kinabalu, la capitale de Sabah. Encore 7h entre les collines plantées palmiers. Quand on repense aux orang utan… S0062456 DSCF2521On longe l’impressionnant mont Kinabalu, au sommet aride pour rejoindre la mer de Chine.
La ville n’a que peu d’intérêt, nous y restons moins d’un jour.
DSCF2466Notre avion (oui oui, un avion) décolle le lendemain. DSCF2483 DSCF2494 DSCF2496

 

‘* Nous avons la fâcheuse tendance à retrouver des sous dans les poches des pantalons, une fois le pays quitté.
Cette fois-ci n’échappera pas à la tradition. Brice retrouvera quelques rupiah dans une de ses poches… (mais comme il se plait à le rappeler à chaque fois, ça n’est pas grand-chose comparé à la liasse énorme de billets que Marion avait très bien planquée dans son sac en Ouzbékistan… !)

‘** Cela fait plusieurs mois que nous traversons des pays musulmans (presque que ça d’ailleurs).
Quand certains interlocuteurs viennent à discuter des actes terroristes d’ISIS et tiennent à se disculper à nos yeux… cela nous attriste.
« Ce n’est pas ça l’Islam » nous disent-ils, et nous de leur répondre « on sait, on sait »
Accablés par cette lourde double peine : d’être pointer du doigt par l’Occident et de devoir laver l’honneur de leur religion souillée par des usurpateurs.

 

La prochaine fois tu prendras l’avion

Pulau Kapas, c’était sympa, ça nous a fait du bien…
Mais voilà, les autres îles accessibles de Malaisie, si elles ont l’air sympa et nous attirent un peu, on se dit qu’on en verra d’autres en Indonésie.
Et puis finalement, on n’arrive pas à se réjouir vraiment de ce pays. Il y manque quelque chose. Il faut dire que pendant Ramadan, l’Est de la Malaisie, c’est vraiment pas marrant.

Nous terminons notre séjour par un dernier bled, la ville de Pekan… mais en arrivant dans cette ville, l’inactivité et le manque de chaleur humaine digne d’un western nous ont rebutés, et nous avons immédiatement rebroussé chemin, trouvant le gîte à Kuantan.
Enfin, cette dernière journée a été un peu décevante aussi car nous souhaitions nous remettre au stop…
Et alors là, on a un peu galéré.
Pas facile d’accrocher des gens, mais à force de persévérance et d’attente on s’en est sortis.
D’abord pour faire les 150km qui séparent Paka de Kuantan dans la confortable voiture de Mr. Chua, entrepreneur très bavard et pro-singapourien, puis avec Elvis, un chinois-malaisien-cuisto de 60ans, en route pour une séance de Terminator au cinéma, à bord de sa vieille Proton Saga (dérivée des Mitsubishi Colt de la fin des années 90. Les odeurs de plastique rappelant des souvenirs à Brice, un brin nostalgique).
DSCF0767 DSCF0769À Kuantan, on retrouve les supermarchés, internet, le bruit des voitures et tout ce qui va avec la vie moderne et que l’on avait perdu sur l’île de Kapas. Limite on est déboussolé !
Bon voilà. On se dit que si on s’ennuie un peu ici, autant ne pas s’y éterniser. On est dimanche, et on croit comprendre qu’un bateau pourrait nous emmener mercredi de l’île de Batam à quelques encablures de Singapour, vers Jakarta.

C’est ainsi qu’on monte dans un bus, puis un second, un nouveau tampon puis un autre bus, nous voilà de retour dans cette ville si propre. On va revoir les copains à Singapour.
Notre regard sera plus nuancé que la première fois. Sans doute le choc post-india s’est un peu dilué.
Nous nous arrêtons donc chez Jeanne, Cyril et Manon pour moins de deux jours, le temps de faire une lessive, re-bien manger ensemble, repenser notre futur et bien papoter. Joyeux 14 juillet !DSCF0772 Stitched Panorama Stitched Panorama DSCF0784Le 15 au matin, nous embarquons à bord d’un ferry rapide pour l’île de Batam, située à 45min de Singapore.
La ville se dessine, les énormes cargos attendent, au loin.DSCF0792 DSCF0798 DSCF0802Nous quittons la péninsule avec le léger regret de ne pas avoir réussi à mieux apprécier la Malaisie, d’avoir peut-être survolé ce pays, sans trop y rencontrer de gens, sans y avoir appris la langue… un peu dommage…
Puis rapidement, nous arrivons à bon port à Batam Island.
Un tampon, et quelques petites questions et nous voilà en Indonésie. Woué !

