Un chapeau gris, une écharpe rouge

En quittant Mastuj, nous ne pensions passer qu’une poignée de jours à Booni.
On ne connait rien de Booni. Sur la carte, ce village est représenté par un triangle vert, au débouché d’un affluent de la rivière. On dirait une forêt, le nom est sympa et c’est à mi-chemin entre Mastuj et Chitral.
Et puis Shahab nous confirme qu’il peut être bon d’y séjourner un temps. C’est parti.

Après deux heures de trajet, coincés dans une Jeep, nous arrivons au bruyant bazar du village. Le calme des derniers jours nous a tellement fait du bien, que les premiers instants dans le tumulte de l’unique rue commerçante de Booni nous effraient un peu.

Nous posons nos sacs dans une auberge en plein cœur du bazar, où l’affable Amjat nous accueille avec gentillesse. Puis nous partons nous balader, faire connaissance avec ce village.
Bonjour par ici, bonjour par-là… et puis bonjour à un policier qui semblait nous chercher.
Ah dommage, on pensait qu’on nous avait oublié !
Il dépêchera alors deux nouvelles escortes qui se relaieront pendant notre séjour. Merhab jusque dans l’après-midi puis un autre – dont on a oublié le nom – pour les soirées et la nuit. Oui, notre escorte dormira dans la même auberge que nous.
C’est ainsi. Nous avons beaucoup essayé de négocier, à nombreuses reprises, assistés de nos hôtes, de dire qu’on allait rester au village, qu’on n’avait pas besoin d’une escorte quand on reste à l’auberge, mais que nenni. 24/24 et c’est comme ça. Ok…

Notre première courte balade nous mène à l’auberge d’Anwar.
Anwar c’est un mec cool. Éduqué, militant communiste et féministe, poète à ses heures, il est habillé à l’occidentale et il adore les chevaux, il est d’ailleurs joueur de polo.

Son auberge se trouve dans la vieille maison familiale, siégeant au milieu d’un calme jardin. Des arbres fruitiers, des fleurs, des feuilles jaunes, une allée de petits cailloux et trois chevaux qui nous regardent.
Le voilà le coin calme dont nous avions tant envie.


Et le lendemain nous posons nos affaires pour les neuf prochaines nuits ! Qui l’eut cru !

Booni à la même configuration que Mastuj en nettement plus étendue, et avec un tout petit peu plus de confort.

Installé sur un plateau surplombant le fleuve, le bourg s’étend de part et d’autre de sa rivière.
La courte plaine semble couler de la montagne, comme un glacier se laisserai glisser pour rejoindre le cours d’eau en aval en une nappe de cultures en terrasse.
Encore une fois, notre timing est parfait et les couleurs des paysages que nous arpentons nous enchantent.
Il fait bon ici.
La journée, le soleil chauffe aisément nos corps au repos dans le jardin. À l’ombre, il ne fait pas trop froid.

Cet endroit est paisible. On s’y sent bien.

Sur les hauteurs du village, le long des flancs de la montagne, courent des canaux d’irrigation issus du glacier. Ceux-ci barrent les montagnes d’intrigantes lignes horizontales.

À quelques reprises, nous les suivrons le temps d’une balade, en compagnie d’Anwar désormais notre meilleur acolyte – et du peu loquace Merhab devenu de facto notre inséparable compagnon de randonnée.

Nous grimpons à travers jardins dorés et cultures en attente. Nous nous faufilons entre les arbustes et vergers, remplissant notre sac de pommes, poires et grappes de raisins* récupérés au hasard de notre avancée chez les gens.


Anwar nous explique le principe de « partage et d’échange », tellement intégré dans leur culture et tradition.
Je crois que nos sociétés ont oublié beaucoup de choses…**

Après avoir contourner le village, disserter avec un veau peu farouche, et suivi le flot de l’eau des chenaux d’irrigation, nous rejoignons un promontoire depuis lequel nous contemplons Booni.

Ses multiples couleurs, ses montagnes environnantes, son glacier, cette rivière… et nous.
À Booni, nous prenons le temps.

Le temps d’embrasser ces paysages aux couleurs éphémères, de profiter de la chance que nous avons d’être où nous sommes et de recevoir tant de gentillesse.
Nous célébrons ce moment autour d’un calumet de hash’, très couramment fumé dans cette région et par toutes les générations (si ce n’est la plus jeune) … notre escorte ne dérogera pas à cette habitude.

