en-bourlingue

Dans la barre du K

L’idée était d’aller à Sulawesi sans s’arrêter par sa capitale Makassar.
BauBau semblait être une bonne alternative. Cette île est localisée à quelques encablures au sud de la patte orientale du « K » que forme l’île, il semble n’y avoir que peu de passage, mais pour autant quelques petites pépites qui mériterait qu’on y fasse un détour… ça, c’est d’après le guide.
Mais le Lonely Planet, c’est américain, et tout tout tout est toujours amaaaazing… et encore une fois, on s’est fait avoir*.

BauBau respire la quiétude, c’est vrai. En posant le pied dans cette ville, on comprend qu’on n’est plus du tout sur Java et qu’on a changé de mentalité en changeant d’île.
Les gens sont plus zen, les échoppes ferment pour la sieste, moins de monde dans les rues, moins d’agression. Toujours des hello mister, lancés à la cantonade, mais les gens sont si souriantsDSCF8407 Stitched Panorama DSCF8398 DSCF8401

Ceci mis à part… une citadelle qui casse pas trois pattes à un canard, une petite ville sans trop de charme (et pourtant on pense avoir revu nos critères à la baisse), de nouvelles architectures de maisons sympas… Bien sûr, l’île est grande et doit avoir de jolis spots.
Mais c’est loin d’en faire une destination immanquable.
D’autant que BauBau étant une île, il faut aller chercher les moyens de transport qui ne sont pas ceux hors de prix proposés dans le guide.

Pour rejoindre l’île adjacente de Raha, on trouve donc le petit bateau qui traverse le détroit pour 10 000 rupiah (au lieu des 135 000 rupiah du super jet du guide)**, et un kijang (encore un nouveau moyen de transport : le sumo des zones reculés d’Indonésie) qui nous fait traverser toute l’île par une route certes pas très lisse mais dont ces nouveaux paysages changent grandement de Java.DSCF8416 DSCF8417 DSCF8422 DSCF8435 DSCF8438 DSCF8441 DSCF8429Finies les grandes plaines ponctuées des volcans de la ceinture de feu de l’océan indien.
On retrouve les routes de montagne qui tournent qui tournent, et sur lesquelles notre véhicule soulève un nuage de poussière.
Fini le vert fluorescent des rizières, il n’a pas plu ici depuis idoul-fitri (soit notre arrivée en Indonésie il y a deux mois), les champs secs prennent une couleur dorée avec les lumières de fin d’après-midi (qui tombe une heure plus tard).

Arrivés dans la petite ville de Raha, même situation, une ville endormie sans aucun attrait, il est midi, et pour ne rien changer, on part se balader.
La famille qui tient l’auberge nous prête gracieusement une de leurs mobylettes, et on va voir les deux trois attractions proposées par le Lonely et relatées par nos hôtes.
…ben pareil, c’est… sympa… mais pauvre canard : il s’en prend plein les pattes.

On passe tout de même voir des grottes, dans lesquelles on a retrouvé des peintures qui dateraient de 1800 av. J.C., tout ça dans le décor magnifique de roches karstiques, ça reste impressionnant !DSCF8509 Stitched Panorama

Heureusement, la mobylette nous permet de passer à travers des villages où résonnent les sourires et soulève de gentilles invectives sur notre passage… des lieux que nous n’aurions jamais cru pouvoir découvrir 19 mois plus tôt lors notre départ.
Des gens simples, des maisons brinquebalantes perchées sur de frêles poteaux de bois.
Les maisons sont séparées de la route par barrières colorées et une bande de gazon.
Les kampung qui semblent s’étirer le long de la route vallonnée…DSCF8450 DSCF8496 DSCF8488S0158648 DSCF8468 DSCF8474 DSCF8486 DSCF8392 DSCF8561Partout, le bois et le bambou sont utilisés, mêlant sa solidité et son caractère éphémère.
Ainsi certaines habitations, pourtant toujours habitées, penchent dangereusement, tandis que d’autres n’ont plus qu’une marche sur deux, un morceau de toit et plus de garde-corps. DSCF8547 DSCF8574 DSCF8560 S0628835 DSCF8706Stitched PanoramaS0368726 S04087431 S0408748 S0548790 DSCF8821 S0678853Mais la route est paisible, et sourire aux lèvres, nous zigzaguons à travers les villages, slalomant  gaiment autour des nids de poules – qui crèvent la roue de notre moto toute neuve.DSCF8870

On découvre aussi que – par rapport à la très peuplée Java – les prix pour manger grimpe en flèche… mais la taille des portions aussi… et quelles délicieuses portions, des ikan bakar (poissons grillés) énormes. Être entouré par la mer, ça a aussi du bon.