L’histoire commence là.
D’après nos études et recherches, nous avions compris qu’il y avait un bateau le mercredi pour rejoindre Jakarta, sur l’île de Java. 29h de trajet, lit couchette et repas en ekonomi. Tout ça semblait parfait.
Mais c’était sans compter sur le changement de planning des bateaux, ainsi que la faible fiabilité des informations glanées.
Alors que nous sortons fièrement du terminal international flambant neuf, nous demandons à l’accueil où se trouve le comptoir pour Jakarta. Elle nous indique la route et sort une vieille photocopie noir et blanc.
Le prochain bateau pour Jakarta serait le 22 ?
Oui, mais non. On a vu que c’était aujourd’hui.
Or d’après son papier, c’était hier… ou dans une semaine.
Sans trop s’angoisser, nous partons nous renseigner directement au comptoir. Mais même avant d’y arriver, les chauffeurs de taxi et badauds qui interpellent dans la rue, nous confirment tous la date du 22 pour le bateau.
L’information sera également validée au bureau de la compagnie.
Cette information-là est fiable donc…

On avoue, à ce moment-là, être bien perdus.
Nous sommes sur une île (et qui n’a rien à voir avec celle de Kapas… !)
Nous ne pouvons pas revenir à Singapore (à cause de notre visa simple entrée pour l’Indonésie, limité à 60 jours).
L’hébergement coûte hyper cher ici (c’est une île-resort).
Nous sommes au port, la ville est loin et il n’y a pas de bus, seulement des taxis.
Il n’y a pas de bateau pour Jakarta avant une semaine.
C’est Aid el Fitri dans deux jours et toute l’Indonésie est en train de voyager (ça, on se sent bêtes de ne pas y avoir pensé).

Non, non, non, on ne peut pas rester ici à Batam une semaine, ce n’est pas possible.
Il y a bien des ferrys pour rejoindre Sumatra.
D’abord, un ferry lent pour Medan pile le lendemain, tout au nord.
Mais plus de place disponible : il nous faudrait nous mettre en boule dans un coin du bateau pendant 25 heures, avantage : c’est peu cher, inconvénients : ça nous ramène très au nord – alors que nous ne souhaitions initialement pas visiter Sumatra et nous concentrer sur l’est de l’archipel. Et puis, en cette période de vacances, les classes ekonomi des bateaux gouvernementaux, ferait passer la troisième classe du Titanic pour un séjour au Hilton.
On peut aussi rejoindre Pekanbaru ou Jambi, deux villes lambda de l’énorme île.
Le trajet se fait en ferry rapide, plus onéreux, mais aussi plus confortable.
Ces villes ont « l’avantage » d’être hors de sentiers touristiques… pfffff, choix cornélien !

Après avoir pesé le pour et le contre de toutes les options, s’être informés de tous les itinéraires possibles, les prix, les horaires (qui changent à chaque fois même au sein d’une même compagnie), après en avoir choisi un et s’être rendu compte que le comptoir avait fermé, qu’il n’y avait plus de billets ou que le bateau était annulé, après avoir parcouru le terminal domestique de long en large (les gens commencent à nous connaitre) , nous avons décidé de rejoindre la ville de Buton, puis Pekanbaru.

Il est donc 18h quand nous sommes à peu près décidés. Ça fait 8h que nous sommes en études intensives.
Le bureau des tickets ouvre demain, à 4h du mat’. Le bateau est prévu à 5h.
Nous décidons donc de dormir ici, au port. Dehors.DSCF0812On a le choix entre le terminal international (climatisé, wifi – bien utile pour lancer tous azimut des requêtes CouchSurfing pour le lendemain – mais fermant à 22:00) ou le terminal domestique, bien crasseux avec du passage, de la lumière mais quelques argousins très accueillants garantissant notre sécurité.
On choisira un lieu écarté des regards et de la lumière, pensant ne pas être dérangés.
Dévorés par les insectes (…ou les puces ou les acariens?) et accablés par la chaleur, on s’installera en plein milieu de la nuit sur un banc le long du quai les trois dernières heures avant notre départ.
Marion dormira à peine, loin d’être sereine, Brice aura la chance de faire quelques sessions de micro sommeil.

Le diesel et la corne de notre vaisseau nous réveille en sursaut.
Il est 4 heures, le port est déjà en éveil, les gens commencent à embarquer dans les différents navires appontés.
On file au comptoir, on nous informe qu’il n’y a plus de ticket pour notre destination, qu’il faut prendre un autre pour 50% plus cher. On répond que ça n’est pas drôle, « qu’on n’est pas des Américains » (sans offense Charlotte), et que s’il n’y a plus de places, on voyagera debout. On nous file donc deux tickets… avec deux places bien confortables VIP pour y poser nos fesses et taper un bon roupillon. On n’a rien compris !
Notre traversée se fait un temps aux larges des îles qui parsèment le sud de Singapour, puis les berges se rapprochent, et on s’enfonce progressivement entre les mangroves.DSCF0821 DSCF0822

Bon, c’est notre premier jour en Indonésie, on avait tout prévu pour arriver à Jakarta… mais rien du tout pour arriver à Pekanbaru. En vitesse la veille, on avait pu prendre contact avec Violetta qui a accepté de nous accueillir avec son mari dès notre arrivée.
Il ne reste plus qu’à trouver comment faire pour aller de Buton à Pekanbaru.
On papote immédiatement avec notre voisine, et on comprend qu’elle s’y rend également, se propose de nous aider, et nous on se dit : cool, on va pouvoir se laisser porter !
C’est ainsi qu’à Buton, accompagnés de notre voisine, on traverse la foule chaotique des rabatteurs de taxi, nous montons dans un travel (sorte de mini-van à 7 ou 8 places). Elle s’est occupée de tout, du prix, des bagages, de nos places.
Ça fait plaisir. Il faut dire qu’on est épuisés.
Heureusement qu’elle était là cette petite dame.