Pour clore cette très belle journée de survol de la ville, Nisar, le frère d’Anwar nous conduit de l’autre côté de la rivière, sur un plateau faisant face à Booni.
D’ici, la vue sur le village et la vallée est magnifique.


Avec notre arrivée chez Anwar, nous apprenons que les habitants de Booni sont fans de polo***.


Nous découvrons aussi ce sport, qui demande équilibre, dextérité, puissance et endurance, et qui est loin d’être le sport guindé que les Britanniques ont transformé par la suite.
Sur le terrain poussiéreux derrière la grande mosquée, des gradins accueillent les spectateurs. Après que Brice ait eu l’honneur d’engager le jeu, nous nous installons sur notre assis-dur au premier rang.


Nous contemplons ces chevaux aux galops et ces hommes en course. Une main agrippe le maillet levé, prêt à frapper cette lourde balle de bois, tandis que l’autre tient les rênes.
Les actions se passent très rapidement dans un vaste nuage blanc de poussière remuée par les sabots.


Anwar est lui aussi joueur de Polo, tout comme son frère Nisar, ses cousins, son père, son neveu, et ses potes.

Nous allons suivre les préparatifs du cheval, comprendre la passion des joueurs qui pourraient les mener au fameux festival de Shandur, plus haut terrain de polo du monde et consécration locale.

Au bout des deux périodes de 25 minutes, les joueurs et leurs montures sont en sueur, et nous spectateurs sommes couverts de poussière. La foule et nous partageons quelques parts de gâteaux et boissons rafraichissantes offertes par les joueurs, avant de reprendre notre route.

Nos journées s’enchainement, toutes plus remplies et riches les unes que les autres…
C’est avec joie que nous découvrons la vie tranquille de ce village, le rythme lent des habitants. Ici encore, no tension. Les bonjours vont bons trains, tout comme les invitations à boire le thé.
À l’auberge, les gens se succèdent pour venir saluer Anwar, disserter un temps, partager un calumet, puis repartir.
On sent qu’Anwar et sa famille font partie des notables de la ville.
Lors de nos déambulations déjà, tout le monde le connait et le salut.

Quand nous nous promenions seulement tous les deux (et Merhab), nous parvenions à refuser les invitations à boire le thé, et poursuivre notre route.
Mais lorsqu’Anwar est avec nous, il utilise son rôle social et prend un malin plaisir à nous faire inviter par sa famille (avec des familles à 7-8 enfants, tout le monde est vite parent), qui le vilipende aussitôt de ne pas les avoir prévenus en avance de notre visite****.
Car ici, quand on invite à « prendre le thé », c’est au moins accompagné de gâteaux et d’une livre de fruits frais, au plus d’un demi festin !

Ses visites impromptues nous permettent néanmoins de goûter aux traditions d’hospitalités et aux diverses spécialités culinaires : pandeer (fromage de chèvre qui pue – fil conducteur de notre séjour : on n’en trouvera en effet que le dernier jour), shira chapik (chapati à la béchamel et au beurre), viande grillée et yaourt maison, biryani ou un délicieux pain au noix cuit pour nous par la maman d’Anwar…


… et toujours des pommes par dizaines, des poires au kilo, des noix, des amandes, des abricots secs, des sucreries à la carotte, et des chai, des chai, des chai

Ou alors à pousser la porte d’un vague cousin éloigné parce qu’il sait qu’il a, dans son jardin, des grappes de raisons… et donc du vin.
Nous poursuivons ainsi notre dégustation de vin Made in Pakistan, dont la rigueur aléatoire de fabrication entraine une variation en qualité et en goût assez improbable.
Mais Anwar se démène toujours pour nous trouver ces fameuses bouteilles que nous partageons, à la nuit tombée, au coin du feu…
(Pour rappel, nous sommes en République Islamique du Pakistan et boire de l’alcool n’est pas vraiment halal.)

Une de nos expéditions à la recherche de la meilleure bouteille, nous conduira à déguster ce (très jeune et juteux) breuvage sur le plateau des Qaqlash.

Ce magnifique plateau, totalement nu, contenu entre le fleuve Mastuj et l’un de ses affluents fait face à Booni et le sépare de la haute chaine de l’Hindou Kouch et ses noires montagnes dominées par le Tirich Mir.

Nous y grimpons pour un chaleureux coucher de soleil accompagnés de certains des amis d’Anwar… et toujours l’inséparable Mehrab.


