en-bourlingue

En long et en large

Ça y est ! On part pour la capitale Yangon.

Enfin… l’ancienne capitale, puisqu’il y a quelques années, le gouvernement a décidé, sur un coup de tête (enfin : l’astrologue-a-dit !**), de la déplacer à Naypyidaw au milieu du pays, du jour au lendemain. La version officielle plaide pour un recentrage géographique pour être plus près du peuple… l’une des thèses non officielles serait plutôt que la junte craindrait des attaques américaines maritimes.

Bon, donc nous on va à Yangon… anciennement Rangoon, comme le gouvernement voulait effacer toute trace de la colonisation britannique, et tout ça…
Et pour y aller depuis Kyaik-Hti-Yo, il faut soit prendre un bus quelque peu onéreux (impossible de trouver les bus pourris pour les Birmans), soit faire à la manière bourlingue.
C’est bien sûr, cette dernière, que nous allons appliquer.

On se pose alors au bord de la route pour tendre le pouce. Mais aujourd’hui, c’est dimanche, et toutes les voitures/pick-up qui partent sont remplis à ras-bord de pèlerins. Tout le monde rentre, après un week-end passé au pied du Rocher d’Or (et ras-bord ça veut dire une vingtaine dans la benne du pick-up et une petite dizaine sur le toit). Pas grave, on est motivés. Ça va le faire.
On tombe alors sur une des seules voitures de particulier, et vide qui plus est. Elle nous embarque pour 20min de route et nous dépose à la gare de train, dans la vallée.
Malheureusement, le seul train est plein et interdiction de monter et d’y rester debout… d’après ce qu’on comprend. Bon, alors, on se dirige vers les bus et les pick-up. Comme à l’accoutumé, un attroupement se forme autour de nous, nous disant qu’il faut prendre un gros bus. Mais nous, on ne veut pas prendre un gros bus qui coute x fois le prix de ce que les locaux payent…
On trouve finalement un pick-up, les personnes déjà assises nous confirment qu’il va bien à Yangon, on négocie le prix, mais au moment de monter nos bagages, on nous dit qu’on ne peut pas prendre celui-là, c’est un autre qu’on doit prendre. Vide.
Au bout de 10min, on perd patience, et on part se poser au bord de la route pour faire du stop. Les gens ne comprennent pas trop non plus, et puis on se tape les mêmes voitures pleines qu’en amont. Des petits jeunes veulent nous aider… mais quand on essaie d’arrêter des voitures particulières, il nous dit « no no no no »…
Au Myanmar, les gens sont très sympas, très généreux… mais un blanc, ça a de l’argent, alors pourquoi il s’escrimerait à vouloir voyager avec des Birmans pour gratuit, hein ?
On finira dans un pick-up, coincé entre 3 bouteilles de gaz et un sac énorme de pastèques.
Déposés « presque » à Yangon, on monte dans un dernier bus de ville, qui nous secoue jusqu’au centre-ville.
Ouais on y est arrivé !DSCF3538 DSCF3540

La vieille ville de Yangon est quadrillée par un ensemble de rues toutes parallèles et perpendiculaires les unes aux autres, et numérotées, c’est plutôt facile de s’y repérer, ça doit dater de l’ère britannique.DSCF3635 DSCF3613 DSCF3563Sur les façades des vieux immeubles d’époque aux couleurs passées, les balcons sont chargés de plantes et vêtements qui sèchent. Stitched PanoramaDSCF3622 DSCF3809Les escaliers bien raides et sombres grimpent aux étages, des pinces sont suspendues à des fils descendant des balcons jusqu’au rez de chaussée. DSCF3559Elles servent à remonter le courrier ou n’importe quoi d’autre… mais aussi de sonnette (quand il n’y a plus d’électricité). Les trottoirs sont régulièrement encombrés d’énormes générateurs électriques (pour parer aux fréquentes ruptures d’énergie). DSCF3847Les minuscules échoppes installées sur la rue vendent de tout ! L’une d’elle revend toutes les pièces des ventilos, tes pales sont cassées? pas de problème choisis la couleur ! une autre fait la même chose pour les perceuses, ou les télé’…, un type vend des centaines d’outils de secondes mains et comme dans les marchés, tout est posé par terre.DSCF36511 DSCF3626 DSCF3642 DSCF3648 DSCF3815 DSCF3817 Stitched Panorama IMG_7244 IMG_7245 Stitched Panorama IMG_7250 IMG_7253 DSCF3837Et puis à tous les coins de rue, les odeurs de nourritures, des marchés, les petites terrasses improvisées,  … Tout semble hors du temps.
Les façades coloniales sont repeintes, chaque balcon d’une couleur différente choisie par son proprio’, c’est marrants. Nous on aime bien, ça fait des rues bigarrées et ça ne manque pas du tout d’harmonie
De vieux bus coréens (plan du réseau de Séoul encore affiché à l’intérieur) remplacent les plus vieux, rachetés au Japon, (dont les portes du côté gauche avaient été condamnées…. Système D !) et parcourent les rues et avenues à toute vitesse.DSCF3571Dans certaines petites rues, on trouve encore des taxi-vélos, et tout le monde chique cette noix de bétel, qui rend les dents rouges, et repend de merveilleux glaviots vermillons sur la chaussée.
Les hommes sont en longyi, les femmes aussi.
On prend du bon temps à se balader « là-dedans », accompagnés de sourires.
Ici, se côtoient de nombreuses communautés.
La Birmanie compte 6 ethnies principales, redécoupées en centaines de sous-entités. Autant dire que ça fait des gens différents. Et on le ressent bien en passant dans les différents quartiers…DSCF36021 DSCF3628On est contents de manger des roti, sorte de petit pain/crêpe indien, des nouilles sauce comme ci, du curry plutôt comme ça, des trucs gluants au goût… indéterminé.