Nous nous installons donc, environ confortablement. Mais c’était sans compter l’état des routes, dignes du Nagaland Indien.DSCF0825 DSCF0830Des trous énormes, des dos d’ânes voire des dos d’éléphants. Et un chauffeur prêt à tout pour battre son record de vitesse sur les routes longées d’oléoduc.
Mais dans la voiture, tout le monde s’occupe de nous. Ils appellent Violetta à plusieurs reprises, organisent le rdv pour qu’elle nous récupère. Ils ne parlent presque pas anglais, mais tout le monde s’empresse de vouloir nous aider !

Ereintés, desséchés, poussiéreux et transpirants, nous arrivons à Pekanbaru, accueilli bras ouverts par Violetta et son mari Pulsi.
C’est le début d’un excellent week-end d’excès.

 

Coquillages et crustacés

Voilà.
C’est ici que nous allons poser nos sacs pour 5 jours.DSCF0537 DSCF0529

DSCF0558Il n’y a rien sur cette île. Pas de supermarché ni de marché. Pas de superette, pas de distributeur, et pas de wifi.
Juste quelques cabanons sur la plage. Derrière, une jungle ténue, et devant la mer de Chine aux eaux limpides.
Rien d’autre, l’île est peu fréquentée, et on ne se marche pas sur les palmes.
On trouve d’ailleurs le gîte tout au bout du bout de ce caillou de moins de deux kilomètres de long ; on ne voudrait pas être dérangés par les 4 bateaux qui font la navette avec la péninsule chaque jour.DSCF0765

DSCF0592 DSCF0577 DSCF0572

À l’extrémité de notre île (oui, c’est un peu la nôtre… !), on retrouve une atmosphère déliée de toute contrainte.DSCF3455 DSCF0647 DSCF0641 DSCF3430 DSCF0645Une fois libérés de nos chausses, on vivra 5 jours pieds nus, les pieds dans le sable.
Sans montre, sans horloge, perdant naturellement toute notion de l’heure et du jour de la semaine.
On tente parfois de s’accrocher dans un effort paresseux à quelques repères « ça doit être le bateau de 11h30 ? », mais ce sont surtout les orages vespéraux qui nous dictent le rythme de notre journée.DSCF0507 DSCF0503 DSCF0486 DSCF0464
Des tempêtes comme on en a rarement vues, mais auxquelles il va nous falloir nous habituer au cours de notre séjour sous les tropiques.
En fin d’après-midi, alors que le ciel est bleu, on peut entendre les grondements sourds du tonnerre à plusieurs milles de distance. Puis la côte continentale disparait sous un voile opaque d’un gris profond. Ce rideau se rapprochant à bonne vitesse, on sait qu’il est temps de corner la page, ou sortir de l’eau, et se mettre à l’abri, car quand le ténébreux nuage passe au-dessus de nous, il se décharge en un déluge. C’est son timing qui nous dictera quand nous pourrons aller diner, éclairé par une quantité impressionnante d’éclairs, illuminant le paysage toutes les 3 secondes.DSCF0421 DSCF3386 DSCF0684 DSCF0718 DSCF0725

Il faut bien avouer qu’il n’y a pas que des bons côté à vivre sur cette île, si elle est très peu fréquentée, elle reste un lieu touristique et on sera ravis d’avoir fait le plein de fruits, de biscuits, et de « nouilles pratiques » avant d’embarquer car si les vacanciers que l’on croisent ne s’offusquent pas de payer 3~4€ pour un poisson au lait de coco – succulent il est vrai et servi en quantité gargantuesque après deux heures d’attente, nous ne nous attendions pas à payer 3 fois le prix du continent.
Et puis les moustiques sont voraces, et à toute heure du jour, ils ont de quoi se faire de saignants casse-croutes de nos corps oisifs lacement étendus sous les palmiers.

Mis à part ces légers désagréments, notre programme journalier est assez éreintant. Nous alternons entre le petit dej’, les pieds dans le sable au soleil levant, puis lecture dans le hamac numéro 1 et repos dans la chaise longue numéro 2.DSCF0398 DSCF0407 DSCF3442 DSCF0655 DSCF0680 DSCF0786… à tel point que les deux missions que nous nous étions donnés de faire ont été ajournées (à savoir recoudre un bouton et réparer une tong sur deux).