Après ces balades à BauBau et Raha, nous décidons d’aller rejoindre Sura, qui habite Bone, sur la barre occidental du « K » de Sulawesi.
Sura, c’est ce bon samaritain que nous avions rencontré sur le bateau reliant Surabaya à BauBau quelques jours auparavant et qui nous avait hébergés dans sa cabine de première classe.
Et bien sûr, ce dernier nous a invités à passer chez lui pour « découvrir la culture Bugis, manger du bon poisson et laver notre linge à l’œil », sic.

Ainsi, nous embarquons à bord d’un premier speed-boat pour Kendari. Mais pour le coup, on est presque aussi bien que dans un TGV. Pas de bruit de moteur, on semble glisser sur l’eau. Durant 3h, assis en ekonomi, nous longeons la côte sulawesienne, bordée d’une dense forêt vierge recouvrant des reliefs abrupts sous laquelle se dessinent quelques criques aux eaux turquoises.Stitched Panorama

Nous ne nous éternisons pas à Kendari. Un pete pete (c’est l’angkot local… encore un nouveau mot pour dire la même chose) et 30min plus tard, nous sommes déposés devant un comptoir de voitures collectives dont une n’attendait que nous pour décoller.
Entassés au fond du véhicule, c’est parti pour 5h de voyage, au chaud et en poussière, pour rejoindre Koloka. Là encore, on a bien le temps de comprendre que oui, le paysage a changé, et que non, les routes sont loin d’être aussi bonnes qu’à Java.
Et enfin, à Kolaka, nous embarquons à bord d’un ferry pour une nuit de traversée du golfe formé par les deux barres du « K ».Stitched Panorama DSCF8931
Nous choisissons initialement la catégorie ekonomi une fois n’est pas coutume, mais cette fois-ci, et devant la foule déjà présente, nous nous accordons une version VIP, c’est-à-dire climatisée à son paroxysme.DSCF8921La nuit sera donc hyper trop froide, dans une cacophonie indonésienne qui semble ne déranger que nous (télé, chansons sur les téléphones, et musiques répétitives des jouets pour enfants… avec des discussions jusqu’au bout de la nuit)… et éclairée comme en plein jour***.
Très mauvais choix, dommage car il faisait finalement bon dehors, malgré la quantité de personnes présente sur le pont.DSCF8926 DSCF8929 Stitched Panorama Stitched Panorama DSCF8939

Il est 6h du matin lorsque nous arrivons enfin à Bone.
Sura doit venir nous chercher dans trois heures.
Bon bon bon… on va attendre.
Heureusement, nous faisons la connaissance de Thalia, jeune prof d’anglais, qui attend aussi son travel, et avec qui nous papotons longuement en remontant les trois kilomètres du ponton.DSCF8994 Stitched Panorama Stitched Panorama
En lisant la carte de visite que Sura nous avait donnée, elle note une particule caractéristique de la haute aristocratie de Sulawesi.
Cela tombe bien, Sura arrive enfin. Cela augure de bonne chose pour notre séjour ici.

 

  • à ce propos, nous avions – avec Marion et Romain – rencontré un couple de voyageurs à Bondowoso qui nous avouait que, quand ils voulaient avoir les commentaires les plus pertinents et critiques sur un lieu, un monument à visiter, ou un resto’, ils préféraient toujours se fier à ceux laissés par les Français qui sont tellement « pet’couille » qu’ils ne laissent rien passer… alors que la moindre fontaine en béton sur une rond-point bruyant est toujours amazing ou awesome pour les Australiens ou Américains.