En se baladant, on partagera un thé au lait concentré avec l’équipe de rédaction d’un journal, installée en terrasse. Il y a dans le groupe, un dessinateur/cartooniste. On essaye de parler de la liberté de la presse au Myanmar mais notre birman et leur anglais n’y suffiront pas… Dommage. On est passé à côté de plein de réponses aux questions qu’on se pose.
Mais Marion aura le droit à un cours de dessin sur les proportions du corps humain, tandis que Brice se fait faire le portrait. Très chouette moment, assis sur nos chaises en plastique, au ras du sol !
Et puis un soir aussi, alors qu’on vient de s’installer à notre terrasse de street food, un petit groupe d’étudiants nous invectivent, et on commence à papoter. Ils sont Daï (tiens, la même ethnie que dans le sud du Yunnan) de l’état de Shan… et ils ont monté une organisation pour défendre les droits de cette minorité dis donc ! ils parlent bien librement ! et ils nous disent que « leur » armée combat les « militaires » (l’armée régulière), que dans ces régions il n’y a pas d’école, pas d’hôpitaux… et que oui, ils se sentent Burmese, but not Burman (l’éthnie majoritaire)…ça a l’air compliqué ce pays…

Sinon, à Yangon, Il n’y a pas trop trop de sightseeing spots, mais il y a la pagode Shwedagon : la super grande, la plus dorée, la plus vénérée, la plus….Stitched PanoramaLe site est immense, recélant de multiples stupa, autels, templounets, Bouddha, … Tout est doré, il y a des cloches qui tintent au vent, de très nombreuses personnes viennent prier, des moines, et des touristes…Stitched Panorama DSCF3730 DSCF3792 DSCF3761 S0013734 IMG_72391 Stitched Panorama IMG_72381 DSCF3680 DSCF36721 DSCF3691 DSCF3706(on empruntera d’ailleurs l’entrée des « locaux » afin de s’affranchir du droit d’entrée only foreigners de 8$)*

Mis à part cette petite entrave au fonctionnement, le site est impressionnant. On en prend plein les yeux de dorures, cailloux précieux, miroirs et faïences, … c’est clinquant, mais la pagode est impressionnante, et son stupa est pourtant en travaux sous une grande bâche, ça doit en jeter sinon.
Brice fera copain copain avec un jeune moine… qui lui fera boire de l’eau de l’empreinte du pied de Bouddha… bon bon, mais juste une gorgée alors !

On profite de notre passage à Yangon pour aller finaliser notre demande de permis pour passer la frontière avec l’Inde. Le 2 février, nous passons de l’autre côté !

Départ le lendemain, pour Bagan.
À la gare de bus, un rabatteur (comment les éviter dans ce pays ?!) nous écrit que le bus coûte 11000 Ks (soit env.11$) (alors que tous proposent 15000). On le suit pour aller acheter nos billets, trop contents d’avoir trouvé moins cher. Au moment de payer, le prix est repasse à 15000 … only foreigners… On s’énerve un peu et, finalement on finira assis dans un bus, hyper climatisé et confort, pour 11000 Ks ! (bon, on sait que les locaux paient moins…)
Encore une victoire !
Dans le bus, c’est marrant, un film passe (volume à fond) et les Birmans – bon public – rigolent tous de bon cœur… et nous ça nous fait bien rire. (Et puis le bus a beau être tout neuf – enfin un bus chinois de seconde main – on a quand même une casse mécanique qui nous immobilise un temps sur le bord de route)
À la gare routière de Bagan, on monte dans un pick-up pour locaux pour rejoindre la ville, normal !. Mais on nous fait comprendre qu’on doit prendre un taxi.
pick-up, only locals. You,Taxi : 7$… Arggg ! He ho ! on est pas des Américains !
On part donc faire du stop pour les 5 km qui nous séparent de la ville.
La voiture s’arrêtera au check-point : entrée du site de Bagan : 20$ par personne… only foreigners

 

** l’astrologue a un rôle prépondérant dans les conseils donnés aux membres
du gouvernement, tout comme le numérologue. Aussi dans les années 70, un des généraux – bien avisé – remplaça tous les billets de banque par de nouveaux aux valeurs loufoques. Sur les brocantes de Yangon on en a vu quelques uns de 35, 45, 70, 90 kyats…
A première vue c’est marrant…mais ça devait pas être drôle pour rendre la monnaie