Avec les quelques ringgits que Jocelyne nous avait laissés à son départ, on s’offre masques et tubas, et nous passerons de nombreuses heures, la tête sous l’eau et les fesses à la surface à flotter comme des bouchons et à scruter les fonds marins.DSCF0787 DSCF0763 DSCF0790Nous découvrons le coin des tortues qui viennent se nourrir d’herbes au fond. Accompagnés de son poisson-pilote dessus ou dessous, elle broute tranquillement avant de remonter à la surface pour prendre un peu l’air.
Les raies blanches à pois bleus glissent sur le sable, avant d’aller se cacher sous les rochers, tandis que la murène à pois noirs serpente entre les coraux montrant sa gueule béante.
Les poissons-trompette évoluent à quelques centimètres de la surface, alors que nous progressons accompagnés de magnifiques poissons-perroquets aux couleurs étincelantes battant des nageoires comme leurs volants éponymes battent des ailes.
Les anémones sont habitées par d’agressifs poissons-clowns, et les coraux rouges, verts, jaunes parsèment le fond marin tantôt tels que de grosses éponges, tantôt tels de magnifiques pins parasols pétrifiés et autour desquels se greffent une innombrable quantité d’oursins aux fines et longues aiguilles et au cœur taché de cinq pois bleus.
De gros coquillages à la chair violacée ou orangée se referment sur notre passage, les crabes se carapatent de côté, la seiche glisse au sol avant de changer de couleur quand on l’embête un peu trop, tandis que les bébés seiches nous observent de leurs têtes pointues.
Prêt du ponton, nous nageons au milieu d’un banc de milliers d’anchois qui tournent vertigineusement d’un même mouvement étonnamment synchronisé. Ils sont tellement nombreux que le fond disparaît pour ne laisser sous nos yeux qu’une masse argentée de poissons, nageant tous dans la même direction.
Enfin, on n’hésite pas à passer 5 minutes sans bouger, flottants comme deux bouchons, à attendre que la murène attrape sa proie ou que le poisson-ballon daigne sortir de sa cachette.
Nous vivons dans un aquarium aux eaux turquoises.

DSCF3395 DSCF0439
Bref, on prend notre temps, notre pied et des couleurs !

L’autre face de la Malaisie

Pour chaque nouveau pays dans lequel nous voulons aller, il se pose systématiquement la question du visa. Et, systématiquement, l’angoisse monte.
À quelle sauce allons-nous être mangés ? Combien de papier vont-ils nous demander ? De combien de réservation d’hôtels, de billets d’avions et de photocopies du passeport vont-ils avoir besoin ? Quelle taille de photo, avec un fond blanc, fond rouge, 3×4 ou 2×3 cm ?
On se prépare d’habitude à toute éventualité.
Mais ce coup-ci, nous sommes un peu arrivés les mains dans les poches.
Rarement nous ne nous sommes moins préparés que cette fois-ci.
Et alors que nous étions au Consulat d’Indonésie à Penang, la gentille dame derrière le guichet nous demande 3 choses (copie du passeport, billets d’avion A/R et une photo). Seulement 3 petites éléments. Pas de demande spéciale, ni de traduction du passeport, pas de lettre d’invitation, pas de sponsor, ni recommandation. Pas de photocopie laser, ni de tampon fluorescent.
Non, simplement 3 petits documents que nous dégainons rapidement, avant qu’elle nous dise : « parfait, ça sera prêt demain. »
Demain ! Non pas dans 5 jours ouvrés, sans compter jeudi matin ni mardi de 12 à 15h, et le jour suivant parce que c’est férié.
Non, simplement demain.
Et c’est ainsi, que le lendemain, nous récupérons un visa pour l’Indonésie pour un séjour de 60 jours !
Il n’y a plus qu’à choisir la ou les bonnes îles parmi les quelques 13000 îles habitées que compte l’archipel.

Nous profitons donc d’un retour serein à Penang et de l’auberge hyper confortable et familiale pour mettre à jour le blog, le réparer… pour papoter longuement avec Annick, une française de la Jungle, qui partage sa vie entre la Malaisie et l’Indonésie, pour savourer encore ces bons repas de l’iftar et se balader dans les ruelles calmes de la vieille ville (mais pas trop).DSCF0067 DSCF0191 DSCF0106 DSCF3212 DSCF0136 DSCF0197 S0030220Notre séjour à Penang est bien agréable, nous reprenons des forces et partons ainsi sur la côte Est de l’île.
Kota Bahru est notre prochaine étape.
Et comme nous joignons une côte à l’autre, on découvre que le paysage de l’arrière-pays nous est totalement nouveau. On traverse des collines, de la jungle, des champs de palmiers à huile baignés de soleil. Tout cela peignant un tableau aux verts puissants contrastant avec la luminosité et le bleu du ciel.
DSCF3288On rejoint notre CS, à quelques kilomètres de la ville et pourtant déjà, loin, loin.DSCF0269On passera notre 500ème jour (de bourlingue) sur une bicoque au raz de la rivière, à partager notre nuit avec une famille de varans, une maman singe et son petit (en captivité ce qui fait moins rigoler), et nos dîners à célébrer l’iftar avec la famille de notre hôte.DSCF0277 DSCF0297 DSCF0290DSCF0314 DSCF0324 DSCF0327 Mais la distance avec la ville nous fera néanmoins quitter cet endroit relaxant… mais pas très vivant d’autant que nous sommes au cœur du mois de Ramaddan dans une région très musulmane.
Nous déposons nos affaires dans cette ville. Mais là aussi, tout est fermé. Même le McDo’.DSCF3363DSCF0085 DSCF0357 DSCF3378 DSCF0356Nous trouvons le marché couvert, riche en couleurs et en odeurs. Et heureusement qu’il y a une communauté chinoise qui vit ici, nous pourrons trouver de quoi sustenter notre appétit dans un boui-boui qui nous offrira les meilleurs goûts en matière de cuisine chinoise depuis que nous avons quitté la République Populaire.
La ville n’est pas très sympa (et spécialement en cette période de jeûne), nous poursuivons notre chemin en direction de Kuala Terengganu (autre capitale d’état pas plus sympa…).DSCF0335 DSCF3327 DSCF0338 DSCF3330 DSCF3333 DSCF0350 DSCF0355 DSCF0354