** On commence peu à peu à comprendre les contraintes de l’insularité : quand on est sur une île, on doit prendre le bateau, comme on prend le bus à Surabaya.
Oui, ça peut paraître bête, mais vu la tête de certaines embarcations, elles ne peuvent qu’être qu’à usage quotidien.

*** Nous avons remarqué que les Indonésiens ont souvent peur du noir, ou en tout cas, ne conçoivent pas de dormir sans lampu tidur (veilleuse).
Ainsi, dans les maisons dans lesquelles nous sommes passés, il y avait toujours une lumière allumée dans le couloir, sur le palier, et parfois dans la chambre. Veilleuse ou carrément les 5 ampoules du plafonnier, les Indonésiens doivent avoir de plus épaisses paupières que nous…
Donc sur la partie du pont du bateau fortement éclairé, il y a une foule qui s’entasse. Mais à l’ombre des escaliers, sous les pontons, une fois passée la pénombre, il n’y a plus personne.

Article publié le 21 septembre 2015 à 4 h 53 min. Il apparaît dans la catégorie Asie du Sud-Est, Indonésie. Sauvegarder le lien permanent. Suivez ici le flux RSS pour cet article.

Une idée, une réflexion, une pensée...

  1. évouzétoulà dit :

    non, non, je dis plus rien
    ni popopopo dis
    ni preum’s
    rien…
    mais pour les autres joueurs
    « respect, evouzétoulà »

    est-ce qu’ils ont des permis de construire, tous ces gens
    et les poissons, on aurait bien voulu en voir, dans une assiette, sous l’eau ou sur un carnet de croquis

    faisez gaffe

  2. Star Ac' dit :

    Respect évouzétoulà.

    Sinon, même si niveau architectural c’est pas hyper riche, je trouve que ca avait l’air d’une belle balade BauBau.
    Tout di moins c’est l’impression que me donne vos belles photos.

  3. Le meilleur pote de Brice dit :

    J’adore le dortoir à ciel ouvert sur le pont du bateau. Je ne pourrais certainement pas dormir dans ces conditions, mais ça doit être très apaisant de voir tout ce petit monde en discussion avec Morphée.
    Nouvelle question après le nombre de transport diffèrent, c’est quoi le moyen de transport le plus confortable que vous ayez utilisés ? Et le pire ?

    • en-bourlingue dit :

      La question que tu avais posée sur les transports…
      Impossible de classer par catégories comme tu le demandais. Un molek est il un train?
      Un sumo peut ils être considérer comme un mashrutka ou un dolmus?

      Difficile aussi de dire quel transport est le moins confortable… Il peut y avoir des véhicules très confortables, mais le voyage se fait dans des conditions de stress (sur le trajet, comment va se passer l’arrivée…) telles que le voyage n’est pas si agréable.
      Alors qu’à l’inverse, être installés dans un bus pourri, et traverser des paysages magnifiques en nous sachant accueillis à l’arrivée: voilà qui est un trajet réjouissant.

  4. évouzétoulà dit :

    ah mais oui, si un dolmus n’est pas le molok, mais alors le mashrutka, hein, je te le demande ?
    ou bien, il y a aussi le griontek, moins facile, et aussi, assez confortable, le joenfrital
    mais plus rare et le proprio est souvent un peu aigri
    j’ai rencontré parfois quelques diuemprikops, mais c’est plus rare, et ils ne sont pas très aimables, enfin les males…, parce que les femelles voyagent en groupe…
    voilà, ouf
    bin vla !
    bonnes bises

    faisez gaffe à pas vous faire renverser par un trinschaï en traversant, c’est les pires…
    ils roulent comme des cons !

    (quelle bonne rigolade ce blog quand même…)

  5. j2m dit :

    bonjour,
    je regarde votre blog depuis qq jours, on en prend plein les yeux…
    une de mes connaissances connait bien les sulawesi, il peut peut être vous tuyauter, c’est pas le style a s’extasier comme les aussies:)
    bonne route,
    continuez de nous faire rêver

  6. […] matchs de la coupe du monde de rugby et des films et d’organiser notre passage à Tinambung, chez Thalia (que nous avions rencontré sur le bateau pour Bone). Et puis, Pare-Pare est le genre de ville dans […]

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