  • Pour répondre à une question posée dans une post précédent :
    Alors oui, ça ne semble pas beaucoup 8$. Sauf que l’argent qu’on distribue à chaque fois part soit dans les caisses de la Junte, soit dans celle du bouddhisme.
    Il n’en revient rien aux populations locales qui vivent (à près de 90%) avec moins de 50 centimes d’euros par jour, et on l’avoue, on accepte plutôt mal le fait de voir tous les prix majorés pour les touristes : repas, visites, bus, hôtels, …
    En mangeant dans la rue, on peut s’en sortir pour moins de 3$ à deux. Une nuit en auberge/cage à poule/douche commune et eau froide/puces (qui sont restées bien accrochées à Marion pendant une semaine…), on paye au mieux 14$ (prix affiché à 5$ pour les locaux – et on a jamais repayé si « peu »)…
    Un bus local pour 2h de route, nous a couté 1$, alors qu’il peut couter 5$ pour les touristes, ….
    Donc oui, 8$ pour visiter une pagode ça n’est pas énorme, tout comme 6$ pour le Rocher d’Or…
    Mais en l’occurrence, le bouddhisme draine beaucoup d’argent, les moines passent plusieurs fois par jours pour « réclamer » de la nourriture, munis de leurs timbales et seaux de riz, les gens donnent pour acheter des fleurs, de l’encens,… Ils posent des sous partout pour le Bouddha du Lundi et celui du Jeudi, pour le Bouddha du mois de Mai et pour l’année du Cochon…
    On essaye : pas d’argent aux religions, pas d’argent aux gouvernements qui réprimandent…
    Pour info’, en moyenne on dépense au Myanmar 4€ par jour pour manger (à deux !), alors qu’on dépense 13€ pour l’hébergement. Et à titre de comparaison, en Chine dans des chambres bien plus claaaasse, c’était respectivement 7€ et 12€ (et 8€ et 8€ au Kirghizistan)…
    … le mythe de la poule aux œufs d’or ?
Article publié le 18 janvier 2015 à 18 h 02 min. Il apparaît dans la catégorie Myanmar. Sauvegarder le lien permanent. Suivez ici le flux RSS pour cet article.

Une idée, une réflexion, une pensée...

  1. magoldo dit :

    Quel gouffre entre les temples et le fouillis des rues
    Moi je préfère les rues mais bon…
    Pour les puces vous avez essayé les colliers pour chiens?lol

  2. Cat dit :

    Pour du doré c’est du doré…! Bravo pour le brief sur l’économie du bouddhisme, on ne le sait pas encore vraiment. Décevant bien sûr, l’image en prend un coup. Bisous

  3. Le meilleur pote de Brice dit :

    Ils sont beaux les gens. Et tout de suite on sent la presence du voisin indien (vos vendeurs d’enceinte ils ont des tetes bien indiennes).
    Sinon, si vous avez apprecie le film a fond dans le bus, attendez d’entendre la musique dans les bus en Inde…

  4. Sergio le patron dit :

    C’est beau, les photos de marché donnent presqu’envie de manger des légumes!
    Sinon ça y est, finie la vie de salarié, je rentre aujourd’hui dans la mendicité.

    Bises

  5. giraudot dit :

    quels décalages…

    nous, on pensait que la Birmanie, c’était « ouah, putain le bol » (non pas de riz, le bol…)
    ces paysages grandioses, ces couchers de soleil, les temples en or
    c’est simple rien qu’à voir les images, et qu’en fermant les yeux on disait ouah….

    c’est vrai qu’on avait quand même aussi entendu que, bon, le prix nobel de la paix dont c’est seulement le prénom qu’on peut prononcer, avait du mal à faire passer ses idées…
    mais bon, c’est la Birmanie quoi, merde…, la Birmanie

    mais voilà, ce n’est pas la Birmanie, la junte a dit que c’était autrement, beaucoup moins poétique, plus dictature « bananière »

    et voilà, en plus, qu’il y a aussi et déjà le tourisme frelaté et qui frelate, qui met à mal un pays pauvre, un peuple matyrisé et soumis, et qui voit les dollars que tu as au fond des yeux quand il te regarde

    quels décalages…
    quelle tristesse, finalement
    fermons les yeux, rideau !

    et pour les couchers de soleil, c’est malin, on sera obligés d’aller aux Maldives maintenant, pffff

    bises bises

    évouzétoulà

    ps pour sergio, passe-moi un rib…

  6. giraudot dit :

    pas de news fraiches…?
    c’est parce qu’ils n’ont pas d’internet où ils sont, c’est « pourri » !

    mais ça va, ils ont fait un trek, magnifique, on aura tout ça sur le blog…quand on l’aura, pardi !

    et ils passent en Inde mardi prochain
    soyons patients

    bises, les blogeurs
    évouzétoulà

  7. Sergio dit :

    10 jours d’attente, c’est vraiment un scandale. Encore un coup de Hollande, moi je vous le dis ça serait jamais arrivé avec Sarko, ma petite dame.

    Bises

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