Donc une première impression mitigée de cette partie de la Malaisie sur laquelle nous misions pourtant beaucoup.
Les gens sont tous très souriants et aidants, mais quand il s’agit de lever le pouce, nos tentatives de stop sont laborieuses.
Et puis l’atmosphère pendant Ramaddan est pesamment morne. Pffff, pas facile.

Allez, on file à l’embarcadère de Marang, pour attraper un bateau à la volée.
Cap sur l’Est et l’île de Kapas à moins de 5 milles des côtes.
Ouahhhh !!!
Des vacances à la mer !

Jocelyne en Malaisie – Partie 3 : Sur le détroit

Après deux petites heures de bus, nous sommes déposés à Malacca, une des villes de Malaisie les plus riches historiquement.
Au XVème siècle déjà, c’est ici que se retrouvait les marchands du monde entier. Profitant des épices des uns, des tissus des autres, des graines, des essences et des outils.
Des navires chargés à ras bord traversaient les mers et océans, des comptoirs hollandais et portugais en passant par ceux du Moyen-Orient, de la Chine et du Japon.

Et comme à Penang et Kuala Lumpur, on profite de cette mixité culturelle… et culinaire !
Oui, on peut le dire, on a passé 10 jours à manger !DSCF3258 DSCF3285 DSCF3069 (2) DSCF3046

On  se fait une petite cantine à 2.50 ringgit par personne (60 centimes) et on dépose nos affaires dans une charmante petite auberge on ne peut plus propre et au propriétaire affable.
Nous partons en balade urbaine. Notre quartier est à la lisière du centre historique.
La ville semble plus vivante que celle de Georgetown. Il y a des marchés crassouilles, des petits resto’ de rue dans lesquels les habitants du quartier viennent converser (et pas seulement ceux pour les touristes), il y a des boutiques de trucs et d’autres de machins.DSCF2958 DSCF2962 DSCF2953 DSCF2947DSCF2979 DSCF3007On trouve des temples chinois bouddhistes et taoïstes. C’est toujours aussi joli. L’encens fume et les papiers recouvert d’or et d’argent brûlent en quantité (et dire qu’on connait maintenant le temps que ça prend pour faire une feuille…  sous traité par les Birmans de Hsipaw).
Il y a des dragons, des chefs samouraïs, et des offrandes de thé et fruits.DSCF3340 DSCF3343 DSCF3019 DSCF3083DSCF3033 DSCF3028 (2) DSCF3032 (2) DSCF3157 DSCF3040 (2)Et 200m plus loin, sur le même trottoir, on entre dans une superbe mosquée à l’architecture alambiquée. Un voile sur la tête et les épaules, on évolue dans cette enceinte paisible.
À l’intérieur de la mosquée, une vingtaine d’hommes attendent patiemment l’appel du muezzin pour l’iftar. Les mosaïques se rapprochent des motifs mauresques, le toit de la salle de prière rappelle les pagodes asiatiques, tandis que le minaret ressemble à un phare dont la lumière verte, une fois la nuit tombée, guide les fidèles.DSCF3347 DSCF3325Sur la place de l’horloge, l’église St François-Xavier trône de son rouge brique. Bâtie par les Hollandais, après qu’ils aient chassé les Portugais (au XVIIème siècle) elle est sans grand intérêt, mais les messes y sont faites en malais, en chinois, en tamul et en anglais.DSCF3064 DSCF2888
Et au coin d’une rue, nous tombons sur un temple Sikh, dont le drapeau orange flotte fièrement au-dessus des grilles.
Voilà. Malacca, comme la Malaisie, c’est tout ça.