Une fois la pente gravie, la voiture du cousin nous conduit à travers ces remarquables plaines des Qaqlash.
Nous découvrons avec émerveillement ce vaste terrain d’herbes sèches (il est vert l’été !).
Les couleurs de la fin de journée magnifient ce décor.


Nous nous arrêterons au bout du plateau, au bord d’une falaise surplombant la vallée et alors qu’un vent glacial nous gèle le bout des doigts, nous dégustons une fois de plus cette boisson interdite en faisant face à ce plateau vallonné.
Au loin, une large colline dorée, pareille à un tas de safran, ou d’épices. Le paysage sent bon la fraicheur de l’hiver, des montagnes faiblement enneigées nous encadrent de leur imposante silhouette, et nos ombres, incroyablement élancées, nous accrochent dans ce paysage désertique.
Au loin, en contrebas, un petit village sur la confluence. Et cette bande de potes, sur fond de musique chitrali. Le calumet, le flic et nous.


Voilà, on est bien ici.
On y trouve du pain, du vin et du fromage. Ça régénère un peu nos papilles françaises.

Il fait beau, journée d’oisiveté, à trainer, bouquiner ou siester dans le jardin, et finalement procrastiner notre départ.
Nous sommes bien entourés ici, et puis ces derniers temps les grandes villes du pays sont secouées par la libération d’Asia Bibi.
Nous sommes à Booni, bien loin de tous ces considérations, et préférons donc y étendre notre séjour.
La village y est à majorité sunnite et une grande partie ismaélienne vivant en parfaite harmonie dépassant les croyances.
Anwar est lui-même le fruit d’une alliance entre les deux communautés – ce qui n’est pas forcement commun.

Merhab et sa kalashnikov sur une chaise au loin (pour ne jamais trop nous embêter), Anwar non loin de nous, Simba, le chien, à nos pieds.
Le rythme lent de Booni…


Anwar emmène Brice pour une balade à cheval à travers les chemins qui longent les maisons du village.

Marion s’offre quelques patek aux motifs multicolores.

Brice passe chez le barbier pour une coupe rafraichissante.

Anwar toujours dans une volonté solidaire, favorise le travail de ceux qui en ont le plus besoin.
Dans ce cas, le barbier est sourd et muet, il faut donc se limiter à un langage gestuel et éviter les mouvements inutiles. Aller à l’essentiel dans la requête. Ici, l’idée est simple : « comme Anwar ».
Alors que Brice est en plein élagage, Anwar s’amuse de nous raconter que le barbier, un jour, ayant mal compris les gestes d’un Imam bien conservateur, lui avait coupé un bout de la barbe : la gaffe !


Après 30min de rasoir, tondeuse, ciseaux, Brice ressort fier comme un Pakistanais.

D’autres balades nous mènent le long du plateau, à travers les plantations et les jardins dorés. Nous nous retrouvons au-dessus de la large vallée et sa rivière, dont le niveau actuel donne l’impression d’un lit trop grand en cette période automnale. Mais à la fonte des glaces, le paysage doit être complétement modifié.


Nous arrivons au pont d’Awi, d’où l’on aperçoit le glacier de Sonogor, avant de faire demi-tour pour rentrer avec Tirish Mir nous faisant face.

Une autre fois, nous prendrons plein Ouest, pour traverser la rivière de Booni sur un pont suspendu des plus élancés.


Un calumet, et notre retour en fera danser le tablier, mettant les jambes d’Anwar dans le coton.

Quand nous ne sommes pas invités à « prendre le thé » (ou que nous ne nous invitons pas), nous profitons de l’offre prolifique (en comparaison à nos dernières étapes) pour aller déguster tantôt un chepal kebab chez Amjat, tantôt un tikka karahi dans le bazar,

, des brochettes pour boucher les fringales, ou une bonne soupe dans le seul restaurant tenus par une femme (une révolution pas facile à faire passer pour un petit village Pakistanais, même très ouvert d’esprit), quand ce ne sont pas simplement les petits plats de Zar Hussain (Zangi pour les intimes), l’une des petites mains de Anwar, encore une fois toujours prêt à aider…

S’il est naturellement généreux et philanthrope, son statut l’amène à œuvrer socialement à l’échelle de ses moyens, par exemple en organisant des soirées de musique chitrali.

