en-bourlingue

Avant, ici, il y avait de l’eau…

Pour aller à Nukus, il n’y a pas de train depuis Khiva…

On va donc découvrir les transports en commun locaux : on va y aller en taxi partagé… qu’il faut aller prendre à Urgench…
Et pour aller à Urgench, c’est soit un taxi, soit un trolley bus… Ok pour ce dernier (qui en plus n’est pas si moche pour un trolley). Une fois arrivés, on doit aller rejoindre les taxis pour Nukus, avec l’aide des non-anglophones qui nous entourent, nous finissons par trouver un marshroutka (les minibus – ou parfois microbus – qui font office de dolmuş en Asie centrale).
On arrive dans les faubourgs de la ville, à côté du stade olympique d’Urgench.
« – Olympique de quoi ?» « – Olympique de football » nous répond un type… ah bon…
Quelques taxis attendent leurs clients, et après négociation du prix de la course pour chacun de nous….et bien on attend.

DSCF9779 DSCF9772On attend en effet que le taxi soit plein avant de pouvoir partir… et Nukus ne semble pas être the place to be puisqu’il nous faudra attendre deux bonnes heures (de croquis, de lecture…) pour que deux personnes viennent compléter notre équipe… pendant ce temps, le coffre se remplit de produits que les gens donnent à livrer dont deux énormes sacs (~70 litres) de billets de banque !

Le trajet se fait à vive allure, sur des routes défoncées tracées toutes droites au milieu du désert. Ici, on conduit vite et mal !

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Mais pourquoi sommes-nous aller à Nukus alors ? (Question-réponse !)
Car en effet, en arrivant dans la capitale du Karakalpakstan, on comprend que la ville n’a que peu d’intérêt, si bien qu’elle est trop grande pour sa population dégringolante.
La ville est si isolée, au fin fond du pays (lui-même au fin fond de l’Asie centrale rappelons-le), que l’artiste Savitsky avait eu l’idée d’y cacher un grand nombre d’œuvres issues des anciennes républiques soviétiques et qui ne plaisaient pas au gouvernement central de l’époque (85 000 œuvres tout de même, ça fait une sacrée collec’ !). Depuis l’indépendance de l’URSS, on en a fait un énorme musée.

Mais nous n’avons pas parcouru 400km pour ce beau musée, mais parce que Nukus n’est pas si loin de Moynak. Et Moynak, c’est l’ancienne ville portuaire située au bord de la Mer d’Aral, soit aujourd’hui à plus de 200km de ce qu’il reste d’eau dans cette mer…
On passe par le bazar, et on arrive brillamment à négocier un taxi en quelques 40 minutes pour nous y emmener le lendemain (on rappelle qu’ici personne ne parle anglais !). Le lendemain, pas de nouvelle du taxi… on demande aux Ouzbeks du bazar, on nous dit d’aller chercher à l’avtowokzal (la gare routière)… bon, on saute dans un marshroutka. Et c’est parti… la négociation se fait en une petite dizaine de minutes (on s’améliore !).
Et on grimpe dans notre taxi, Fangio est au volant ; il est farouche et ne décroche pas un mot. On traverse les villes et villages du grand ouest ouzbek.
On s’arrête pour faire le plein (de gaz… pas d’essence dans ce pays producteur de pétrole) et on doit descendre de la voiture. Pendant ce temps un gros tracteur vient se garer devant l’abri… il est vieux, il est bleu, et il a une remorque pleine de melons. Comme on ne passe pas inaperçus au milieu de la population locale, on nous offre un melon…

DSCF9853 DSCF9883 DSCF9893 DSCF9868et hop ! on repart sur les chapeau de roues, on prend la 4 voies à contresens et on bifurque pour rejoindre deux heures plus tard la ville de Moynak.

Elle se situe sur le delta de l’Amu Darya, ce fleuve aussi important que le Rhône mais qui arrive néanmoins asséché à la mer d’Aral du fait de ses multiples prélèvements en amonts (notamment pour la culture de coton). Donc plus d’eau dans la mer…
Autant dire que la ville n’est pas jolie jolie…

DSCF9911 DSCF9891 DSCF9930 DSCF9943 IMG_3358DSCF9945Quelques bateaux sont échoués en plein désert, comme pour prouver du ridicule de la catastrophe écologique.
On s’arrête au cimetière des bateaux. Difficile de se dire qu’ici, il y a 30 ans, il y avait des pécheurs, des poissons, et de l’eau.
Difficile d’imaginer ce désert comme un endroit paisible de baignade…

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DSCF0041On a du mal à comprendre comment les gens n’ont pas su stopper cette catastrophe. Parce qu’ils devaient bien voir que l’eau s’éloignait du port, que les niveaux baissaient…
Il ne reste en tout cas, à Moynak, que quelques coquillages et des bateaux échoués pour s’en rappeler.
Et peut-être aussi le panneau de la ville, avec des mouettes, des vagues et un gros poisson !

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Article publié le 6 septembre 2014 à 19 h 19 min. Il apparaît dans la catégorie Asie Centrale, Ouzbékistan. Sauvegarder le lien permanent. Suivez ici le flux RSS pour cet article.

Une idée, une réflexion, une pensée...

  1. Le meilleur pote de Brice dit :

    T’as oublie de dire qu’il avait que 3 roues aussi. Sinon au milieu de la mer d’Aral, il y a une petite ile ou les sovietiques (ca doit etre du temps de l’URSS), on entasses tout plein de produit chimique ou radioactif. Ils pensaient qu’ils seraient bien proteges au milieu de la mer… Pas de bol

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