Et bien sûr, les étals de nourritures, les marchés et resto’, qui nous donnent tous plus envie les uns que les autres.
Bon alors ce soir c’est indien, mais demain ça vous dit le canard ?
DSCF3244 DSCF2906 DSCF3246
Dans les rues Jocelyne reste stupéfaite par l’architecture coloniale mais aussi le riche patrimoine des Chinois « du détroit ».
Les façades sont toutes abritées d’un porche permettant de longer les maisons et de se protéger du soleil, tout comme les stores installés devant les magasins.
Peints, décorés et découpés, l’entrée se découvre doucement.
DSCF2991 DSCF3003 DSCF2898 DSCF3126 DSCF3041 DSCF3056 DSCF3138 DSCF3055DSCF2985 DSCF3252DSCF3005 (2) DSCF3251Les maisons sont construites selon le même plan.
Toutes mitoyennes, elles sont longues d’une cinquantaine de mètres et large d’une dizaine, elles s’élèvent d’un niveau auquel on accède par de somptueux escaliers en bois – ceux-ci sont assemblés sans aucun clou… car le seul que l’on peut planter dans la culture baba nyonya, sert à construire le cercueil.
Pour combler l’absence de fenêtre, on y trouve régulièrement des cours ouvertes, des plantes qui grimpent vers la lumière, des patios où, lorsque la pluie tombe, la maison se rafraîchit.
Et aujourd’hui, que l’on visite les maisons des baba nyonya (rappel de Penang), les boutiques de souvenirs ou de fringues fashion, les restaurants ou même certains temples, la disposition reste identique.DSCF3103 DSCF3105 DSCF3116Stitched PanoramaDSCF3194 DSCF3199Finalement, on réalise que malgré nos longs séjours en Chine, c’est la première fois que l’on peut admirer des antiquités et vestiges de la richesse de la culture chinoise.
À l’heure où la Chine a la fâcheuse tendance à repeindre, reconstruire, ré-enduire, et ainsi perdre son patrimoine ; ici, les temples sont encore patinés, les bois lissés par le passage des mains sur les rampes, les meubles et les lanternes datent de la fin du XIXème siècle, la vaisselle et les vêtements donnent des idées sur la vie de l’époque.

Nous serions bien restés tous les trois plus longtemps si Jocelyne n’avais pas à rejoindre l’aéroport de Kuala Lumpur.

C’est ainsi qu’elle termine ses vacances.
Nous avons bien profité de sa présence, de son insatiable curiosité et de ces nombreuses questions.
Nous étions contents de lui faire découvrir un tout petit bout d’Asie, à travers la Malaisie et toutes ses différences et sa diversité. Et contents simplement de la revoir après plus d’un an.
Elle est heureuse d’avoir découvert une autre façon de voyager, elle repart enchantée par l’accueil que l’Asie lui a faite et des belles surprises que la Malaisie lui a procuré.
De là à revenir nous voir prochainement ? On espère.

Les au-revoir sont difficiles. Embrassade et émotions. Mais ça, c’est privé.
Et nous repartons, nos sacs sur le dos, en direction de Penang, pour une visite au Consulat d’Indonésie… Visa à suivre !

Jocelyne en Malaisie – Partie 2 : au pied des Gratte-Ciel

Et c’est toujours aussi ébahie que Jocelyne découvre Kuala Lumpur, la capitale économique du pays.

Kuala Lumpur, ce sont des autoroutes urbaines, des grandes tours de verre et d’acier, des voies ferrées sur viaduc, de grands centres commerciaux, et un monorail qui serpente à travers ce paysage 100% urbain…
DSCF0037Stitched PanoramaDSCF2802 DSCF3013 DSCF2965 DSCF3058 DSCF3019Stitched PanoramaDSCF2998 DSCF0061  100%, pas tout à fait, on trouve aussi des parcs totalement laissés à la nature, avec des singes qui font peur, et des écriteaux qui disent en gros « si vous vous faites mordre par un serpent venimeux, tant pis pour vous ». Tout ça au cœur de la forêt de béton. Étonnant. DSCF2993
Mais revenons-en aux impressions de notre aventurière en herbe (et par la même occasion, les nôtres).
« Ici, tout est neuf, et propre » dit Jocelyne.
Les bus ne sont pas des boîtes de conserve pétaradantes, le numéro de leur route et leur destination sont écrit en latin (facile aussi puisque le malais – techniquement le bahasa malayu – utilise depuis quelques temps cet alphabet qui nous facilite la tâche), pas de vacarme dans les rues, on a même de la place malgré les différents niveaux de circulation entre chemins de fer, ponts, et passerelles piétonnes… bon, ce n’est pas encore parfait, mais on est bien loin devant Bangkok pour l’ergonomie et le confort urbain, et c’est beaucoup plus agréable.DSCF3226DSCF3074Il faut dire que le pays est aussi nettement plus développé avec des tarifs à la hausse, ce qui nous vaut à chaque fois quelques dizaines de minutes de prospection avant de trouver le bon logement (d’autant que Mme Badol, si elle fait des efforts pour s’adapter à notre rythme, n’est pas encore prête à sombrer dans les univers 100% masculins des petits hôtels tenus par les Pakistanais du quartier).