À la nuit tombée, un concert de musique traditionnelle est organisé à la maison et nous découvrons donc ces chants et danses, très souvent pratiqués par les hommes.
Nous nous retrouvons dans une grande salle, accompagnés d’une cinquantaine de personnes, parents, familles, amis… tous âges confondus. C’est chouette de voir toutes les générations faire la fête de concert… il ne manque plus que les femmes !

À tour de rôle, un volontaire prend place au centre de la scène, et se met à danser au rythme de la musique et des chants en langue khowar.
Cela ressemble, au départ, à une lente mélodie enivrante, qui progressivement monte en intensité et rythme. Une sorte de transe, à travers laquelle le danseur s’exprime, accompagné par les applaudissements du public, qui prend autant de plaisir à frapper le rythme qu’à danser.

Les chansons s’enchainent, avec un nouveau danseur à chaque fois. Brice se joint au groupe, tout le monde se marre, les vieux se fatiguent plus vite, les jeunes sautillent, les ados se déhanchent dans leurs corps malmenés, les cinquantenaires ont le mouvement assurés et précis.

Nous nous amusons de cette soirée traditionnelle chitrali à l’ambiance enfumée.
L’euphorie gagne tout le monde, c’est bon enfant et jovial.

Notre popularité est telle que nous sommes invités à un mariage (enfin… Anwar nous y invite !)
Le marié est parti dans un village lointain chercher sa promise, et le couple est en train de revenir à Booni pour les festivités.
Nous sommes conviés à nous installer dans une petite pièce remplie à ras-bord de femmes impatientes de démarrer les réjouissances, et dont nous sommes le spectacle dans l’attente des futurs mariés.


Anwar nous sert d’interprète, lui aussi est très heureux de pouvoir rester « avec les femmes » et de découvrir cette partie-là de la cérémonie.
Les fiancés rejoignent finalement la maisonnée et après quelques rapides solennités (dont manger un bout de fromage frais !), le couple se sépare, l’homme partant rejoindre la pièce qui lui est dédiée…



Bon, on n’a pas tout compris et surement pas bien saisi le sens de tout ça, le tout s’étant déroulé en moins de 5 minutes, mais nous recevons un accueil des plus chaleureux et généreux qui nous réchauffe, une fois encore, le cœur.


Au fur et à mesure que les jours avancent et que notre séjour à Booni s’éternise, les arbres commencent à perdre leurs feuilles. Nous voyons le paysage changer.


Les nuages apportent la pluie une journée durant. La neige recouvre ainsi certains sommets environnants, et les températures chutent. Ça y est. Il fait froid aussi ici.
Une dernière balade sur les petits sentiers longeant la rivière.

Dernière promenade à quatre.

Nos soirées se passent dans la cuisine, au coin du feu (où Miki nous rejoint parfois pour un calumet), ou dans une chambre, sous d’épaisses couvertures, à discuter du monde ou regarder quelques films en compagnie d’Anwar.


Au matin de notre dernier jour, il fait superbement beau. Nous réalisons que les arbres sont moins feuillus qu’à notre arrivée il y a 10 jours, qu’ils ont revêtu leurs robes oranges et que les feuilles mortes, tombées en tapis, craquent sous nos pieds. Les montagnes sont encore plus blanches, la ligne de neige descend encore un peu – bientôt le col du Shandur sera fermé et Booni deviendra pour 6 mois un village sur une route sans issue.


Nous avons peine à partir.
Nous nous sentons bien avec Anwar avec qui nous avons profondément lié amitié, malgré les différences entre nos sociétés, nos éducations, nos environnements.

Mais nous voulons encore passer un peu de temps dans quelques régions du Nord du KPK avant que l’hiver ne s’installe définitivement.

Nous passons dire au revoir à la famille d’Anwar, on nous offre des noix et des abricots secs – pour la route, avant de rentrer pour faire nos sacs.

Ce départ est difficile, ce séjour était incroyablement riche et beau.

 

 

‘* Et voilà que nous découvrons que la vigne, si on ne l’entretient pas, grimpe aux arbres pour parfois atteindre une demi-douzaine de mètres !
Quand il faut de pencher pour récolter le raisin dans nos contrées, Anwar fera des singeries pour cueillir quelques grappes.

** Il est tout à fait acceptable de rentrer dans un verger, et de se servir en fruit. Anwar demande son hash’ aux automobilistes croisés sur notre chemin (et qu’il sait « adeptes de bobmerly ») ou une bouteille de vin au gré de nos promenades…
Il n’est pas rare de voir Zangi porter les baskets ou la veste que portait Anwar la veille.