Le quartier où nous avons posé nos bagages, parlons-en.
Un petit quartier extra, un dédale de petites rues bordées de bas immeubles… dans l’attente lasse et résolue d’être à terme mangés par les tours environnantes.
On est dans le Triangle d’Or, un quartier en pleine mutation, des mall de partout (dont un accueillant un parc d attraction!!) mais à l’ombre des tours on retrouve au niveau de la chaussée le tumulte d’une ville asiatique, avec les marchés de « chinoiseries », les étals de bouffes – installés en nombre en cette période de Ramadan ! – ceux de durians qui empestent l’atmosphère, mais aussi les stands de fringues locales, les t-shirts à 10 ringgits, les foulards de toutes les couleurs, les tissus et batiks bariolés…
On retrouve cette extraordinaire diversité culturelle malaisienne dans tous les domaines de la vie.
DSCF2952 DSCF2947 DSCF2831 DSCF2395 DSCF0026 Stitched Panorama DSCF3124 DSCF3062 Stitched Panorama DSCF3029 DSCF2875 DSCF3123 Stitched PanoramaStitched Panorama DSCF3231Car on rappelle, la Malaisie c’est à un carrefour super stratégique des routes maritimes, et depuis près de deux millénaires, les Arabes, les Indiens, les Perses, les Chinois, les Japonais, puis plus tard les Européens sont passés par là pour faire du commerce pacifiquement (pour la plupart, beaucoup moins pour les derniers).
Ce qui fait que depuis plusieurs siècles, à la population originelle malaisienne (les Malais peranakan « ceux qui sont nés ici ») s’est établie une population érudite de Chinois dit « du détroit » (qui quand elle s’est mélangée avec les populations malaises locales forme la culture Baba Nyonya) et dans une moindre mesure d’Indiens.
L’Islam apporté pacifiquement par les marchands du Moyen Orient a séduit les sultans de l’époque. Ce qui fait qu’être malais, c’est être musulman, on ne choisit pas.
D’ailleurs, il est explicitement écrit à l’entrée des restaurants que la loi interdit aux Malais de consommer pendant les périodes de jeûne.
Mais si les Malaises ont une façon toute à elles de porter élégamment le voile, elles ont aussi chacune leur style vestimentaire, plus ou moins fermés, et on retrouve dans la religion cette grande tolérance qu’il existe entre les cultures.
Car malgré les quotas, la discrimination positive envers les Malais, et l’écart culturel qu’il semble y avoir entre les Chinoises en mini-short* et les gens qu’on retrouve à l’iftar, tout le monde s’entend bien (des dires même des habitants du pays). Une bonne leçon.

Avec la colonisation des Européens et dernièrement des « Anglishs », il y eu une dernière vague d’immigration de Chinois et d’Indiens (pour la main d’œuvre cette fois-ci).
D’où aussi cette multitude de cuisines qui s’offrent à nous.

Nous profitons donc de ces quelques jours à Kuala Lumpur pour approfondir notre culture locale. Un tour au Musée National nous permettra de rencontrer une guide bien intéressante et de repartir la tête pleine de nouvelles informations sur les différentes minorités présentes en Malaisie.

La ville est grande mais nous trouvons rapidement nos repères. Nous l’arpentons, à la découverte de ces anciens et nouveaux quartiers. Nous nous questionnons sur quoi manger, nous fouillons dans les boutiques de tissu toutes plus colorées les unes que les autres, …

Finalement, les journées sont bien remplies, et amusés, nous réalisons le soir venu, que dans la même journée nous avons pu observer une grotte hindouiste peuplée de macaques et de sculptures colorées, une mosquée où habillées en chaperon rouge, nous avions bien chaud, et déguster en pleine rue une soupe thaï épicée.
Le lendemain, nous profitons de la climatisation du Musée des Arts Islamiques, nous déambulons dans les boutiques de sari et tissus indiens avant de finir dans un bui-bui de brochettes et sauce sate (à base de cacahouètes).DSCF3134 DSCF3136 DSCF3138 DSCF3144 DSCF3163 DSCF3164 DSCF3169DSCF3053 DSCF3049 DSCF3183 DSCF3186 DSCF2856 DSCF3210 DSCF2869 DSCF3203 DSCF3216

Bref, les vacances !
* les mini-shorts parlons-en…
Encore un coup de gueule déjà poussé et repoussé depuis notre passage en Thaïlande, puis en Birmanie, puis en Inde…
Non pas contre les Chinoises malaisiennes, elles font partie du paysage local.
Mais c’est encore une fois les touristes en débardeurs, mini-shorts, ventre nu + décolleté… qui parfois vont même à se baffrer à 18h devant les mosquées ou sur le marché de bouffe justement destiné à l’iftar (on apprendra même à certains que Ramadan a commencé).
De tristes ambassadeurs de l’occident, loinb de penser que leurs hotes ont leur propre cultures, coutumes, et règles de vie…

 

Jocelyne en Malaisie – Partie 1 : à Penang

Passage express par Kuala Lumpur et à 6H40 le 17 Juin, nous sommes à l’aéroport pour accueillir la maman de Brice. Jocelyne.

Son état de fatigue définira l’itinéraire que l’on prendra par la suite…
…et on la retrouve pimpante dans le hall des arrivées, plus en forme que nous, levés aux aurores.