*** Le polo est un sport vieux de quelques 2500 ans et créé dans les steppes d’Asie Centrale (similaire au buzkhashi ou kokpar). Les chefs de guerre l’auraient utilisé pour entrainer leurs cavaliers. Dans le Gilgit, on aurait retrouvé, sur une vieille stèle, l’inscription « laissons les autres joueurs à d’autres jeu, le roi des jeux est toujours le jeu de rois ».
Il a été, bien plus tard, rapporté en Angleterre.
Dans ces regions, on est fier de jouer au freestyle polo. La règle est simple : il n’y en a pas.

**** Ses proches (notamment sa cousine qui nous préparera un festin « minute ») reprochent aussi à Anwar de ne pas passer assez souvent leur rendre visite.
Sa gentille grand-mère l’accueille avec un grand coup sur l’épaule.
Mais quand on lui demande : « ça fait combien de temps que tu n’as pas vu ta cousine ?/ta grand-mère***** ? »
Il nous répond respectivement : « 1 semaine/2~3 jours ».
Elle est très très soudée cette société où chacun se connait et où ces familles vivent constamment ensemble.
On devine qu’elle doit être aussi parfois pesante pour Anwar, qui a décidé de vivre dans la guesthouse qu’il gère plutôt que dans la nouvelle maison familiale. Néanmoins, c’est sa mère qui nous livre un soir sur deux des petits plats.

***** Très mignonne la mamie. Ne faisant pas confiance aux médecins – qui ont conduits une consultation itinérante dans le village lors de notre passage – elle sort ses médicaments et nous demande notre avis sur la vraie prescription à lui donner. Car pour elle, les étrangers sont omniscients, et notamment, tous docteurs.

10 thoughts on “Un chapeau gris, une écharpe rouge

  1. No comment. C’est très beau et ça donne envie comme d’habitude. Néanmoins 1 question et 1 remarque: Est-ce que la jeep c’était une Qashqai? Et à mon avis vous avez passé plus de 10 jours dans le village parce que le veau de la première photo a l’air bien plus vieux sur la deuxième photo…

    1. À Booni, comme à Mastuj, tous les gens nous confirment que tout va bien, que rien n’est jamais arrivé depuis plusieurs décennies. De plus, dans ces villages, tout le monde se connaît, et un intrus serait immédiatement identifié.
      En plus de cela, les étrangers sont de manière générale, sur protégés.
      En effet, si il arriverait quoique ce soit à un voyageur, cela referait plonger le tourisme dans un pays qui n’a que peu d’industrie.
      (Nous donnerons quelques statistiques pour la région de Chitral dans le prochain article)
      Puis, si dans la vallée, les gens sont plus éduqués, il existe dans les montagnes des villages où l’obscurantisme reigne encore (au dessus de Phander, ou même sur les « montagnes noires » en face de Booni).
      Le danger pour les touristes n’est pas bien grand, mais nous ne serions pas les bienvenus. L’escorte doit certainement aussi servir à cela: nous empêcher d’aller là où nous ne serions pas bien accueillis.

      Enfin, il y a bien quelques accidents.
      Le discours officiel n’en demeure pas moins qu’il n’y a plus de Talibans dans le pays.

  2. La photo de Anwar et sa grand mère est d’une beauté renversante !
    Merci à lui de vous avoir si amicalement et confiamment reçus, vous avez beaucoup de chance …

  3. Ca te va bien la barbe rafraîchie Brice. Par contre, j’ai des doutes sur l’ordre des photos car parfois, tu retrouves ton ancienne barbe « fournie »
    Sinon, le flic buvait aussi du vin avec vous : il était pas trop « aux ordres » ?

  4. Coucou les jeunes !!
    Super post les amis! Frais, joli, mignon, mais avec une bonne dose de « j’ai envie d’etre avec vous tout de suite tout de suite.

    Gros big up à Anwaar de ma part !

    Et ce vin est-il vraiment « délicieux » ?

    Une chose me turlupine cependant.. Que pense Merhab de votre epopeé ? Il se demande pas ce que font des frenchies si loin de leur terre à vivre ici si longtemps, et s’étonner de tout et n’importe quoi ?

    Un abrazo fuerte !

Ça vous inspire?