Nous prenons donc la direction de Penang, tout au nord de la côte occidentale malaisienne.
Tout d’abord nous devons rejoindre Kuala Lumpur – city, puis la bonne gare routière.
Se battre ensuite avec les rabatteurs obstinés, et trouver le bon billet…
… il s’est finalement avéré que nous avons choisi le mauvais : au lieu des 5 heures annoncées, le trajet durera 7 heures. Mais la petite Jocelyne a les yeux grands ouverts dans le bus, tout est nouveau pour elle : les palmiers à huile qui ornent le billard de l’autoroute, les grandes tours asiatiques, la propreté, le bus confortable et son fils !
Puis, on saute dans le ferry pour rejoindre Georgetown, capitale de l’île de Penang.
Il est prêt de 18h quand on trouve finalement une auberge dans nos cordes.
DSCF2413

Après 29 heures de voyage, deux métros, un train, un avion, un bus, un bateau… Jocelyne pose enfin sa valise… mais c’est nous qui sommes claqués.DSCF2596 (2)

Le lendemain, on explore les rues aux petites maisons de style colonial, les belles demeures un peu chargée, les mosquées, les temples hindous ou bouddhistes thaï ou birman…
Les murs de la ville sont patinés, les temples colorées, les étals sentent bons…

DSCF2430 DSCF2524 DSCF2516 DSCF2438 DSCF2454 DSCF2457 DSCF2458 DSCF2485 DSCF2587

ASCII 2 images, Taille: 4144 x 3339, FOV: 64.85° x 53.72°, RMS: 2.21, Lentille: Standard, Projection: Rectilinéaire, Couleur: LDR

DSCF2492 (3) DSCF2489 DSCF2590 DSCF2559 (2) DSCF2592 (2) DSCF2584 (2) DSCF2537 (2) DSCF2546 (2) DSCF2582 (2) DSCF2519 (2) DSCF2596 DSCF2533 DSCF2740 DSCF2655 DSCF2663 DSCF2755 DSCF2641 DSCF2684 DSCF2783 DSCF2747 DSCF2786 DSCF2686 DSCF2752 DSCF2497 (2) DSCF2577 DSCF2432 DSCF2534 DSCF2464 DSCF2848 DSCF2798 DSCF2840 DSCF2819 DSCF2897 DSCF2901 DSCF2794

Penang possède un riche patrimoine colonial. Il faut dire que les Anglais s’y étaient installés pendant quelques centaines d’années.
Et puis au fil des siècles, en plus des Malais, se sont installés des Chinois, des Indiens et des Arméniens. Mais aussi des « mélanges » comme les Baba-Nyonya, et enfin beaucoup de touristes.
Les femmes sont voilées ou en mini-short. Certains hommes montrent leurs ventres parce qu’ils ont trop chaud, tandis que d’autres portent les kurti (tuniques que l’on trouve en Inde). Il y a des Chinois musulmans ou hindous, des Indiens bouddhistes et des Malais catholiques.
Il y a des moines, des lady-boy, de vieux papys sur leurs tricycles fleuris et des femmes en sari.
Tous se mélangent.
Et nos repas quotidiens seront faits de découvertes, de saveurs nouvelles et exotiques.
Tous les soirs, c’est le dilemme. Chinois, malais, indien : que choisir ?
Nous profitons des plats préparés pour l’iftar (la rupture du jeûne. La Malaisie est à majorité musulmane et c’est le début de Ramadan), accompagnés de bonnes pâtisseries, de fruits (durian, mangoustans, mangues, bananes, pastèques et ananas !), tandis que nous nous rafraichissons au lime juice.DSCF2903 DSCF2691 (2) DSCF2571 DSCF2779
Mais également d’un apéro fromages/saucisson/pain/foie gras rapportés de France !

Nous allons nous balader au Parc National sur la pointe de l’île, nous dégourdissant les jambes lors d’une rando’ dans la jungle, accompagnés du chant des cigales (mal accordées !) et des oiseaux bien bavards !
Nous croisons la route d’un varan de plus de 2m à la démarche pataude, de petits singes aux longues moustaches ou aux lunettes blanches sautant des branches en branches, ou grimpant aux lianes pour rejoindre la canopée culminant parfois à quelques 40~50 mètres de haut. Sur les sentiers traversant la forêt tropicale, on découvre aussi des colonies de termites et des grosses fourmis de 4 cm. DSCF2617 DSCF2620 DSCF2626 DSCF2638 DSCF2650 DSCF2760 DSCF2761 DSCF2772 DSCF2781
Une fois arrivés au niveau de la mer, on aperçoit quelques jeunes tortues marines, avant d’aller profiter d’une baignade sur une plage délaissée.

Finalement, il y a quelques méduses aussi qui profitent de l’eau chaude. Pas grave !
Il y a des cocotiers, du sable fin, des hamacs troués et des monkeys. Et nous.
On est pas mal là. Ça fait vacances !
DSCF2633 DSCF2680DSCF2670 DSCF2722

Nous sommes, pour la part bourlingue, plus amusés de faire découvrir tout cela à Jocelyne que véritablement enchantés. La Malaisie – ou du moins cette côte ouest touristique – ne nous marque pas plus que ça (est-ce le contraste d’avec l’Inde…?), en tout cas, au niveau de ce qu’il y a à y voir. Nous verrons ce que la suite de notre séjour nous réserve!

Mais Jocelyne ne sait plus où donner de la tête… et de l’estomac !

On reprend la route à bord d’un ferry sur le détroit, aux premiers rayons du soleil.
Notre train nous attends pour rejoindre Kuala Lumpur.DSCF2907 DSCF2913 DSCF2930 DSCF2799

A suivre !